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Garance : le Département débloque 15 M€ pour l’agriculture; 9,8 M€ pour l’urgence sociale…

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Les élus du Département étaient réunis ce mercredi 19 mars en session plénière sous la présidence de Cyrille Melchior. Une session réunie dans l’hémicycle du palais de la Source et entièrement consacrée au cyclone Garance en ce 19 mars, jour du 79 ème anniversaire de la départementalisation. D’où la présence des membres de l’Association des maires départementalistes qui tenaient, le même jour, leur assemblée générale dans les locaux du Département.

L’occasion pour Cyrille Melchior de revenir sur cet évènement historique qu’est la départementalisation « obtenue de haute lutte grâce notamment au combat des députés Réunionnais Léon de Lepervanche, dont le visage éclaire chaque jour notre assemblée, et du docteur Raymond Vergès. Commémorer, ce n’est ni refaire, ni faire à rebours, ni taire, ni ensevelir, mais connaitre et transmettre et vivre ensemble un événement dont nous sommes tous les héritiers pour nous enraciner en terre réunionnaise et nous ouvrir au monde.

Aussi, il est essentiel de rappeler sans cesse que la départementalisation a été une étincelle décisive : en quelques décennies, notre territoire s’est inscrit dans la marche inexorable du développement à tous les niveaux. Sur le plan économique, éducatif, social, sanitaire et des infrastructures, sans oublier celui de la résorption de l’habitat insalubre, de la promotion de la culture et du sport ou encore de l’ouverture sur l’Europe et l’océan Indien.

Si elle a apporté nombre de progrès et de bienfaits, nous devons aussi reconnaître avec lucidité et pragmatisme, que des défis importants demeurent : la cherté de la vie, les violences, une jeunesse en manque de repère, une île asphyxiée par le tout automobile, un manque d’ancrage économique au sein du bassin indianocéanique.

Le cyclone Garance a révélé d’autres fragilités en matière d’habitat et d’aménagement notamment pour faire face aux vents, aux inondations ou aux crues des ravines. Il met en aussi en lumière la question cruciale de la gestion globale de l’eau, alors qu’il y a un mois encore, La Réunion enregistrait une sécheresse d’une rare intensité. Au lendemain du vote de la loi du 19 mars 1946, La Réunion subissait l’un des cyclones les plus violents de son histoire. Aujourd’hui à la veille du 80ème anniversaire de cette loi, nous voilà réunis pour étudier les mesures à prendre après le passage du cyclone Garance.

Comme le disait le regretté Jean-Louis Debré, qui devait nous faire l’honneur de sa présence aujourd’hui, « La Réunion, c’est la France, et je souhaite qu’elle reste une terre de liberté, d’égalité et de fraternité ». J’ajouterai pour ma part : une terre de solidarité, de bienveillance, et de résilience.

 Par sa géographie La Réunion restera une île soumise aux cyclones. Par son histoire elle saura toujours se relever, hier comme aujourd’hui, des assauts de la Nature.  N’en doutons pas. L’histoire nous enseigne : la volonté, la détermination et le courage, au service d’un projet et au profit d’un territoire et de ses habitants ».

Garance : les différentes aides du Département aux familles sinistrées

Revenons au cyclone Garance. Trois motions ont également été votées par l’assemblée. Puis le président Melchior a rappelé toutes les actions engagées par la collectivité départementale pour venir en aide aux sinistrés de Garance.

« C’est l’occasion pour moi de rendre hommage au travail et à l’engagement des Maires de l’île, d’abord face à cette catastrophe qui a frappé notre île, mais aussi au quotidien, en tant qu’acteurs de proximité et de solidarité dans un contexte social et financier particulièrement difficile.

Pour le Département, les maires sont des partenaires essentiels avec lesquels nous travaillons étroitement sur l’ensemble de nos compétences, notamment en matière de politique sociale et d’aménagement du territoire, à travers le Pacte de Solidarité Territoriale. Il est fondamental pour notre Collectivité de pérenniser cette dynamique de coopération exemplaire, au service de nos territoires. C’est pourquoi nous avons validé, l’an dernier, le Pacte Département et Territoires, qui permet à notre Collectivité de poursuivre son accompagnement des communes pour la période 2024-2026, avec une enveloppe budgétaire de 90 millions d’euros.

Lors de cette séance, nous examinerons plusieurs dossiers importants. D’abord, le Programme départemental d’insertion (PDI) 2025-2028. Ce nouveau PDI prolonge et renforce la dynamique engagée depuis la recentralisation du RSA, qui a produit des résultats tangibles.

Entre 2020 et 2024, le nombre de bénéficiaires du RSA a diminué de plus de 10,5% contre environ 4% au plan national. Grâce au PDI 2022-2024, plus de 137 000 mesures d’accompagnement individuelles ou collectives ont été déployées. Le droit à l’accompagnement a été garanti grâce à une forte progression de la contractualisation, portée par France Travail, les Missions Locales, la CAF et nos propres services sociaux et d’insertion.

