« Je travaille à plein temps… et je n’arrive plus à remplir mon caddie »

2 min de lecture
23

À La Réunion, la spirale de la vie chère frappe de plein fouet même ceux qui bossent dur.

Ils ont un contrat, un emploi stable, parfois même plusieurs. Ils se lèvent tôt, font leurs heures, jouent le jeu. Et pourtant, chaque passage en caisse est un choc. La liste de courses se réduit, les repas s’appauvrissent, les enfants posent des questions. À La Réunion, de plus en plus de familles vivent une précarité honteuse, silencieuse, brutale, malgré un emploi à temps plein.

Témoignages : ils travaillent, mais n’y arrivent plus

Julie, 39 ans, trois enfants, secrétaire :

« Je gagne 1 750 euros. Mon loyer est à 880. L’eau, l’électricité, l’essence pour aller bosser… Il me reste 300 euros pour faire les courses. Je fais les fins de mois avec des pâtes et des conserves. Je regarde les promos comme une chasse au trésor. Quand mes enfants me demandent pourquoi on n’a pas de goûters comme avant, je change de sujet. C’est devenu trop dur. »

Sébastien, 28 ans, manutentionnaire dans une grande enseigne :

« Je suis à temps plein, payé au SMIC. J’ai un scooter qui pompe 10 euros tous les deux jours. Je vis chez ma mère, sinon je dormirais dehors. Même comme ça, je finis le mois à découvert. Je mange des sandwichs le midi, des nouilles le soir. Et je remercie ma mère pour le riz du dimanche. J’ai l’impression de faire tout ce qu’il faut… pour rien. »

Claire et Malik, 42 et 45 ans, parents de quatre enfants, tous deux employés :

« On gagne à deux un peu plus de 3 000 euros. Ça paraît correct sur le papier. Mais avec les factures, les assurances, les remboursements, on fait les courses avec 100 euros par semaine. Les enfants n’ont plus de yaourts, plus de céréales, on cuisine des lentilles et des œufs. Le week-end, on reste enfermés pour ne pas dépenser. On ne vit plus, on survit. »

Même les plus sobres doivent faire des choix impossibles. La viande devient un luxe. Les fruits une exception. Les goûters un caprice.

Dans les rayons, les mères de famille comparent les centimes. Les caddies à moitié pleins trahissent des calculs douloureux. Dans les familles nombreuses, les recettes tournent en boucle : riz, grains, œufs. Plus de petits plaisirs. Même les anniversaires sont à crédit.

Une précarité invisible… et culpabilisante

« Quand t’as pas de boulot, t’as au moins droit à des aides. Mais quand tu travailles, t’as plus rien. On t’explique que t’es trop riche pour être aidé, mais trop pauvre pour vivre. »

Ce sont les « oubliés du système » : ceux qui bossent, qui ne se plaignent pas, mais qui s’épuisent à essayer de maintenir une dignité qu’on leur vole peu à peu. Ceux qui ne demandent pas la charité. Juste un peu d’air. Juste que ça suffise.

Et vous ?

Est-ce que vous aussi, malgré votre boulot, vous devez faire des sacrifices pour remplir votre caddie ?
Est-ce que vous vous sentez piégés entre devoirs et factures, entre dignité et galère ?

Racontez votre réalité.

23 Commentaires

  1. Quand on voit que les impôts sont prêts à nous faire payer encore plus et l’état qui va encore nous faire serrer la ceinture jusqu’à la mort , bientôt l’état va nous prélever une somme pour la guerre, beaucoup en parle , et vous allez être au courant prochainement, c’est vrai que si ont peux arrêter de travailler et profiter du système comme le font les arrivants, allez voir la queue devant les bureaux de postes et les liasses de billets qui circulent.

  2. c’est bien malheureux tt ça moi je travaille pour 300e monsieur pour 1700avc les credits et factures , il ns reste tt juste à peine même 100e pour les courses et encores le nécessaire pour la maison la viande on n’arrive pas a côté, ni le poisson

  3. L’arzent y voit pas la coulère tellement y sar vite. Ou survit comme nout bande parents dan temps avant. Navé voisin tous les jours té mange brède manioc ou un rougail tomate ek de riz. Mangue salé. Croyant que nout génération va gaigne l’éclaircissement c’est l’air qui ar pédale en arrière. Enlève pas nous nout ti travail c’est sa même y donne à nous l’envie mette un pied devant l’autre. Demain s’ra meillère. Si plé à Dié. Gramoun té dit ça. Lève grand matin. Sel soutient famille. Comme nous zordi.

  4. Ça ne m’étonne pas que de plus en plus de gens ne s’en sortent pas en travaillant. Moi et ma campagne gagnons plus de 6000 euros/mois et pourtant on vit en permanence sur le fil du rasoir sans rien faire d’extraordinaire. Certains diront que c’est indigne de se plaindre avec de tels revenus mais il faut savoir que plus vous gagnez plus l’Etat vous taxe et des fois il vaudrait mieux gagner moins pour avoir droits aux aides sociales.

    • Là c’est l’hôpital qui se fout de la charité. Ou na un château combien hectare terrain ou mange langouste tous les jours ou na bonne jardinier un cuisto ? Faut pas deconner dont…ou rends aou compte de combien 500 euro que ou nena par rapport à au commentaire « le sud » ? 12 fois. Et là ti vé pas donne un mois ton salaire ? Y souhaite pas mais faut maziner. Un accident ou retrouve aou handicapés et fouittt ! C’est la dégringolade.

