En fait, François Bayrou qui s’est rendu, durant toute la journée du lundi 24 février, au Salon international de l’agriculture (SIA) à Porte de Versailles à Paris, n’a pas visité le Village Réunion. Contrairement à Gabriel Attal, alors Premier ministre qui, en février 2024, avait déambulé durant de très longues minutes dans le Village Réunion, François Bayrou, lui, est resté au stand de l’ODEADOM, à l’entrée du hall 5.2. Une visite annoncée pour 15 heures, puis pour 15h45, puis encore pour 17 heures, 17h30. Tout compte fait, le Premier ministre est arrivé au stand de l’ODEADOM vers 18 heures (21 heures à la Réunion). Trois heures d’attente pour le personnel de l’ODEADOM et d’autres personnes. Leurs jambes ont beaucoup souffert. Les miennes aussi.

Tout cela pour pas grand-chose car un Premier ministre, lorsqu’il se déplace, est accompagné d’un dispositif toujours impressionnant au niveau sécurité. Pas moins de trois cordons d’agents de sécurité issus de trois équipes différentes (tous de la Police nationale) qui entourent le locataire de Matignon comme s’il s’agissait d’une star mondiale du show-bizz. Ce qui veut dire que toutes les personnes qui se postent aux abords du stand de l’ODEADOM pour voir (même de loin) le chef du gouvernement ne voient quasiment plus rien lorsque ce dernier arrive sur son lieu de visite.


François Bayrou est donc arrivé, avec la ministre de l’Agriculture Annie Genevard, vers 18 heures au stand de l’ODEADOM, accueilli par le président de cet organisme, qui est un Réunionnais, Joël Sorres. Aux côtés de ce dernier se trouvaient les représentants des différents départements d’Outre-mer, à savoir Serge Hoareau pour la Réunion. A vrai dire, le président du Département 974, Cyrille Melchior, avait attendu durant plusieurs minutes, mais au bout d’un certain temps, il a jeté l’éponge, préférant laisser la place à son 1er vice-président. Cyrille Melchior, pour ne pas perdre du temps, est allé à la rencontre des exposants de la Réunion. Et il a bien eu raison, car le Premier ministre s’est beaucoup fait attendre.
Une attente pour quasiment rien si ce n’est que le temps d’un rapide échange entre le locataire de Matignon (qui à 6 reprises en 5 semaines a dû essuyer des motions de censure) et les représentants domiens des différentes filières agricoles. Inutile de dire que, dans le brouhaha du salon, avec tous les visiteurs qui passent, et les jeunes qui, à cette heure de la journée, viennent surtout pour déguster (souvent sans modération) les ti punch des îles, le Premier ministre a écouté certes, mais a-t-il pour autant entendu les différents interlocuteurs ? Pas sûr ! D’ailleurs, il a notamment laissé la parole à la ministre de l’Agriculture qui était là pour ça.
Vous aurez compris, en tout cas, que pour vraiment faire entendre la voix agricole des Outre-mer, il vaut mieux prendre rendez-vous dans les ministères concernés (Agriculture, Outre-mer…) avec les fonctionnaires chargés des dossiers plutôt que d’attendre pendant 3 heures un Premier ministre qui passe en coup de vent dans un salon tel que celui international de Paris. D’autant qu’il y était depuis le matin 9 heures et qu’il y a passé toute sa journée pour la terminer à l’ODEADOM. On peut imaginer l’état de fatigue même s’il a passé plus de temps à table qu’au stand de l’ODEADOM. C’est bien connu : « goni vide i tient pas deboute ». Le Premier ministre a choisi le hall des régions françaises pour casser la croûte. Il n’a pas déambulé au Village Réunion car, paraît-il, il n’aime pas la foule. Une visite pour le folklore avant tout. Il faut dire que le SIA est très prisé par les personnalités politiques : président de la République, ministres, Premier ministre, chefs de partis politiques à l’instar de Jordan Bardella (Rasssemblement National), lui aussi entouré d’un impressionnant service de sécurité.
Voici les vidéos filmés par notre journaliste Yves Mont-Rouge qui a attendu 3 heures pour quasiment rien. Vous verrez dans l’ordre l’arrivée de François Bayrou au stand de l’ODEADOM, les interventions d’Olivier Fontaine, président de la Chambre d’agriculture de la Réunion, de Florent Thibault, directeur de Téréos et celle des représentants de Mayotte :
Revenons à nos moutons pour rappeler que L’ODEADOM (Office de développement de l’économie agricole d’outre-mer) a été créé depuis 1984 et qu’il est chargé, depuis avril 2009, d’œuvrer au développement durable de l’économie agricole des cinq départements ultramarins : Guadeloupe, Guyane, Martinique, Mayotte et la Réunion, et de trois collectivités d’outre-mer qui sont Saint-Barthélémy, la partie française de Saint-Martin et Saint-Pierre-et-Miquelon. L’ODEADOM, présidé par le Réunionnais Joël Sorres, est un établissement public administratif placé sous la tutelle du ministère de l’Agriculture et de l’alimentation et du ministère des Outre-mer. Il intervient en faveur de l’ensemble des filières agricoles des régions françaises d’outre-mer à l’exception de certains territoires du Pacifique. Il a pour rôle de renforcer la concertation entre les professionnels et l’administration. L’ODEADOM assure la gestion de la quasi-totalité des interventions communautaires (261 millions d’euros par an) et nationales (Plus de 84 millions d’euros). C’est le premier organisme payeur des aides communautaires en faveur de l’agriculture ultramarine.



Il n’a rien a péter de ces gores ultramarins , monsieur le premier ministre a une tête carrée ! J’essaie de tout mettre en œuvre dans ce souk ! Question de logistique comme dans une partouze , on est tous servis !