Natalité en chute libre : un avenir sans enfants, un péril pour les gouvernements

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La question de la natalité prend une dimension politique et sociale de plus en plus préoccupante dans de nombreux pays. De l’Europe à l’Asie, en passant par certaines régions d’Afrique, le constat est partagé : les taux de natalité s’effondrent, et les conséquences à long terme pourraient bouleverser nos sociétés. Derrière cette crise démographique, se dessine peut-être l’une des plus grandes bombes politiques du XXIe siècle.

Un déclin généralisé

La natalité est en berne dans la plupart des pays développés. En France, le nombre de naissances a atteint en 2024 son niveau le plus bas depuis la Seconde Guerre mondiale. Le Japon, pionnier du vieillissement démographique, voit sa population diminuer depuis près de deux décennies. La Corée du Sud enregistre un taux de fécondité inférieur à 0,8 enfant par femme, un record mondial à la baisse. Même en Chine, pourtant longtemps surpeuplée, la population est désormais en déclin.

Retard de l’âge du premier enfant : un tournant démographique aux multiples conséquences

Plusieurs facteurs expliquent ce recul. La précarité économique, la difficulté à concilier vie professionnelle et vie familiale, le coût croissant de l’éducation, le manque de soutien public, mais aussi une remise en question plus profonde de la parentalité. Dans une société marquée par l’incertitude écologique, sociale et géopolitique, de plus en plus de jeunes adultes choisissent de ne pas avoir d’enfants.

Depuis plusieurs décennies, les femmes ont leur premier enfant de plus en plus tard. En France, l’âge moyen à la première maternité est passé de 24 ans en 1974 à 31 ans en 2023, selon l’Insee. Cette évolution reflète de profondes mutations sociales : prolongation des études, insertion professionnelle plus tardive, instabilité des parcours de vie, mais aussi choix personnels de plus en plus affirmés.

La Réunion n’échappe pas à cette tendance, bien que l’âge moyen y soit encore légèrement plus bas qu’en métropole. Les données les plus récentes indiquent que l’âge moyen à la première maternité à La Réunion se situe désormais autour de 29 ans, contre 26 ans il y a vingt ans.

L’île connaît encore une fécondité supérieure à la moyenne nationale (2,12 enfants par femme en 2024), mais la dynamique change. Les jeunes Réunionnaises sont de plus en plus nombreuses à faire le choix d’études longues, de mobilité professionnelle ou de stabilité avant d’envisager une grossesse.

Une bombe à retardement

Ce déséquilibre démographique met en péril les modèles sociaux construits sur la solidarité intergénérationnelle. Moins d’enfants, c’est à terme moins de forces vives pour soutenir une population vieillissante, pour financer les retraites, les systèmes de santé, ou pour entretenir la dynamique économique d’un pays. Les conséquences peuvent être dramatiques : croissance en berne, tensions sur les budgets publics, crises du logement, déserts médicaux, pénurie de main-d’œuvre…

Une réponse politique encore timide

Face à ce défi, les réponses politiques peinent à émerger. Les aides à la natalité (allocations familiales, congés parentaux, soutien à la garde d’enfants) sont jugées insuffisantes ou mal ciblées. Certains gouvernements tentent de relancer la machine à coup de primes ou de campagnes de communication, sans véritable effet à long terme. D’autres, comme en Hongrie ou en Italie, s’en remettent à des discours nationalistes centrés sur « la famille traditionnelle ».

La question n’est plus simplement démographique, elle devient civilisationnelle. Faut-il absolument chercher à relancer la natalité ? Comment concilier les droits individuels à disposer de sa vie avec les besoins collectifs ? Quel modèle de société souhaitons-nous pour demain ? Un monde sans enfants est-il forcément un monde déclinant, ou peut-il être repensé différemment ?

Loin d’être anecdotique, cette question appelle un débat profond. Car derrière la baisse des naissances, c’est l’avenir même de nos sociétés qui se dessine.

À La Réunion, une baisse historique de la natalité en 2024

En 2024, la natalité à La Réunion est tombée sous le seuil des 12 000 naissances pour la première fois depuis les années 1980 : 11 820 bébés ont vu le jour, soit 1 050 de moins qu’en 2023 . L’indicateur conjoncturel de fécondité s’élève à 2,12 enfants par femme, le niveau le plus bas jamais enregistré sur l’île, alors qu’il stagnait entre 2,36 et 2,51 depuis deux décennies.

Les décès ont atteint un record hors crise sanitaire : 5 820 décès en 2024, soit 760 de plus qu’en 2019 . Le solde naturel (naissances moins décès) devient le plus faible depuis 85 ans.

La population de l’île atteint 896 200 habitants au 1ᵉʳ janvier 2025, avec une croissance démographique de 5,3 % sur les 10 dernières années, contre 10 % lors de la période 2005‑2015. Tandis que les moins de 20 ans représentent encore 30 % de la population, les personnes de plus de 65 ans sont désormais 16 %, contre 8 % il y a vingt ans.

Malgré une fécondité supérieure à la moyenne nationale (1,59 enfant par femme en 2024), La Réunion amorce un tournant démographique inquiétant. La mortalité infantile reste notamment élevée, avec un taux de 6,6 décès pour 1 000 naissances, soit près du double de la moyenne métropolitaine.

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5 Commentaires

    • L’ écart social qui n’arrête pas de se creuser, logements restreints, incivilités, violence urbaine, sécurité pour l’emploi qui ne vole pas haut, vie chère etc les petites ovules et spermatozoïdes ne sont pas près de se rencontrer. Ils préfèrent rester que montrer leur pif dans ce climat aussi délétère. Bye la compagnie !

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