“Écoutez-nous tant qu’il est encore temps” : les Jeunes Agriculteurs de La Réunion s’adressent aux consommateurs

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Face aux critiques persistantes visant le monde agricole local, les Jeunes Agriculteurs Réunion prennent la parole. Dans une lettre ouverte poignante, rendue publique cette semaine, ils s’adressent directement aux consommateurs réunionnais pour défendre leur métier, leur engagement, et leur vision d’une agriculture péi à préserver.

Une parole directe, sans filtre

Dans ce texte au ton volontairement cash et sincère, les jeunes exploitants répondent à une série de remarques souvent entendues : oui, les prix ont augmenté, oui, certains touchent des indemnisations après les cyclones, oui, on voit des pick-up et des tracteurs sur les routes. Mais au-delà de ces constats, ils rappellent que l’agriculture locale est un combat quotidien, loin d’un quelconque enrichissement personnel.

Voici leur message, en intégralité :


“Ce que j’ai à vous dire sur notre agriculture péi.”

Lettre ouverte aux consommateurs réunionnais

Oui, le prix des fruits et légumes péi est plus élevé aujourd’hui qu’hier.

Oui, nos produits sont parfois plus chers que ceux venus d’ailleurs.

Oui, certains agriculteurs seront indemnisés pour leurs pertes après le cyclone Garance.

Oui, des assurances existent, et ceux qui ont eu les moyens de s’en offrir verront une partie de leurs réparations prises en charge.

Oui, vous voyez des pick-up sur nos routes.

Oui, des tracteurs roulent sur la 4 voies pendant la campagne canne.

Mais…

Mais l’agriculture péi, ce n’est pas un caprice ni un passe-temps. C’est un métier. C’est une vie. C’est le quotidien de femmes et d’hommes qui se lèvent chaque matin pour nourrir cette île.

C’est une agriculture qui tente de payer ses salariés, ses charges, ses factures au prix de la vie à la Réunion.

C’est une agriculture qui refuse de produire des légumes calibrés mais sans goût, des fruits brillants mais vides de sens.

C’est une agriculture de petites exploitations, sur des terrains escarpés, difficilement mécanisables, où chaque kilo produit est un combat.

C’est une agriculture qui ne se fait pas avec de la main-d’œuvre sous-payée à l’autre bout du monde.

C’est une agriculture qui subit, année après année, des sécheresses, des cyclones, des pertes, des retards d’indemnisation, des découragements. Et malgré tout ça, elle continue.

Quand un cyclone passe, certains perdent leur maison. Nous, lorsque ça arrive, on perd notre maison et notre emploi. Et contrairement à d’autres, nous n’avons ni salaire garanti, ni aide immédiate pour relancer notre activité.

Les indemnisations ? Parfois un an d’attente pour quelques centaines d’euros.

Certains sont propriétaires, d’autres locataires, les charges s’accumulent et doivent être payées, les délais ne sont pas extensibles indéfiniment.

Essayez de faire vivre une famille avec ça.

Vous voyez un pick-up ? Nous voyons un outil de travail, le seul capable d’atteindre certains champs.

Vous trouvez nos produits chers ? Nous voyons des personnes pleurer pour une salade à 2€, puis acheter des produits transformés, sucrés, importés, sans cligner des yeux avant de repartir du supermarché en voiture tunée.

Vous critiquez les remorques sur la 4 voies ? Nous y voyons une filière canne qui fait vivre des milliers de Réunionnais, les éleveurs voient un moyen de nourrir les bêtes, et d’épandre leurs effluents d’élevage afin de fertiliser les champs, les entreprises voient une source d’énergie.

Si l’agriculture péi meurt, ce ne sont pas que des produits qui disparaîtront. Ce sont des champs remplacés par des immeubles. Ce sont des paysages défigurés. Ce sont des familles effacées. Ce sont des libertés perdues.

Vous comptez sur les importations ? Sans agriculture locale pour équilibrer les prix, qui se fera de l’argent sur votre dos ? Les lobbys, les pays étrangers, l’État.

Aujourd’hui, nous pleurons avec vous. Car oui, le prix est devenu difficile à supporter.

Mais posez-vous les bonnes questions :

Souhaitez-vous encore d’une agriculture réunionnaise ?

Souhaitez-vous encore de nos produits, de notre savoir-faire, de notre terre nourricière ?

Souhaitez-vous encore que nos enfants puissent grandir ici, sur leur île, en continuant à la faire vivre ?

L’agriculture péi vous parle. Écoutez-la tant qu’elle existe encore.

Pour que l’agriculture péi ait un avenir.


Une interpellation qui dépasse la question des prix

En pleine tension sociale sur le pouvoir d’achat et l’alimentation, cette lettre remet sur la table des sujets essentiels : la souveraineté alimentaire, le respect du travail agricole, la cohésion entre ceux qui produisent et ceux qui consomment. Elle invite à dépasser les clichés, à regarder la réalité du métier, et surtout, à choisir : voulons-nous encore d’une agriculture locale ?

Les Jeunes Agriculteurs lancent le débat. À chacun maintenant d’écouter.

 

4 Commentaires

  1. C’est mieux de consommer des légumes et fruits de notre pays , car les légumes arrivant de chine sont bourrés de chimique , l’ail importés de chine avec énormément de fourmis à l’intérieur, bien sûr c’est des fourmis qui proviennent de la chine et les carottes énormes toujours bourrés de chimique , moi je dis il faut consommer locale , car les produits de l ‘ extérieur sont entrain de nous faire tomber malades , regardez tous les cancers qui tuent chaque jours , on paie pour nous empoisonné. Même la viande n’est plus bonne comme avant . Courage aux agriculteurs de la réunion.

  2. Dites moi dans quel pays les fruits et légumes sont plus chers que ceux qui sont importés? Toute l’année y’a toujours une augmentation et cela avec ou sans changement de climat, vous allez me faire croire qu’ici banane 7 eur kilo ? Vous, êtes tous, des voleurs au moindre changement du temps et de votre humeur vous êtes comme la bourse, oignon et ail y sort ailleurs y dit ç est à cause du temps, bandes de merdeux après dites surtout il faut consommer local

  3. Oui, votre travail est difficile, oui vous roulez en 4×4, vous avez choisi votre métier, vous vivez des Fonctionnaires, pas des Réunionnais, vous abusez sur les prix alors que vous êtes subventionnés pour la moindre problématique (pas d’eau, trop d’eau, trop de vent, trop de pluie, trop de sécheresses ect… À chaque problème « on va arrêter «  et sa continue, y a les subventions. Combien de travailleurs « au Blak «  ? Mal payés. C’est pour ça qu’il n’y a plus personne, couillons n’a pu. Si vous êtes plus capable de baisser vos prix, les réunionnais vont continuer à acheter de l’export. 2€ une salade ( rappel : 13 francs, 15€ le kilo de mangue : 98 francs) ça c’est une réalité. ALORS SI ZOT LE PU CAPAB, ARRÊTE.

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