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Saint-Paul : Lucette, 84 ans, expulsée, son fils dénonce une “attaque politique”; La SEDRE réagit (Vidéo-Podcast)

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C’est une scène qui a choqué tout un quartier hier matin à Saint-Paul. Lucette How Pan Hi, âgée de 84 ans, a été expulsée de son domicile. Gendarmes et commissaires de justice sont intervenus dès l’aube, et en quelques heures, l’ensemble de ses meubles se sont retrouvés dans des containers.

Son fils, Dominique How Pan Hi, dénonce « un manque total d’humanité » et va plus loin, évoquant « une attaque politique orchestrée par le maire de Saint-Paul », Emmanuel Séraphin.

 

Nous tendons bien sûr le micro au maire Emmanuel Séraphin s’il souhaite réagir ou apporter sa version des faits. Il peut nous joindre au 0262 41 51 51.

Expulsion à Saint-Paul : une femme de 84 ans délogée après un long litige foncier

Ce mercredi 30 avril au matin, une opération d’expulsion a eu lieu dans une maison occupée depuis plusieurs décennies par une femme âgée de 84 ans et son fils. L’intervention s’est déroulée en présence de la gendarmerie, d’huissiers, de la police municipale, du sous-préfet de Saint-Paul ainsi que d’un représentant de la SEDRE. L’exécution fait suite à une décision de justice rendue en 2015, dans le cadre d’un litige remontant à plus d’une décennie.

Un logement saisi en 2011

Le logement en question aurait été vendu aux enchères en 2011 par une banque. L’acquisition du bien s’inscrivait, selon les éléments disponibles, dans le cadre d’un projet de rénovation urbaine déclaré d’utilité publique, porté à l’époque par la mairie de Saint-Paul en lien avec la SEDRE. Ce type de procédure repose sur le droit de préemption, qui impose la réalisation effective du projet dans un délai de cinq ans.

La famille, toujours sur les lieux depuis la vente, estimait que les engagements liés au projet initial n’avaient pas été respectés dans les délais impartis. En 2017, une demande de rétrocession aurait été formulée, mais aucune suite n’aurait été donnée selon les occupants.

Un désaccord persistant sur les relogements

Selon les membres de la famille, plusieurs tentatives de solution amiable auraient été engagées au fil des années, sans qu’un accord soit trouvé. Ils évoquent notamment des propositions d’échange foncier et des démarches en vue de régulariser leur situation. La famille conteste également avoir refusé des solutions de relogement, affirmant n’avoir reçu aucune offre concrète.

Des responsabilités partagées selon les institutions

Interrogée par notre reporter Raphaël Gauvin à propos de cette expulsion, la mairie de Saint-Paul a indiqué que l’exécution de la décision relevait de la compétence de l’État et de la SEDRE, en raison de la mise en œuvre du concours de la force publique. À ce stade, la SEDRE n’a pas communiqué publiquement sur le déroulement de la procédure ni sur les suites éventuelles.

Conséquences humaines et mobilisation annoncée

À l’issue de l’intervention, le logement a été sécurisé, les serrures changées, et les lieux vidés. La famille, présente sur place, évoque une rupture brutale, après plus d’un demi-siècle d’occupation. Elle annonce le lancement d’un collectif citoyen pour interpeller les autorités sur les modalités d’application du droit de préemption dans les projets de rénovation urbaine.

Réaction de la SEDRE : « il s’agit de l’exécution d’une décision de justice issue d’un contentieux privé »

Voici le communiqué que nous a fait parvenir Yannick Payet-Fontaine de la SEDRE : « des informations relayées ce mercredi font état d’une expulsion qui aurait été opérée par la SEDRE contre la famille How Pane Hie dont la mère âgée était dans une situation délicate, occupant le logement où elle se trouvait sans titre.

Il convient de rétablir les faits : en 2011, la propriété dénommée « Domaines des Palmes » a été saisie en raison des dettes contractées par la famille, et a été  mise aux enchères. Ce n’est que suite à cette saisie immobilière et à la mise aux enchères de la parcelle que la Sedre a fait valoir son droit de préemption, dans le cadre du Programme de Renouvellement Urbain du Centre Ville (PRU), afin d’y réaliser des logements, notamment aidés, et de faciliter l’accès des scolaires aux équipements du front de Mer.

Le montant de l’acquisition, soit 590 000 €, a été intégralement versé au mandataire judiciaire, conformément à la loi. Il ne s’agit donc ni d’une expropriation ni d’une spoliation, mais d’une acquisition légale, encadrée par le droit.

Cependant la Sedre n’a jamais pu prendre possession du bien, du fait du refus de la famille de libérérer la parcelle.

En 2015, la Cour d’appel de Saint-Denis a définitivement confirmé que Madame HOW PAN HIE occupait le bien sans droit ni titre, ordonnant la libération du domaine de 2 500 m² sur le front de mer de Saint-Paul et le paiement d’une indemnité mensuelle de 1 850 euros, jamais acquittée. L’astreinte cumulée dépasse aujourd’hui les 300 000 euros.

L’évacuation d’une personne âgée interpelle forcémment sur le plan humain, mais il est essentiel de rappeler que cette issue aurait pu être évitée depuis longtemps si la famille HOW PAN HIE avait accepté d’anticiper son relogement, dans le respect  des décisions de justice devenues définitives.

Dans ce dossier sensible, la SEDRE appelle à une lecture objective, fondée sur les faits, le respect du droit et la vérité des responsabilités de chacun ».

4 Commentaires

  1. Le montant de l’acquisition, soit 590 000 €, a été intégralement versé au mandataire judiciaire, conformément à la loi. Il ne s’agit donc ni d’une expropriation ni d’une spoliation, mais d’une acquisition légale, encadrée par le droit.

    Cependant la Sedre n’a jamais pu prendre possession du bien, du fait du refus de la famille de libérérer la parcelle.

    I fé pitié mais voilà kan i paye pas sat i doit….

  2. Certainement si la banque la saisie c’est que n’avait des impayés. Té appartient à zot vu que na plus de 50 ans Au fil des ans si toute z’enfant y regroupe pas zot pou « sauve » zot patrimoine chacaine de se relayer pou payer et bun zot y perde parce la pas pou fini d’année en année taxe y augmente. Excuse de peu mais si z’enfant la pas réussi dan z’étude pou être fonctionnaire impossible avec rsa de continuer paye la terre zot z’ancêtre, Et dan saint Paul y manque pas de créole lé proprio. De faire attention na un tas pou veille zot bien au moindre pti faux pas… couic !

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