La situation à Gaza : le Président de Nouvel R’, Cyrille MELCHIOR, dénonce « un crime contre l’humanité. » ; Réactions

4 min de lecture
1

« En 2025, sur notre planète connectée, surinformée, si prompte à s’émouvoir mais si lente à agir, des enfants s’éteignent dans l’indifférence de certains États et l’impuissance de trop nombreuses institutions.

Je veux ici, en tant qu’être humain, en tant que Réunionnais, et au nom des membres de Nouvel R’, exprimer mon indignation la plus profonde et ma révolte sans détour devant l’horreur qui se déroule sous nos yeux.

À Gaza, ce n’est plus une guerre : c’est une famine organisée, une punition collective inacceptable, une agonie imposée à un peuple pris au piège. Ce sont des mères qui tentent de produire du lait sans avoir mangé. Ce sont des nouveau-nés qui meurent faute de soins.

Ce sont des familles qui enterrent leurs enfants sans même pouvoir leur offrir un linceul digne.

À La Réunion, nous savons ce que c’est qu’une histoire blessée. Nous savons ce que signifie la dépossession, l’exil forcé, la privation de dignité. Nous savons aussi ce que sont la fraternité, le vivre-ensemble, l’hospitalité face à l’injustice.

Notre île, riche de ses origines multiples, est bâtie sur la rencontre des peuples, sur la douleur surmontée, sur le refus du fatalisme. C’est en cela que notre voix porte. C’est en cela que notre silence serait une trahison.

Je le dis ici avec force : la famine infligée à Gaza est un crime contre l’humanité.

Elle interpelle toutes les consciences. Elle questionne notre époque, notre morale, notre courage collectif.

Je demande solennellement :

• aux Nations Unies de sortir de l’ambiguïté et d’imposer l’accès humanitaire immédiat et sans condition à Gaza ;
• à la France, patrie des droits de l’Homme, d’élever une voix plus ferme, plus exigeante, au nom de la justice et du droit ;

• à l’Union européenne de conditionner toute coopération au respect des principes fondamentaux du droit international ;
• aux sociétés civiles de ne pas se taire, de continuer à mobiliser la compassion, la solidarité et la pression politique.

Nous ne pouvons pas nous habituer à l’inacceptable. Nous ne devons pas détourner les yeux. Et surtout, nous n’avons pas le droit de rester muets quand l’enfance meurt de faim, sous les bombes ou derrière des murs.

À La Réunion, chaque vie compte. Chaque enfant a droit à une étreinte, à un repas, à un avenir. Cela vaut à Gaza comme ailleurs.

Ce communiqué est un cri.
Un appel à l’action.
Un refus d’abandonner notre humanité. »

Réactions

PLR : « La tragédie de Gaza : enfin la droite locale ouvre les yeux.

Le PLR a pris connaissance de la récente déclaration du président de Nouvel R’ concernant la situation à Gaza. Après des mois de silence, cette prise de position publique, bien que tardive, rejoint enfin ce que nous dénonçons depuis le début : à Gaza, ce n’est pas une guerre, c’est un massacre. Une famine organisée. Une agonie imposée.

Nous saluons le fait que les mots soient enfin posés : crime contre l’humanité, punition collective, famine imposée. Mais nous ne pouvons
passer sous silence le fait que cette indignation arrive après bientôt 3 ans de l’escalade du conflit, avec ses bombardements, ses destructions d’hôpitaux, de meurtres d’enfants, de violations du droit international.

Il y a eu plus de 50 000 morts. L’armée israélienne détient un sombre record : Gaza est l’endroit au monde où vivent le plus d’enfants amputés. Des enfants déchiquetés, des journalistes exécutés, des familles entières rayées de la carte. Où étaient les prises de parole institutionnelles quand les associations, les citoyens, les militants appelaient à manifester ? Où étaient les élus de droite quand la jeunesse réunionnaise défilait pour la Palestine, quand des femmes jeûnaient en soutien à Rafah, quand les collectifs dénonçaient la complicité internationale dans ce génocide ?

Il ne suffit pas de dire “je suis révolté”. Il faut agir, dénoncer, prendre des risques politiques. Cela implique de :

● Nommer les responsables : l’État d’Israël et son gouvernement d’extrême droite, qui bombarde les civils, affame les enfants, nie le
droit d’exister à un peuple.
● Condamner l’impunité dont Israël bénéficie grâce au soutien des États-Unis, à la complaisance de l’Union européenne, et au silence
coupable de gouvernements, y compris en France.
● Reconnaître officiellement l’État palestinien, sans condition.
● Exiger des sanctions économiques, diplomatiques et militaires contre les responsables de ces crimes.
● Soutenir les plaintes déposées devant la Cour pénale internationale pour crime de guerre, crime contre l’humanité et génocide.

Depuis le début, nous tenons une ligne claire : la fin du blocus de Gaza, un cessez-le-feu immédiat, l’arrêt des livraisons d’armes à Israël, le respect du droit international, la fin de l’occupation et de la colonisation, la reconnaissance des droits légitimes du peuple palestinien.

Nous ne découvrons pas aujourd’hui ce que vivent les Palestinien·nes. Nous savons depuis longtemps que ce qu’il se passe à Gaza n’est pas une tragédie soudaine, mais le résultat d’une politique d’apartheid, de colonisation et d’épuration menée depuis des décennies.

Le président de Nouvel R’ invoque l’histoire blessée de La Réunion. Il a raison. Mais justement : nous avons le devoir de ne pas reproduire les
silences d’autrefois. Le devoir de ne pas nous taire quand l’injustice tue, sous prétexte de neutralité. Le devoir de dénoncer avant que le prix en vies humaines soit déjà incalculable.

C’est pourquoi le PLR poursuivra, avec constance et détermination, ses prises de position claires aux côtés du peuple palestinien.

Nous appelons tous les élus, toutes les collectivités, tous les citoyens à se mobiliser : on ne peut pas être neutre face à un génocide. »

1 Commentaire

Répondre à Babap Annuler la réponse

Your email address will not be published.

Article précédent

L’Allée des Clémentines retrouve tout son éclat (Photos)

Article suivant

“C’est insoutenable” : Ratenon alerte sur l’indignité du logement social dans l’Est

Free Dom