Les “go fast” agricoles sèment la terreur : des jeunes pillent les bananiers des hauts

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C’est un phénomène inquiétant qui prend de l’ampleur sur l’île. Depuis plusieurs mois, de nombreux petits planteurs dénoncent des raids éclairs organisés par des groupes d’individus venus de la côte, fonçant dans les champs pour dévaliser les cultures de bananes vertes encore sur pied. Ces « go fast de la banane », comme les surnomment certains agriculteurs excédés, ne laissent derrière eux que désolation et colère.

Ce samedi 4 octobre, à Saint-Paul, un petit agriculteur des hauts a failli en être victime. Cinq jeunes hommes, arrivés en voiture, ont pénétré sur sa parcelle pour couper une quinzaine de régimes de bananes. Pris en flagrant délit par le propriétaire, ils ont aussitôt pris la fuite, abandonnant leur butin dans la précipitation. L’homme, choqué, témoigne : « Nous travaillons dur pour récolter nos fruits. Ce que nous avons vu ce jour-là, c’est un manque total de respect pour le travail des autres. »

Ces vols de bananes vertes, souvent consommées directement ou revendues sous le manteau, sont devenus fréquents dans plusieurs zones agricoles de l’île. Selon les témoignages recueillis, il ne s’agit plus d’actes isolés : les intrusions sont souvent planifiées, les voleurs se déplaçant à plusieurs véhicules et opérant en quelques minutes, le temps de couper, charger et disparaître. Les champs de Saint-Paul, de Saint-Leu ou encore de Saint-André sont désormais surveillés par des riverains exaspérés.

La banane n’est pas qu’un fruit : c’est aussi un légume. Contrairement à l’image exotique du fruit jaune et sucré, beaucoup consomment la banane verte, bouillie ou frite, comme accompagnement de plats traditionnels. Dans certaines familles, elle remplace la pomme de terre ou le riz.

Cette habitude culinaire explique en partie l’attrait pour les régimes encore verts, directement cueillis sur les pieds. Pour les voleurs, il s’agit moins d’un acte opportuniste que d’un véritable « ravitaillement », même si les méthodes sont loin d’être tolérables.

Au-delà de la perte économique directe, les dégâts laissés sur les plants sont considérables. Les voleurs arrachent parfois les bananiers entiers, détruisant les futures récoltes. Certains exploitants parlent d’un climat d’insécurité agricole inédit. L’un d’eux confie : « On n’ose plus quitter la plantation. Même la nuit, on a peur que quelqu’un vienne tout couper. »

Les régimes sont très souvent revendus à l’arrière de véhicules ou au pied de certaines cités. Certains n’hésitent pas à les écouler à proximité des marchés forains de notre île ou dans des quartiers populaires sur les parkings.

Ces pillages expliquent en partie la hausse récente du prix de la banane locale et sa raréfaction sur certains marchés. La production souffre de ces actes répétés, alors que la filière tente déjà de composer avec la sécheresse et les coûts élevés d’exploitation.

Les autorités appellent à la vigilance et encouragent les agriculteurs à signaler tout comportement suspect. Car derrière la légèreté apparente de ces vols « pour rigoler », c’est tout un pan de l’agriculture réunionnaise qui se voit fragilisé.

Un petit producteur conclut avec amertume : « Ils repartent en riant, mais pour nous, c’est des semaines de travail jetées à terre. Ce n’est pas seulement des bananes qu’ils volent, c’est notre dignité. »

22 Commentaires

  1. C’est exponentiel !!!
    Avec 1000 à 1500 arrivées nettes / mois de ces frères et sœurs acheminés par air austral et qui foncent au guichet en shimaoré de la CAF RÉUNION …
    Nous passons allègrement le seuil de non retour sans compter leurs naissances et qui sont ensuite refilés ais services sociaux ou au RSMA ou août missions locales
    Les politiques adorent … les champs de banane un peu moins mais pas d’inquiétudes ils passeront bientôt à l’attaque au tournevis ou aux péage aux ronds points
    Pauvre ti péi la Réunion .. c’est fini presque fini sans compter l’autre espèce nos amis Karanes qui envahissent les salles de soins avec les parents gd parents importés et installés ici même

  2. On transmis sur l’île des espèces humainnes envahissantes c’est tout a fait normal ! Par contre si on voyage avec des plantes envahissantes c’est interdit , et aussi certains fruits ! J’interroge ma femme pour l’enquête

  3. remercions tous les politiciens sans exception….. Le pire est à venir….. il faut arrêter l’hypocrisie…… tout le monde voit qui vend des bananes dans les cités… mais chut faut pas le dire…. des bulletins de vote sont plus importants qu’un agriculteur qui perd tout son travail….. au lieu de nous casser les pieds avec une couleur qu’on ne doit pas dire ou un type de cheveux pourquoi est ce que nos élus ne s’attaquent pas aux vrais problèmes de vivre ensemble qui n’existe plus du tout depuis 1981

  4. CETTE POPULATION QUI VOLE LES BANANES ONNLA CONNAIT TOUS.
    MOIN DEPUIS DÉBUT D’ANNÉE MI ACHÈTE PLUS BANANES TELLEMENT LÉ CHER MAIS MI VOLE PAS.
    APRES FAUT PAS CHARIER DE VENDRE DES BANANES A 7€ LE KG.
    Y PREND NOUS POUR DES VACHES À LAIT AUSSI.
    LES PRIX FLAMBENT TROP ET NOUS DIRE QUE CEST A CAUSÉ DES MATIÈRES PREMIERES OUI DACCORD MAIS MULTIPLIER LES PRIX COMME CA CEST SE MOQUER DE NOUS.
    ON EST SUR UNE ILE ET MANGERA UNE BANANE Y GAGNE PU????DES CYCLONES DES MAUVAISES TEMPS LA RÉUNION LA DÉJÀ CONNU CA

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