Assemblée nationale — Le scandale des airbags Takata, déjà à l’origine de 17 décès dont 16 en Outre-mer, ne fera pas l’objet d’une commission d’enquête parlementaire. Réunis à huis clos ce mardi 1er avril 2025, les présidents des groupes politiques à l’Assemblée nationale ont écarté de l’ordre du jour la proposition portée par la députée réunionnaise Karine Lebon. Une décision qui provoque colère et incompréhension.
Un rejet qui sonne comme un renoncement
C’est au terme de plusieurs mois d’efforts et de concertation que Karine Lebon avait présenté sa proposition de résolution. L’objectif ? Mettre en lumière les graves manquements ayant entaché la campagne de rappel des véhicules équipés d’airbags défectueux produits par l’entreprise japonaise Takata. Ces dispositifs, susceptibles d’exploser en projetant des fragments de métal, ont déjà causé des morts — la plupart dans les territoires ultramarins.
Malgré des échanges soutenus avec le ministre des Transports, un travail de fond avec les victimes et leurs familles, et un appel appuyé au gouvernement, la Conférence des Présidents a décidé de ne pas inscrire la résolution à l’ordre du jour. « Certains parlementaires sont restés sur leur position », déplore la députée.
Des risques connus depuis des années
« Ce scandale industriel va bien au-delà d’un simple défaut technique », martèle Karine Lebon. « Il s’agit d’une mise en danger délibérée des automobilistes, dans un silence complice de certains industriels qui connaissaient depuis longtemps la dangerosité des produits. » Pour la députée, l’attitude des constructeurs automobiles soulève de graves questions de responsabilité et de transparence. Le refus d’enquêter à l’échelle parlementaire prive les citoyens, selon elle, d’un droit fondamental à la vérité.
Les Outre-mer en première ligne, une fois encore oubliés
Sur les 17 victimes recensées, 16 sont issues des Outre-mer. Cette disproportion, à elle seule, aurait dû alerter l’institution, estime Karine Lebon. « Jusqu’à la dernière minute, nous avons cru au soutien de la majorité. Mais il faut croire que pour certains, ces morts ne pèsent pas assez pour faire bouger les lignes. »
Ce refus, pour les familles endeuillées et leurs représentants, sonne comme une double peine : l’absence de justice, doublée d’une forme de déni institutionnel.
« Le combat continue »
Déterminée, Karine Lebon promet de ne pas en rester là. « Nous devons poursuivre notre lutte pour que toute la lumière soit faite sur cette affaire. Un tel scandale ne doit plus jamais se reproduire. Nous nous tiendrons toujours aux côtés des victimes et de leurs proches. Leur combat est le nôtre, et il n’est pas terminé. »
À l’heure où la confiance envers les institutions s’effrite, cette affaire illustre, une fois de plus, les tensions entre les territoires ultramarins et l’Hexagone, et la difficulté à faire entendre certaines voix au cœur de la République.



il y a d’autres sujets à traiter en urgence faut laisser la justice s’occuper de takata…. quand est ce qu’elle demande au gouvernement d’indemniser les descendants d’esclaves que nous sommes parce que nos ancêtres ont été déportés de l’Afrique et ont été maltraités par les gros blancs ses ancêtres…. elle l’a fait pour les enfants de la Creuse on est plus nombreux non !!!!!!