Grève chez Millet à Saint-André : les salariés en ont « ras-le-bol des promesses bidon »

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À Saint-André, les salariés de l’usine Millet Océan Indien ont posé les outils depuis le 11 avril. Ce qui a mis le feu aux poudres ? « Des promesses non tenues, une direction jugée méprisante, et des engagements pris noir sur blanc »… puis « balayés d’un revers de main ». Notre reporter, Raphaël Gauvin, est parti à leur rencontre et a pu échanger avec Boyer Johanny, Délégué syndical CGTR Millet OCEAN Indien.

Un protocole signé, puis oublié

Tout a commencé en février, lors des négociations annuelles obligatoires. La direction avait promis : désormais, les salaires seraient versés au plus tard le 5 du mois. Une demande de bon sens, surtout quand les virements tombent un week-end. Mais en avril, rebelote : les paies arrivent en retard. Pour les salariés, c’est la goutte de trop.

« On signe des papiers, on respecte notre part, mais eux, ils font comme si de rien n’était. »

Une prime à 300 euros… qui s’évapore

Autre sujet de tension : une prime de 300 euros. D’abord prévue en tant que prime d’intéressement ou PVB, la direction propose finalement une prime de transport. OK, pourquoi pas. L’idée, c’était qu’elle soit versée en juillet, sans condition. Mais voilà qu’on apprend que la prime serait finalement proratisée. Ce détail, jamais évoqué avant, a été « vécu comme une trahison ». Les ouvriers ont dit non en bloc.

Des documents introuvables et un flou juridique entretenu

Et ce n’est pas tout. Les représentants du personnel dénoncent « l’absence de la Base de Données Sociales et Économiques (BDSE) », pourtant obligatoire. Aucun document officiel ne vient justifier l’application du prorata. Le dialogue est rompu.

« On demande des textes, ils répondent par des mails flous. Y a rien de légal dans tout ça. »

Métropole vs La Réunion : deux poids, deux mesures ?

La direction se justifie en disant que le prorata est appliqué partout dans le groupe, y compris en métropole. Sauf qu’à La Réunion, les règles sont différentes. En métropole, les primes sont claires : 600 € avec justificatifs + 300 € de bonus. À La Réunion, le plafond est aussi de 900 €, mais les 600 € peuvent être versés sans justificatif. Alors « pourquoi appliquer des règles métropolitaines sans tenir compte du contexte local ? »

Un conflit qui s’enlise

Après deux jours de débrayages début avril, les salariés ont lancé une grève illimitée à partir du 11. Ce qu’ils réclament ? Une prime de 300 € non proratisée, une hausse des salaires, des paniers repas revus à la hausse, et que les jours de grève soient pris en charge. Pour l’instant, la direction n’a envoyé aucune contre-proposition écrite. Pire : certains salariés affirment « avoir été menacés de poursuites ».

« La grève, oui. Le chantage, non. »

La direction veut lever le piquet de grève pour faire passer les camions. Refus catégorique du côté des grévistes.

« Le droit de grève, ce n’est pas juste lever la main en silence. C’est aussi bloquer, tant que ça reste pacifique. »

Un conflit local qui pourrait s’étendre

Pour l’instant, seul le site de Saint-André est concerné. Mais les autres antennes réunionnaises du groupe – notamment Millet Bravo à Sainte-Marie et ADF – pourraient suivre. L’idée d’une grève élargie fait son chemin.

« Ce qu’on demande, c’est juste du respect »

Le ton est donné. Pour les salariés, il ne s’agit pas de tout chambouler. Juste d’obtenir ce qui avait été promis. Et d’être considérés.

« On ne demande pas la lune. On demande que les engagements soient tenus. C’est une question de respect. »

3 Commentaires

  1. je connais une boîte locale qui a été reprise par un gros groupe métropolitain mais dans un autre domaine . A caser un de ses copains comme directeur alors qu’il n’était que commercial sans expérience de gestion . l’ancienne gestion avant sa vente dirigé par un local marchait très bien , actuellement le personnel ne s’y retrouve plus et désemparé ! en attendant que ça pete!!!!!

  2. je connais une boîte locale qui a été reprise par un gros groupe métropolitain mais dans un autre domaine . A caser un de ses copains comme directeur alors qu’il n’était qu commercial sans expérience de gestion . l’ancienne gestion avant sa vente dirigé par un local marchait très bien actuellement le personnel ne s’y retrouve plus et désemparé ! en attendant que ça pete!!!!!

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