Tarifs “péi” à La Réunion dans le secteur du tourisme : entre colère locale et inertie institutionnelle

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Alors que l’Île Maurice applique depuis longtemps une politique de tarification différenciée entre ses résidents et les touristes étrangers, La Réunion continue de pratiquer des tarifs uniformes, y compris dans ses sites touristiques, établissements hôteliers et activités de loisirs. Une situation qui suscite une incompréhension croissante, voire une colère assumée de la part des Réunionnais et de nombreux professionnels du secteur.

Une égalité juridique qui bloque toute différenciation

En vertu du droit français, l’instauration de tarifs préférentiels basés sur le lieu de résidence est assimilée à une discrimination territoriale, ce qui la rend juridiquement inapplicable sur le territoire national. La Réunion étant un département français, aucune dérogation ne permet aujourd’hui aux acteurs touristiques locaux de proposer des tarifs spécifiques à leurs propres concitoyens.

Cette rigidité administrative est de plus en plus mal vécue, surtout dans un contexte de vie chère généralisée. Pour beaucoup, les sites naturels, musées, hôtels et activités touristiques deviennent progressivement inaccessibles à la majorité des Réunionnais, qui se sentent exclus de leur propre territoire.

Une frustration partagée par les acteurs du tourisme

Du côté des professionnels du tourisme, le constat est tout aussi amer. « Nous aimerions pouvoir proposer des tarifs préférentiels pour les locaux, notamment en basse saison ou pour des prestations non remplies, mais nous en sommes empêchés par le cadre légal », explique un hôtelier de l’Ouest. Certains établissements essaient tant bien que mal de contourner le blocage par des promotions ponctuelles, mais cela reste insuffisant face à la demande.

Nombreux sont ceux qui citent l’exemple mauricien, où les tarifs sont clairement affichés en double : une grille pour les visiteurs étrangers, une autre, plus accessible, pour les résidents locaux. Cette approche permet non seulement de dynamiser le tourisme intérieur, mais aussi de rééquilibrer l’accès aux richesses naturelles et patrimoniales.

Une revendication qui prend de l’ampleur

Sur les réseaux sociaux comme dans les discussions de terrain, le débat enfle. Beaucoup dénoncent une « injustice » et une rupture entre les politiques publiques affichées et la réalité vécue. Pour les Réunionnais, ne pas pouvoir profiter de leur propre île à des prix adaptés revient à une forme d’exclusion sociale déguisée.

Alors que le pouvoir d’achat reste une préoccupation majeure et que le tourisme de proximité est souvent présenté comme un levier de relance économique, la question des tarifs “péi” mérite d’être posée frontalement. Si des barrières légales existent, les institutions locales et nationales ont-elles la volonté de faire évoluer le cadre réglementaire pour permettre une adaptation juste, au bénéfice de la population réunionnaise ?

Le débat est désormais lancé. Et les attentes sont fortes, tant du côté des professionnels désireux de fidéliser leur clientèle locale que des habitants, qui réclament un meilleur accès à leur propre patrimoine insulaire.

5 Commentaires

  1. Il y à beaucoup comme cet agriculteur de vanille, ils préfèrent vendre à des touristes qu’au créoles , dans ce cas il faut que l’état le taxe 2 fois plus quand il vends aux touristes cela lui servira de leçon

  2. la discrimination territoriale est illégale ? ah bon? pourquoi la poste nous vole 6€ à chaque colis ? pourquoi des sites internet ne veulent pas servir la Reunion?
    elle est là tous les jours là discrimination territoriale, et nos députés ne disent rien….

    • Et bun certain site Internet y serve pas la run sérieux ! Pourtant na un tralé d’moun y sorte de partout fine connaitre oussa li lé situé su la carte ! Et gousse vanille vendu dan un étui bambou que la fine pu bon. Au fait, y gâte ça ? So manqué te fallait pas zéter. Mince alors !

  3. Fais rire mon gueule le Lebreton sur Réunion première, li veut beaucoup de touristes avec tous ces embouteillages qui n’en finissent plus m enfin li na chauffeur, voiture confortable et surtout pas d heure à être à l heure !! Occupe déjà le bande réunionnais y gagne pas aller l hôtel après ou ça faire venir bande la moucate ailleurs

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