//

Découvrez le discours d’Huguette Bello au Sommet de la COI à Madagascar

7 min de lecture
1

Comme le précise la Région dans un communiqué, la Présidente Huguette Bello, a participé ce jeudi 24 avril 2025 au Sommet des chefs d’État et de gouvernement de la Commission de l’océan Indien, organisé à Antananarivo, à Madagascar. Ce cinquième sommet avait pour thème la sécurité et la souveraineté alimentaire, un sujet porté de longue date par la Région Réunion et qui occupe désormais une place centrale dans les échanges entre les États membres de la COI.

Renforcer les systèmes alimentaires des pays et développer le commerce dans l’Indianocéanie est au cœur des défis de la Commission de l’océan Indien. Cette problématique touche à la souveraineté, à la stabilité et à la justice sociale. Dans son discours, la Présidente Huguette Bello a notamment réaffirmé tout son attachement au développement des circuits courts, qui peuvent constituer une réponse à certains enjeux, comme celui de la vie chère à La Réunion.

“Renforcer notre souveraineté alimentaire, c’est renforcer notre souveraineté tout court. Nourrir nos populations à partir de nos propres ressources, bâtir des circuits courts à l’échelle régionale, soutenir nos producteurs face aux aléas climatiques et à la concurrence déloyale, ce sont là des actes éminemment politiques, porteurs de stabilité et de dignité pour nos territoires”, a souligné la Présidente de Région.

C’est dans cet esprit que la Région Réunion mène une politique de coopération régionale et de codéveloppement volontariste avec l’ensemble des pays de l’océan Indien, en particulier avec Madagascar. L’insertion régionale constitue, de manière incontestable, un axe structurant pour le développement de La Réunion.

“Ce sommet se tient à un moment charnière, un moment où l’on sent bien que le monde bascule, où l’on sait que nos vulnérabilités sont exposées”, a déclaré Huguette Bello. “C’est pourquoi je formule le vœu que cette rencontre d’Antananarivo marque une nouvelle étape : une étape de convergence politique et une étape de mobilisation collective pour faire de l’Indianocéanie un espace de stabilité, d’innovation et de paix.”

Pour contribuer à cette ambition, la Région Réunion continuera d’être présente, active et disponible, et mobilisera ses outils : le programme INTERREG, les coopérations décentralisées, ainsi que les réseaux d’acteurs. Elle poursuivra son action non pas seulement pour elle-même, mais parce qu’elle croit à une communauté de destins entre les îles de l’océan Indien.

Le discours dans son intégralité de la Présidente de la Région Réunion :

Monsieur le Président de la République de Madagascar,

Monsieur le Président de l’Union des Comores,

Monsieur le Président de la République française,

Monsieur le Premier ministre de la République de Maurice,

Monsieur le Président de la République des Seychelles,

Mesdames et Messieurs les Ministres, les chefs de délégation et les représentants du corps diplomatique,

Monsieur le Secrétaire général de la Commission de l’Océan Indien,

Mesdames et Messieurs les parlementaires,

Mesdames et messieurs les représentants des organisations partenaires,

Mesdames, Messieurs,

Chers amis de la coopération régionale et de l’Indianocéanie,

Je voudrais tout d’abord vous dire à quel point je suis heureuse de prendre la parole aujourd’hui, devant vous, à ce 5ème Sommet des chefs d’État et de gouvernement de la COI, en ma qualité de Présidente de la Région Réunion et membre de la délégation française.

J’adresse avant tout mes plus vifs remerciements aux autorités malgaches pour la qualité de leur accueil et leur chaleureuse hospitalité. J’ai eu l’occasion de me rendre à plusieurs reprises à Madagascar au cours de ces deux dernières années et je dois le dire : je ne me lasse pas de ce grand et beau pays.

Je tiens également à remercier le Président Emmanuel MACRON de m’avoir associée à son déplacement dans la Grande Ile – le premier d’un Chef d’État français depuis 2016 –, tant les relations avec notre pays sont fortes et surtout les liens historiques et culturels avec La Réunion, indéfectibles.

Je salue enfin toutes les délégations présentes aujourd’hui, ainsi que le Secrétaire général de la COI.

La réunion du Sommet de la COI est toujours un grand moment pour notre organisation régionale, car il reste un temps fort du dialogue politique et diplomatique de la COI, qui demeure l’un des objectifs principaux de cette organisation, ne l’oublions pas.

C’est aussi un moment historique, car il n’y en a eu que cinq depuis la création de la COI il y a 40 ans. Ce n’est pas beaucoup.

Nous avons eu la chance d’en accueillir un à La Réunion, le 3 décembre 1999, dans l’Hémicycle du Conseil Régional d’ailleurs.

Car comme vous le savez, depuis 40 ans, la Région, aux côtés de l’État et du Département, siège aux instances de la COI, conformément au protocole d’adhésion de la France à la COI, qui prévoit la participation pleine et entière des collectivités de La Réunion à la coopération régionale au sein de la COI.

Je voudrais réaffirmer aujourd’hui, à l’occasion de ce Sommet, notre attachement à cette participation.

