« J’ai été ciblée parce que je suis comorienne » : le cri d’indignation de Fatima après un contrôle au faciès à Saint-Denis

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Le 3 juillet, Fatima a partagé sur Facebook un témoignage marquant concernant un contrôle d’identité qui lui a été imposé à l’arrêt de bus du Petit Marché, à Saint-Denis. Elle y dénonce un contrôle qu’elle juge exclusivement fondé sur son apparence. Son récit, reproduit ci-dessous dans son intégralité, a rapidement suscité de vives réactions.

« Contrôle au faciès : j’ai été ciblée aujourd’hui à Saint-Denis. Pourquoi ? Parce que je suis comorienne ?

Aujourd’hui, en rentrant du centre-ville de Saint-Denis (La Réunion), je me suis arrêtée au niveau de l’arrêt de bus du Petit Marché. J’y vois des hommes en civil en train de contrôler uniquement des personnes originaires de l’archipel des Comores.

Je m’arrête. Je regarde un des policiers. Il me dit :
— Madame ! Contrôle d’identité.
Je lui réponds, surprise :
— Moi ?
Il confirme. Je tends alors ma pièce d’identité. Il ne la prend même pas, ne la regarde même pas vraiment. Il me dit juste :
— C’est bon.

Donc, en réalité, il ne vérifie rien. Ce n’est pas un contrôle, c’est une vérification basée sur mon apparence.

Je continue à observer. Je vois qu’ils ne contrôlent que des personnes qui semblent être comoriennes. Alors je m’adresse à l’un de ses collègues :
— Pourquoi vous ne contrôlez que des gens comme moi ?
Il me répond sèchement :
— Ça veut dire quoi des gens comme vous ?
Je lui dis :
— Les Comoriens.
Et là, il me répond :
— Je n’ai pas à vous répondre.

Avant cela, j’avais déjà demandé à celui qui m’avait “contrôlée” :
— Pourquoi vous faites ça ?
Sa réponse :
— On a une ordonnance du procureur de la République.

Je pose ici une question simple et sérieuse : un procureur peut-il ordonner des contrôles d’identité ciblant uniquement les Comoriens ou toute autre origine ?
Est-ce légal ? Est-ce acceptable ? Est-ce cela, la République ?

Je suis choquée. Ce que j’ai vu et vécu aujourd’hui ressemble clairement à un contrôle au faciès, une pratique illégale, discriminatoire et humiliante.
Je partage ici mon témoignage car se taire, c’est laisser faire. »

Mais certains commentaires sous son poste Facebook ont choqué les internautes :

La pratique des contrôles d’identité en France est encadrée par les articles 78-2 et suivants du Code de procédure pénale. Elle peut être déclenchée pour rechercher des auteurs d’infractions ou prévenir une atteinte à l’ordre public. Toutefois, le Conseil constitutionnel a rappelé dès 1993 que ces contrôles doivent reposer sur des « circonstances particulières » justifiant le risque d’atteinte à l’ordre public.

En novembre 2016, la Cour de cassation a interdit explicitement les contrôles dits « au faciès », fondés sur des critères ethniques ou raciaux présumés, sans justification objective préalable. De telles pratiques sont qualifiées de discriminatoires et sanctionnées par le Code pénal. Elles engagent la responsabilité de l’État.

La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a, pour la première fois, condamné la France le 26 juin 2025 dans l’affaire « Seydi et autres c. France » pour contrôle d’identité discriminatoire. L’un des requérants y avait subi trois contrôles en dix jours, dont un sans fondement légal. La Cour a reconnu l’existence d’une présomption de discrimination non réfutée par l’État français.

Cette décision a été rendue deux jours après la publication d’un rapport du Défenseur des droits, qui confirme que ces pratiques demeurent répandues, en particulier à l’encontre des jeunes, des hommes et des personnes perçues comme noires, arabes ou maghrébines. Le Conseil d’État lui-même, dans une décision d’octobre 2023, avait reconnu le caractère systémique de ces discriminations dans les contrôles.