  5. La précarité, une conséquence politique

    Aujourd’hui, de plus en plus de gens vivent dans la précarité, non pas parce qu’ils ne veulent pas travailler, mais parce qu’un salaire ne suffit plus à vivre dignement. Les prix explosent, les loyers grimpent, les factures s’accumulent… et pendant ce temps, les salaires stagnent. On demande aux gens de se serrer la ceinture pendant que certains accumulent les privilèges sans jamais rendre de comptes.

    Ce n’est pas un hasard. La pauvreté n’est pas une fatalité, c’est le résultat de choix politiques. Ce sont les dirigeants, les politiciens qui ont laissé se creuser les inégalités, qui ont favorisé les riches en oubliant le peuple. Ils ferment les yeux sur la misère qui grandit, sur les familles qui n’ont plus les moyens de se nourrir correctement, sur les travailleurs qui dorment dans leur voiture malgré un emploi à temps plein.

    La colère monte parce que l’injustice est trop visible. La précarité n’est plus un mot abstrait : c’est le quotidien de millions de personnes. Et tant que ceux qui nous gouvernent ne prendront pas leurs responsabilités, ce n’est pas seulement la pauvreté qui grandira, mais aussi l’indignation.

  6. C’est une triste réalité que beaucoup n’assume pas.
    Moi je le dit haut et fort arreté de travailler c’est la meilleure décision de ma vie.
    Alors oui les gens critiquent mais la réalité est la! Depuis que je touche les aides j’arrive à finir le mois sans aucune difficultés, je ne paie quasi plus rien (loyer, mutuelle…) j’ai même droit a des primes chaque année alors que j’ai jamais eu 1€ de prime en 10ans de travail, même les vacances vvf est gratuit.

  7. Oh oui je confirme parents de deux enfants on travaillent tout les deux, et on a juste de quoi rembourser le prêt de la maison, et autres prélèvements mensuels, le reste c’est pour les courses dont le prix est devenue éxorbitant et les week-end on évite de sortir pour pas dépenser… on essaye de tenir le cap en essayant quand même de faire plaisir au enfants de temps en temps en privilégiant les sorties qui ne coûte pas plage forêt en ramenant le goûter pour ne pas acheter… triste de se lever chaque matin… et on a droit à aucune aide, pas de bourses pas de rentrée scolaire rien du tout.. comme dit plus haut on vit plus on survit….la classe moyenne est la vache à lait de l’état français on cotise pour d’autre et on paie pour les autres…..triste France..

  8. OH QUE OUI ,ON SURVIT DANS CE MODE DES TRAVAILLEURS.
    même être malade, on se doit d’aller bosser avec 7 jours de carence et 50% de salaires .
    Aujourd’hui ,on travaille et on cotise pour rien ,on se doit de tout payer ,on ns raquette au moindre de centimes ,faut croire que la vie est chère que pour certaines catégories de gens ,sans compter ttes les aides qu’on donne à droite er à gauche.
    bref je me demande si il faut encore travailler surtout à coup de lance pierre ,et de devoir tt payer et ne pas être pris en considération.
    RECAPITULONS :
    SUR UN SALAIRE VS AVEZ TTES LES CHARGES PAS PAS POSSIBLES
    VS COTISEZ POUR LA RETRAITE MAIS ENFIN DE COMPTE ON EST CALCULER SUR LA MM BASE QUE CEUX QUI N’ONT JAMAIS TRAVAILER.
    VS COTISEZ POUR UNE FORMATION CPF ,VS DEVEZ TIRER DE VOTRE POCHE 100 EUROS ;
    VS TOMBEZ MALADE ,VS AVEZ 7JOURS DE CARENCE ET 50% DE VOTRE SALAIRE.

    OUI ET OUI ,on s’en sort plus du tout du coup ,on ns demande encore de faire des efforts.

      • Compte su l’argent l’état lé pas valorisant. Ou gaigne un coup d’congne y dit pas qui soulage pas (contrairement à d’autres pays) mais quand ou lé jeune dan force l’âge travailler… ou végète ziska quand ? Ça lé comme pétrole ça un ment donné y épuise. Et puis pou out dignité même. Le système y fait que cet lé à la tête y touffe dedans et le grand banditisme en bas (pas folle la guêpe)na rienk zot y profite dont alors y rente dan n’importe quelle casse y rapporte. Drogue, prostitution etc cet lé au milieu li vé reste clean ziska son cercueil.

  9. ON EST UNE FAMILLE DE 4, LES PARENTS TRAVAILLENT A TEMPS PLEINS. DES CHARGES TOUS LES MOIS (CREDIT MAISON ET VOITURE), IMPOTS, CARBURANTS, MUTUELLE, TV&INTERNET&GSM, CRECHE, CANTINE ET COURSES (le budget pour les courses est passé de 100€ tous les semaines à 70€) On essaie de toujours privilégié les enfants après que les prélèvements ont passés. Mais déjà il reste peu sur le compte. Du coup le soir je cuisine peu pour ne pas laisser la nourrice dans la marmite. Le midi au boulot franchement pas de repas, juste un ti truc a grignoter (un morceau de pain/yaourt/fruit). On s’en sort juste mois par mois, a tout gérer, calculer, reporter… pas facile

Répondre à g.marie Annuler la réponse

Your email address will not be published.

Article précédent

Reconduction de la mesure « Territoires d’industrie en transition écologique » pour l’année 2025

Article suivant

Un groupe de sénateurs dénonce « l’exclusion des Outre-mer des campagnes d’information gouvernementales »

Free Dom