Les résultats obtenus nous permis de mieux nous préparer à atteindre les objectifs fixés par la loi pour le plein emploi. Le PDI 2025-2028 accompagnera le déploiement progressif des nouvelles dispositions législatives, notamment en matière d’accompagnement renforcé. Ainsi, plus de 100 000 mesures d’accompagnement individuelles ou collectives sont de nouveau programmées. Leur mise en œuvre nécessitera un large partenariat et des moyens adaptés.

Dans cette perspective, le Département milite pour une ingénierie financière nouvelle, mobilisant les économies réalisées sur le RSA depuis 2020, afin de renforcer les politiques d’action sociale et d’insertion. Cet enjeu financier devra être pris en compte dans le pacte territorial pour l’insertion (PTI).

Le second dossier majeur porte sur la validation du Schéma départemental d’organisation médico-social personnes âgées et personnes handicapées (SDOSMS) pour la période 2025-2030.

Ce document stratégique fixe notre ambition en matière de prise en charge et d’accompagnement des personnes âgées et des personnes en situation de handicap, dans un contexte d’accélération du vieillissement de la population réunionnaise.

(Crédit photos : service Com’ du Département)

Il pose évidemment l’enjeu du développement de l’offre d’hébergement sur le territoire. Le SDOSMS 2025 – 2030 intègre notre stratégie départementale d’évolution de l’offre en faveur des publics vulnérables, validée en juin 2022, et qui prévoit une augmentation significative des capacités d’accueil en structures spécialisées d’ici la fin de la décennie ».

« 3 000 euros afin de permettre une intervention rapide… »

« Pour en revenir au cyclone Garance, je commencerai par adresser mes plus sincères condoléances aux familles des victimes et exprimer notre solidarité et notre soutien à tous les sinistrés, en réaffirmant l’engagement du Département à leurs côtés.

Le Département en tant que collectivité de référence en matière agricole et rurale, a une pensée particulière pour le monde agricole durement touché. Alors que nous célébrions le rayonnement de notre excellence au Salon international de l’agriculture de Paris, nos agriculteurs sont aujourd’hui confrontés à des pertes considérables, estimées à plus de 150 millions d’euros.

Cette double peine représente, je le sais, une épreuve immense pour l’ensemble des agriculteurs de l’île et, plus largement, pour tous les Réunionnais, compte tenu des répercussions que ce cyclone aura sur la consommation de produits locaux. D’ores et déjà, j’en appelle au sens des solidarités de nos concitoyens et les encourage à continuer à privilégier les produits locaux, même si leur disponibilité sera plus limitée et leur prix plus élevé.

Le Département est pleinement engagé dans cet élan de solidarité, notamment en interpelant, dès la levée de l’alerte rouge, le Préfet et le Ministre des Outre-mer sur la nécessité d’engager rapidement les procédures de reconnaissance de catastrophe naturelle et de calamité agricole.

En parallèle, nous débloquons 15 millions d’euros d’aides d’urgence pour venir en aide au monde agricole, ceci en conjuguant trois dispositifs de soutien, et en mobilisant les fonds européens, notamment le mécanisme FEADER RESTOR. Ce dispositif permettra d’affecter les reliquats du programme 2014-2022 au soutien de la trésorerie des exploitations sinistrées.

Il s’agit d’une mesure inédite de la Collectivité, tant par l’intensité du soutien alloué, près de deux fois supérieure à celui des précédents épisodes cycloniques, que par diversité des solutions qu’elle offrira   aux agriculteurs. Elle visera à relancer les productions agricoles, à soutenir la trésorerie des exploitations et à reconstituer les outils de production endommagés.

J’ai également écrit au vice-président du Parlement européen Younous Omarjee, afin que l’Union Européenne renforce son soutien à notre territoire. Je suis prêt à me rendre à Bruxelles pour le rencontrer, ainsi que les autorités de la Commission européenne pour porter cette demande auprès de la Commission européenne.

Face à la détresse sociale provoquée par ce terrible événement, nous avons mobilisé 9,8 millions d’euros pour répondre à l’urgence sociale, via notamment :

  • Le chèque d’accompagnement personnalisé alimentaire et hygiène (CAPAH) pour permettre aux familles vulnérables sinistrées d’avoir des produits alimentaire et d’hygiène de première nécessité est ainsi abondée de 400 000 euros supplémentaires.
  • Une subvention de 200 000 € est allouée aux opérateurs de l’aide alimentaire.
  • La SPL EDDEN est mobilisée, en faveur des personnes vulnérables, pour l’évacuation des végétaux tombés, afin de limiter le développement de gîtes larvaires dans un contexte épidémique de Chikungunya.
  • Je vous propose par ailleurs de valider la mise en place deux dispositifs d’urgence :
  • D’une part, une aide exceptionnelle, de 3 000 euros afin de permettre une intervention rapide, qui sera pilotée par la SPL Avenir Réunion, pour la mise en sécurité des habitations endommagées et présentant des risques pour les personnes âgées et les personnes en situation de handicap.
  • D’autre part, la mobilisation du dispositif d’aide de secours d’extrême urgence en faveur des familles sinistrées les plus fragilisées. Il s’agit d’une aide financière exceptionnelle de 500 €, destinée à couvrir les dépenses essentielles comme le remplacement d’appareils électroménagers ou l’achat de petits matériels et mobiliers de premières nécessité endommagés par le passage de Garance.