Selon le rapport de 2025, les hommes jeunes perçus comme issus de l’immigration ont jusqu’à 4 fois plus de chances d’être contrôlés, et 12 fois plus d’être soumis à un contrôle « poussé » (palpation, fouille). 19 % des personnes interrogées rapportent un comportement « non professionnel » des forces de l’ordre lors du contrôle.

Interrogé à propos de la lutte contre l’immigration irrégulière, Patrice Latron, préfet de La Réunion, a récemment réaffirmé l’orientation actuelle des services de l’État :
« Ces reconduites s’inscrivent dans une action continue que nous menons depuis le début de l’année sur l’ensemble du territoire pour lutter efficacement contre l’immigration irrégulière. Nous ne lâcherons rien pour protéger les Réunionnais. »

 

11 Commentaires

  1. Elle cherche la petite bête…
    Pourquoi créer une telle polémique pour un simple contrôle d’identité ????
    Si vous n’êtes pas contente, un billet aller pour votre pays les Comores est conseillé, personne ne vous retient.
    En ce moment on n’entend que les Comoriens qui gueulent pour tout,
    Bravo et merci aux Forces de l’Ordre.

  2. Si vous êtes pas contente retourner dans votre pays, j’espère qu’ils feront plus de contrôle comme cela, surtout avec tout les crimes que votre communauté fait l’objet ici ( vous et torture d’animaux, vols et agression des réunionnais, barrage et jets de galets sur la voie publique et j’en passe) y y en a marre

  3. Combien de Comoriens en situation illégale sur le territoire Réunionnais ?
    Posez vous cette question, et votre Président AZALI Assoumani, ferait pareil sur son Île, surtout si des Français se comportaient aussi mal qu’une grande partie de votre communauté.

  4. Pourquoi cette personne est indignée qu on fasse un controle d identité ?
    Avec tout ce qui se passe ici les sans papiers.les traffiquants et autres c est tout a fait normal.
    Le gendarme ne lui a pas non plus insultés il ne fait que son travail.
    Quand je pars en metropole ou autres pays d europe aussi bien pour le boulot ou les vacances on me demande ma pièce identité pour un controle.
    Ce n est pas parce qu on me dit qu il font un controle que je doit etre indigné. Bien que milé un ptit cafrine noire cheveux cogné et que mi mesure 1.50m..
    Si vous êtes comorienne ou autres et que vous avez rien a vous reprocher .BIN PRESENTE OUT PIECE ET ARRETE FAIT LA POLÉMIQUE OUSSA LA POINT…
    Tout de suite les grand mot. » Je suis indignée « ..
    Le nombre de fois que la demande amoin mon piece identité et dont mi doit être choqué ou indignée et dont fo mi fait un article ou lance un appel parce que la arriv amoin sa..bin mi T CELEBRE ou riche ( faudrait meme mi dit Oprah Winfrey interview amoin sur ce sujet…)
    DU GRAND N IMPORTE QUOI MME…

    LES INNOCENT PAYE POU LES COUPABLES ESTER…

    Nout toute i assume!!!!! Alors Fait parey

    • C’est bien un contrôle au faciès. Est ce que les personnes de types caucasiens y fait arrête à zot souvent ? Non. Et y devrais. Parce li peut être n’importe qui et li lé pas là semb la France contrairement à cet zot y contrôle que lé bien intégré dan la société française. Ou va méfier aou plus d’un black ou d’un maghrébin et donne bon dieu sans confession à un blanco alors que li lé aussi menaçant. Qui y peut lire à travers un moun ? Le RN la rentrer ou peut être sûre que nous n’aura droit au contrôle… et en même temps ti cafrine sové cogné ou na point marre que ou lé dan la ligne de mire ? Le créole mélangé li n’aura droit… lé malheureux que nous lé toujours à là. A un coulère d’peau ! Nous la quand même « évolué » sinon nous té pou renifle le ki un et l’autre !

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