La Réunionnaise Marie Josiane Tiquao, 77 ans, auteure de «  »Vivante et debout », est arrivée ce week-end

4 min de lecture
1

Plusieurs représentations sont prévues durant son séjour à la Réunion car son livre a été adapté au théâtre.

Cette dame qui a longtemps vécu dans le quartier de la Cressonnière à Saint-André, et qui vit depuis maintenant 25 ans en métropole (La Mayenne), séjourne dans son île natale du 11 au 25 octobre prochains. Elle est arrivée samedi dernier. Elle souhaiterait profiter de son séjour pour raconter au plus grand nombre son vécu. Il y est question de misère sociale et de violences faites aux femmes.

Avec  son livre « Vivante & Debout » (Éditions ATD Quart Monde), écrit en complicité avec Marie-Christine Degand, militante du groupe ATD Quart Monde de la Mayenne, Marie-Josiane Tiquao, une Réunionnaise, qui a vécu dans plusieurs communes de l’île dont Saint-André, plus précisément à la Cressonnière, nous adresse un véritable cri : « Levez-vous, parlez, osez dire !». Un sujet plus que jamais d’actualité, à l’heure où les autorités ne cessent de braquer les projecteurs sur les violences faites aux femmes. Elle dénonce la maltraitance sociale et institutionnelle faite aux femmes et fait un témoignage fort. Rappelons que Marie Josiane était une illettrée.

« Vivante et debout », C’est l’histoire de Marie Josiance Tiquao, cette femme née « au bord du chemin », dans la pauvreté la plus extrême, et qui a trouvé, au fil des épreuves, la force de se relever et de parler. Une femme qui, pour fuir les violences, a dû s’exiler dans l’hexagone.

À 77 ans, Marie-Josiane Tiquao nous offre un récit bouleversant : celui d’une vie marquée par les privations, la souffrance et les violences, mais aussi par une conquête obstinée de la dignité et de la liberté. Elle a grandi dans un cabanon de terre et de paille, sur un « tabisman », grande propriété agricole où sa mère travaillait dur pour un salaire dérisoire. L’enfance, pour elle, n’a pas été faite de jeux ni de rêves, mais de manques, de douleurs et de combats silencieux. Plus tard, la vie conjugale ne lui a pas davantage épargné les épreuves.

Et pourtant. Dans cette existence où tant de voix s’éteignent dans le silence de l’exclusion, elle a trouvé la parole. Une parole rare, brûlante, qui libère et qui rassemble.

Son témoignage est un coup de poing et un souffle d’espérance. Il nous rappelle que les femmes, plus encore dans la pauvreté, portent souvent un double fardeau : celui de la misère matérielle et celui des violences. Mais il nous dit aussi que rien n’est figé. À travers ses mots, c’est toute une génération de femmes invisibles qui se dresse. Son parcours, traversé par la douleur mais illuminé par la force de la parole, rejoint l’idéal universel : « Liberté, Égalité, Fraternité ».

De l’écrit au théâtre : « le procès » tiré de « Vivante et debout », l’histoire d’une femme toujours « doboute »

Marie-Josiane Tiquao est plus qu’un témoin : elle est une survivante, une messagère, une femme vivante et debout. De retour dans son île natale, du 11 au 25 octobre prochains, Marie Josiane souhaiterait pouvoir témoigner de son vécu sur les planches car son livre « Vivante et debout » a été adapté au théâtre sous la forme d’une pièce intitulée « Le Procès ». L’adaptation est absolument fidèle au récit autobiographique « Vivante et debout » de M.J. Tiquao où elle raconte sa vie depuis sa naissance à Saint André dans le département de la Réunion jusqu’à son arrivée en Mayenne.

En contre point du grand de mouvement de libération de la parole des personnes maltraitées, enfants, femmes, minorités… notre adaptation met en scène un ministère public qui tente de rendre coupable tout plaignant qui ose parler. La question est alors posée au public : Est-ce que madame Tiquao a le droit parler des violences subies, de sa pauvreté ? »

L a forme : La scénographie s ’inspire librement de l’ enceinte d’ un tribunal. Les robes des magistrats sont presque authentiques. Les interventions des parties s’ enchainent pour soutirer à la victime sa confession. Que ce soit en réponse à l’accusation ou à la défense, les mots sincères de la coupable ou selon votre choix, de la victime, sonnent durement aux oreilles des jurés. Madame Tiquao, s’exprime parfois en créole réunionnais, quelquefois en chantant. Dans le code de procédure d’un tribunal, l’obligation d’usage de la langue française impose la présence d’un interprète.

 

Madame Tiquao assure elle-même ses traductions pour nous dire, bien que venant d’une colonie, elle est aussi française. Dura lex, sed lex : La Loi est dure, mais c’est la Loi. Dans cette pièce, Marie Josiane Tiquao interprète son propre rôle, Marie Christine Degand joue l’avocate et Jean Luc Bansard, le procureur. Grâce à sa famille et au groupe local ATD quart Monde de la Réunion, deux scènes lui ont ouvert les portes : une représentation est prévue à Saint-Denis (salle Primat) le 22 octobre à 18 heures et une autre à la médiathèque Baguette  à Saint-Leu le 24 octobre à 18 heures. Mais Marie Josiane Tiquao et ses « dalons » aimeraient bien jouer « Le procès » dans d’autres lieux, notamment dans la région Est de l’île, afin de sensibiliser les jeunes et les moins jeunes sur cette réalité encore bien présente de nos jours, à savoir les violences faites aux femmes. D’où son appel lancé aux décideurs locaux pour que des théâtres ou d’autres établissements puissent lui ouvrir leurs portes le temps de son séjour- peut-être son dernier ?- dans son île natale.

Yves Mont-Rouge

montrougeyves@gmail.com
Téléphone : 0692 85 39 64

1 Commentaire

Répondre à La plume Annuler la réponse

Your email address will not be published.

Article précédent

Motion de censure : LFI dégaine, le RN prêt à voter

Article suivant

La Région Réunion déplore le déclassement des Outre-mer dans le nouveau gouvernement

Free Dom