Entre chaleur, classes surchargées, cantines débordées et fatigue précoce, le quotidien scolaire réunionnais mérite qu’on en parle.
C’est quoi, une journée d’école à La Réunion ? Pas celle qu’on imagine sur les brochures, ni celle qu’on fantasme de loin. Une vraie journée, vécue par les élèves, les enseignants, les parents. Entre embouteillages dès 6 h du matin, cantines qui débordent, climat épuisant, salles mal ventilées et enfants qu’on voudrait concentrés jusqu’à 15 h 30. Spoiler : ce n’est pas toujours rose.
⏰ 5 h 30 – Le réveil qui pique
Dans beaucoup de foyers, la journée commence à l’heure où il fait encore nuit. Il faut préparer les cartables, réveiller des enfants parfois épuisés avant même d’avoir mis un pied à l’école.
Et c’est souvent la course : bus scolaire qui ne passe pas à l’heure, parents qui déposent à la volée, bouchons monstrueux sur les grands axes.
« Ma fille est en CE1. On quitte la maison à 6 h 30 pour être sûrs qu’elle arrive avant la cloche. Elle baille tout le long du trajet. » — Sandrine, maman de trois enfants.
7 h 30 – La cloche sonne, les ventilos ronronnent
Les élèves entrent en classe. Il fait déjà chaud. Les enseignants tentent de garder la concentration dans des salles parfois mal ventilées, surchargées.
« On essaie de faire cours, mais avec la chaleur et le bruit des ventilos, on parle fort toute la journée. À 11 h, ils décrochent tous. » — Thierry, enseignant.
11 h 30 – L’épreuve de la cantine
Menus pas toujours équilibrés, files interminables, manque de personnel, et bruit assourdissant. Pour certains enfants, c’est le seul vrai repas de la journée. Pour d’autres, une source d’angoisse.
« Ma fille est revenue avec des crampes au ventre. Elle avait eu deux nuggets et une compote. » — Élodie, parent d’élève.
13 h – Après-midi fantôme
L’après-midi, la chaleur monte. Le pic de concentration est passé. Les plus jeunes s’endorment presque sur leur cahier. Les enseignants font comme ils peuvent.
« On parle d’égalité des chances, mais à 32 °C sans clim et sans pause digne de ce nom, on n’apprend pas. On survit. » — Sabrina, directrice d’école.
15 h 30 – Fin de journée ? Pas pour tout le monde
Certaines familles peuvent venir chercher leur enfant. D’autres comptent sur la garderie, ou sur les grands-parents. Les devoirs commencent à la maison, quand il reste de l’énergie.
« Mon fils de 9 ans rentre rincé. Il n’a plus envie de lire ni d’écrire. Il veut juste poser sa tête. »
Mais alors, c’est quoi le problème ?
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Le rythme scolaire calqué sur la métropole, inadapté au climat tropical
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Les classes surchargées, notamment dans les quartiers populaires
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Des infrastructures vieillissantes ou mal pensées pour la chaleur
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Une inégalité d’accès à la cantine, à l’aide aux devoirs, aux transports
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Un manque de reconnaissance pour les équipes pédagogiques qui tiennent tout ça à bout de bras
Et si on osait se poser les vraies questions ?
Est-ce qu’il est normal qu’un enfant de 6 ans fasse plus de 10 heures hors de chez lui pour une journée d’école ?
Est-ce qu’on peut encore appeler ça des « conditions normales d’apprentissage » quand les classes transpirent à 9 h du matin ?
Et vous ?
Vous êtes enseignant, parent, agent communal ?
Vous avez des photos, des témoignages, des situations à dénoncer ?
Écrivez-nous. On veut donner la parole à ceux qui vivent l’école réunionnaise au quotidien.



je suis en troisieme je passe le brevet
c cool l’école
dans les quartiers populaires justement les classes ne sont pas chargées au contraire
il y a des brasseurs d’airs silencieux
parfois il fait un peu chaud mais le vent est traversant
la cantine c cool de manger avec les copines