Trafic de stupéfiants : forte explosion des amendes à La Réunion

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La lutte contre les stupéfiants connaît un net tournant à La Réunion, où l’État durcit sa réponse face à un phénomène en pleine expansion. Portée localement par le préfet et encadrée par la loi du 13 juin 2025, la stratégie repose non seulement sur des mesures administratives fortes à l’encontre des trafiquants, mais aussi sur une répression accrue de la consommation. Symbole de cette intensification : une explosion du nombre d’amendes forfaitaires délictuelles (AFD) pour usage de stupéfiants.

Depuis le début de l’année 2025, 1 626 AFD ont été dressées dans le département, soit une hausse de 91 % par rapport à la même période en 2024. En deux ans, l’augmentation est spectaculaire : + 660 % par rapport à 2023. Ces chiffres traduisent une mobilisation renforcée des forces de l’ordre sur le terrain, et une volonté claire de sanctionner systématiquement les comportements illicites, y compris du côté des consommateurs.

Créée pour permettre une réponse pénale rapide et dissuasive, l’AFD est une amende de 200 euros, inscrite au casier judiciaire. Elle peut être délivrée sur place, lors d’un contrôle, en cas de consommation de produits stupéfiants. Son usage s’est intensifié à mesure que les services de sécurité ont été appelés à frapper fort et vite, dans le cadre du plan national contre le narcotrafic, appliqué à La Réunion sous le mot d’ordre #Etatyprotezanou.

Deux arrêtés d’interdiction de paraître 

Parallèlement, le préfet mobilise d’autres outils issus de la même loi du 13 juin. Ce vendredi 5 septembre, deux arrêtés prescrivant une interdiction de paraître ont été notifiés par les forces de sécurité intérieure à des individus en raison de leur présence récurrente, sur un périmètre délimité, occasionnant des troubles à l’ordre public dont vol avec violence sur fond de trafic de stupéfiants, livraison de stupéfiant ou encore vol avec menace d’une arme de poing et exposant les riverains à des produits dangereux.

Ces dispositifs traduisent une logique d’action globale : réprimer les trafiquants, démanteler leurs réseaux, mais aussi responsabiliser les usagers. L’usage de stupéfiants n’est plus traité comme un simple fait marginal, mais comme une composante directe d’un système criminel plus vaste, qui alimente l’insécurité dans certains quartiers.

Pour les autorités, tous les maillons de la chaîne du narcotrafic doivent être visés. Et si les trafiquants sont dans le viseur des enquêtes et des opérations ciblées, les consommateurs le sont tout autant, désormais exposés à des sanctions rapides, visibles et systématiques. L’objectif est clair : briser l’économie de la drogue, en attaquant à la fois l’offre et la demande.

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