La Réunion est une région de France mais elle est surtout une terre de l’océan Indien. Elle est au cœur d’un espace, l’Indianocéanie, qui se trouve aujourd’hui à la croisée des enjeux géopolitiques mondiaux.

Un espace qui, plus que jamais, a besoin de stabilité, de paix, et d’une coopération active.

Car face à ces enjeux inquiétants, d’autres défis émergent et ne feront que s’accentuer dans les années à venir, accroissant d’autant notre vulnérabilité : exposition aux effets du changement climatique ; dépendance énergétique ; problématique de la connexion aérienne, maritime et numérique.

En ce sens, le thème qui nous réunit aujourd’hui – renforcer nos systèmes alimentaires et développer le commerce dans l’Indianocéanie – est au cœur des défis de notre temps.

Il touche à la souveraineté, à la stabilité, et à la justice sociale.

Il nous oblige à répondre ensemble à une question fondamentale :

Comment permettre à nos territoires insulaires d’être acteurs de leur propre développement, de nourrir leur population, de commercer librement avec leurs voisins, de construire une prospérité partagée ?

Notre responsabilité collective est donc immense.

Car en renforçant notre souveraineté alimentaire, c’est bien de souveraineté tout court qu’il s’agit. Nourrir nos populations à partir de nos propres ressources, bâtir des circuits courts à l’échelle régionale, soutenir nos producteurs face aux aléas climatiques et à la concurrence déloyale, ce sont là des actes éminemment politiques, porteurs de stabilité et de dignité pour nos territoires.

À La Réunion, nous avons fait le choix d’une action résolue en ce sens.

C’est tout le sens de l’engagement de la Région dans une politique de codéveloppement volontariste avec tous les pays de l’océan Indien, et en particulier Madagascar. L’insertion régionale constitue, de manière incontestable, un axe structurant pour le développement de La Réunion, une dimension à laquelle nous sommes particulièrement attachés.

La Région a participé à des dizaines de projets concernant la sécurité alimentaire. Je n’en citerai que trois : dans les années 2000 le programme d’Appui Réunionnais au Développement de l’Agriculture des Comores (PARDAC) ; plus récemment le projet FOODSEC porté par le CIRAD pour la production de semences adaptées au changement climatique et actuellement encore la formation des agriculteurs dans le cadre du réseau d’établissements agricoles professionnels Afrique Australe – océan Indien auquel appartiennent nos pays.

Notre collectivité a été à l’initiative et a mis également en œuvre de nombreux autres projets, dans tous les domaines portés par la Commission de l’Océan Indien : la santé, la formation, l’environnement, l’économie bleue, ou encore la transition énergétique.

Et nous continuerons de le faire. Car nous croyons à la diplomatie des territoires. Et nous croyons que les collectivités locales peuvent être des acteurs de stabilité, de dialogue, et de coopération pragmatique dans notre région.

À ce titre, je voudrais souligner, là encore, trois projets auxquels nous sommes heureux de contribuer ou de porter, en partenariat avec la COI :

  • La création d’un Institut maritime régional, que nous pourrions financer dans le cadre du programme Interreg et dont nous souhaitons confier le portage à l’École d’Apprentissage Maritime, outil d’excellence basé au Port à La Réunion ;

  • Le programme régional de coopération et de mobilité en formation professionnelle de l’océan Indien, pour lequel nous sommes prêts à apporter notre soutien technique et financier, la formation professionnelle étant une compétence première de notre Collectivité ;

  • Enfin, l’organisation à La Réunion d’une conférence internationale des Femmes de l’océan Indien et d’Afrique australe et orientale, en partenariat avec le projet Gouvernance Paix et Stabilité de la COI.

Excellences, Mesdames, Messieurs,

Ce Sommet, le cinquième du genre, se tient à un moment charnière. Un moment où l’on sent bien que le monde bascule. Où l’on sait que nos vulnérabilités sont exposées.

C’est pourquoi je forme le vœu que cette rencontre d’Antananarivo marque une nouvelle étape : une étape de convergence politique et une étape de mobilisation collective pour faire de l’Indianocéanie un espace de stabilité, d’innovation et de paix.

La Région Réunion, pour sa part, continuera d’être présente, active, et disponible. Elle mobilisera ses outils – le programme INTERREG, les coopérations décentralisées, les réseaux d’acteurs – pour contribuer à cette ambition. Elle continuera d’agir, non pas pour elle-même, mais parce qu’elle croit au destin commun de nos îles.

Pour terminer, je voudrais adresser tous mes vœux de réussite à la nouvelle présidence comorienne et remercier et féliciter nos amis seychellois pour tout le travail qu’ils ont réalisé à la présidence de notre organisation pendant un an.

Je vous remercie de votre attention.

1 Commentaire

Répondre à grognon Annuler la réponse

Your email address will not be published.

Article précédent

Pierre Moscovici : la Cour des comptes renforce son rôle de vigie des finances publiques

Article suivant

Open de Saint-André : rendez-vous ce samedi 26 avril

Free Dom