En outre, j’ai réactivé le comité de pilotage de l’urgence sociale (CPUS), que j’avais mis en place lors de la gestion de la crise Covid, afin de coordonner les actions et les réponses à apporter aux populations les plus vulnérables.

« 6,2 millions d’euros pour la réparation des dégâts dans les collèges »

La première réunion s’est tenue le 13 mars en présence du sous-préfet à la Cohésion sociale, du Président de l’UDCCAS et des deux têtes de réseau de l’aide alimentaire. Nous avons validé l’élaboration d’une convention-cadre de partenariat entre le Département et l’UDCCAS afin de définir et de formaliser les actions mises en place et la nécessaire collaboration entre nos services respectifs.

Le retour à la normale, dans les meilleurs délais, nécessitait également une mobilisation immédiate sur les infrastructures départementales, à commencer par les routes qui ont été particulièrement impactées par le passage du cyclone Garance. Au total, une quarantaine de site oint été endommagés pour un montant des travaux actuellement estimé à 10 millions d’euros.

A ce jour, toutes les routes départementales sont désormais réouvertes à la circulation, à l’exception du radier de la RD9 qui sera ouvert demain, et je veux saluer l’engagement des agents du service des routes, qui n’ont pas ménagé leurs efforts pour parvenir à ce résultat.

En ce qui concerne les collèges de l’île, une vingtaine d’établissements ont été impactés par le cyclone. Les travaux entrepris ont permis la réouverture de tous les établissements pour la rentrée du 17 mars, à l’exception du collège Hubert Delisle à Saint-Benoît où les élèves ont pu retrouver leurs classes hier.

Notre patrimoine départemental a aussi souffert et les travaux se poursuivent pour réhabiliter l’ensemble de nos bâtiments endommagés. Au total, le montant des réparations pour les collèges et nos bâtiments s’élève à 6,2 millions d’euros.

Je souhaite également rendre hommage aux équipes du SDIS qui ont fait preuve d’un courage et d’un dévouement exemplaire. Leurs infrastructures ont aussi été endommagées, notamment à Sainte-Suzanne, Bras-Panon, Saint-Benoît Saint-Denis, pour un montant des travaux estimé à 1 million d’euros. Concernant les espaces naturels du Département, les premières reconnaissances montrent que les secteur Nord et Est ont été très impactés, exigeant la fermeture de nombreux sentiers.

L’évaluation des dégâts est toujours en cours, mais nous estimons d’ores et déjà à au moins à 2 millions d’euros le budget nécessaire à la remise en état des voies, des équipements et pour la restauration des espaces naturels.

À la lumière de tout ce que je viens de vous détailler dans les grandes lignes, ce sont près de 43 millions d’euros que le Département consacre à La Réunion, et aux Réunionnais, pour panser les plaies de Garance et retrouver une vie un tant soit peu normale. Cette catastrophe doit nous amener à repenser La Réunion, à l’aune des grands enjeux économiques, sociaux et environnementaux à venir.

Les rapports du GIEC et d’autres instances scientifiques montrent que ce que nous venons de vivre pourrait se reproduire plus fréquemment et avec plus d’intensité. Nous devons nous préparer et agir en conséquence pour rendre notre territoire plus résilient et mieux armé face aux effets du changement climatique.

En ce sens, la réflexion autour d’une loi-programme spécifique à La Réunion, que j’avais engagée depuis plusieurs mois, a trouvé avec le passage du cyclone Garance une confirmation de toute sa pertinence. J’ai ainsi suggéré qu’une telle loi-programme constitue l’outil idéal pour structurer les actions à mener après cette catastrophe. Cette proposition a été retenue par le Ministre des Outre-mer, qui a annoncé la mise en place d’un Plan pluriannuel pour La Réunion et a confié à un comité de rédaction composé des services de l’État et des collectivités la tâche d’y travailler.

Aussi, plus que jamais, j’en appelle à l’unité réunionnaise, afin que les acteurs du territoire puissent travailler ensemble à imaginer et à bâtir La Réunion d’aujourd’hui et de demain ».

Voici les trois motions votées par l’assemblée plénière du Département. Cliquez sur les liens ci-dessous pour découvrir leur contenu :

Motion_CATNAT_Garance 3-2025

Motion soutien agriculture Garance 3-2025 – V2

Motion SDF_VF

Cliquez également sur le lien ci-dessous pour voir en détails les mesures mises en place par le Département :

DDP Garance 19 MARS 2025

 

Yves Mont-Rouge

montrougeyves@gmail.com
Téléphone : 0692 85 39 64

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