L’hommage de Jacques Dambreville et de Julien Hoarau à Michel Fontaine

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Des hommages poignants, vibrants de la part des personnes qui ont côtoyé Michel Fontaine quasiment au quotidien. En effet, il y a les hommages qu’on pourrait qualifier « d’officiels » venant des personnalités politiques, civiles et autres. En tant que maire de Saint-Pierre, président de la Civis, d’ILEVA, de « Les Républicains », ancien sénateur, conseiller régional, général, Michel Fontaine avait des centaines pour ne pas dire des milliers de connaissances.

Mais des amis, des confidents, il les comptait sur les doigts de la main. Parmi ses amis intimes, il y a incontestablement Julien Hoarau, ancien directeur de cabinet de Nassimah Dindar, ancienne présidente du Département. Julien Hoarau, actuel directeur de cabinet de la Civis, qui a été également jeune attaché parlementaire du sénateur Michel Fontaine. Il lui a été toujours été fidèle au point d’être considéré comme son fils spirituel, son homme de confiance. En dépit de leurs relations père-fils spirituel, Julien Hoarau qui a un très grand respect pour Michel Fontaine l’a toujours appelé « Monsieur ». Voici l’hommage qu’il rend à ce dernier :  » Monsieur,

Écrire ces mots est un déchirement. Tu es parti, nous laissant orphelins d’un patron, d’un père, d’un mentor. Il est difficile d’imaginer ces jours sans toi, sans ta voix, sans ta présence qui savait rassurer, guider et inspirer.
Jusqu’au bout, tu as été ce que tu as toujours été : déterminé, consensuel, exigeant et inspirant. Un homme de parole, un homme de convictions, mais aussi un homme de cœur.
Les hommages affluent de toutes parts, témoignant de l’empreinte indélébile que tu laisses derrière toi. Mais aucun mot, aucune cérémonie, aucun discours ne saurait à lui seul exprimer qui tu étais vraiment. Car au-delà du chef, du bâtisseur, du visionnaire, il y avait l’ami, le confident, l’âme bienveillante qui savait tendre la main et éclairer le chemin.
Nous poursuivrons ton œuvre, avec respect et fidélité, en gardant au fond du cœur tout ce que tu nous as transmis. Merci pour tout. Adieu, Monsieur »

Jacques Dambreville, un frère…

Jacques Dambreville faisait lui aussi parti des amis intimes de Michel Fontaine qu’il considérait comme un frère. Son hommage est tout aussi poignant : « Les chemins de l’adieu… Nous sommes en l’an 2000, tu viens d’avoir 48 ans et c’est à Analava, dans l’ouest de la grande île que tu te livres à la chasse sous marine , ton sport de prédilection.
Mada n’a plus de secret pour toi, tu y viens depuis des années alliant tourisme et aide à la population.
D’ailleurs avec le rotary club et quelques confrères tu as réalisé un centre médical qui a donné ton nom à sa salle de réanimation.
Les inséparables Jacques Dambreville et Michel Fontaine; Ils partageaint les mêmes passions : la mer, la pêche et Madagascar
Mais les dieux combien même indifférent à leurs sauvages te jalousent , la punition sera sévère, un accident de plongée suivi d’un AVC transforme le rêve en cauchemar.
Sans l’aide de ton guide et ami Feno tu n’aurais jamais permis aux hommes de l’art de te ressusciter.
Et c’est à Toulouse que se produit le miracle grâce aux performances de la chirurgie réparatrice.
La lumière du long tunnel que tu viens de traverser te dévore de l’ intérieur et il te faut la partager pour ne pas te consumer. 24 années plus tard, comme pour répondre à une promesse faite au bout du chemin : A la nous la parti pou Analava…
Ce pèlerinage que tu réalises enfin prend l’allure d’un chemin de croix, chaque station est une épreuve autant pour toi que pour Lolita qui t’assiste , que t’es fidèles compagnons de voyage qu’il me faut conduire en jouant du vent et des vagues.
Je ne vois plus la beauté des sites extraordinaires que veux nous faire découvrir.
je lis sur ton visage ta souffrance qui devient mienne, mais pas question de renoncer au voyage, nous irons jusqu’au bout quelque soit le prix à payer, le renoncement n’appartient pas au vocabulaire de Michel Fontaine.
A bon port , profitant d’un moment d’intimité tu me racontes à mots pesants ton aventure, je comprends alors pourquoi tu m’as choisi pour te ramener là où tu avais enterré une première vie avant de renaître. Moment solennel qu’un léger sourire vient immortaliser comme pour jouir du plaisir du devoir accompli et de la promesse tenue.
Revenir à Analava avant de mourir c’était ta promesse, comme sans doute celle faite’ ici même ,
,de te consacrer aux autres en échange d’une parcelle de vie.
Tu as choisi la politique pour l’accomplir, mais tu la servie comme si tu étais entré dans les ordres.
Comme un bon pasteur tu as privilégié le royaume des pauvres à celui de ta bourgeoisie d’origine et ce, sans tambour ni trompette.
Tu m’as fait découvrir et aimer Mada que tu connaissais mieux que personne, pas par le circuit des ministères et embrassades que j’ai côtoyés dans une autre vie, mais par les chemins poussiéreux de la misère oû une boîte de lait est une espérance, un médicament une promesse et un ballon un rêve.
Aucun de nos voyages, aucune de nos aventures ne pouvaient s’imaginer sans un stock impressionnant de produits divers à distribuer dans les villages et orphelinats sous le couvert de la discrétion et du respect.
Il m’est souvent arrivé de ne pas pouvoir retenir mes larmes à vous voir avec Lolita serrer dans vos bras tremblants ces pauvres enfants devenus les vôtres.
Tu m’as ouvert ton cœur, privilège absolu obtenu après de longues heures passées sur le bateau quand tu n’étais plus maire et moi capitaine. Tu faisais la fierté de l’équipage , pas seulement à cause de ta générosité légendaire, mais pour l’excitation de ta présence qui rendait chacun de nous meilleur.
Je n’ai jamais pu savoir si tu n’étais qu’un chanceux , ou une fine touche qui cachait bien son jeu, ce qui est sûr c’est que tu pêchais bien.
Tu ne m’as pas laissé le temps de te faire remonter ce fameux mérou record, il ne me reste plus qu’à le sortir de son trou pour qu’à chaque sortie plane au dessus de nous ta présence.
Ces précieux moments passés sous les étoiles avec la complicité des baleines, loin des requins m’ont aidé à découvrir l’homme que tu étais : Cultivé, affable, bienveillant, humble , timide et porteur de souffrances.
J’ai fini par croire que c’étaient elles qui guidaient tes actions , comme si tu trouvais injuste d’être né riche et qu’il te fallait te défaire de ce fardeau pour à travers un fort humanisme apprécier la vie…
Quelques nuits en ta compagnie au fin fond de l’ocean m’ont fait comprendre comment passer de la théorie à la pratique de la fraternité…
Tu étais le petit Michel de maman, toujours présents avec Lolita, malgré vos engagements à son anniversaire. Chez elle tu étais à l’aise, à ta place et tu te sentais bien comme à chaque fois que tu te donnais aux plus pauvres..
J’aime à croire que tu viens de la retrouver comme ta maman qui te manquait tellement, elles sauront t’accueillir mon frère. Ça me rassure mais ça n’enlève rien à mon chagrin…
Finis les tempêtes profite bien de la jolie baie devenue ta demeure… »

 

Yves Mont-Rouge

montrougeyves@gmail.com
Téléphone : 0692 85 39 64

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