La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Saint-Denis a en effet tranché ce mercredi 28 mai : le chauffeur-livreur impliqué dans l’affaire du trafic de zamal piloté par Bertrand De Boisvilliers ne sera pas incarcéré.
Le parquet, qui avait contesté son placement initial sous contrôle judiciaire, a vu son appel rejeté.
L’homme se prénomme Saïd , il est chauffeur-livreur, et soupçonné d’avoir convoyé en avril dernier 147 kilos de zamal et 300 grammes de résine de cannabis jusqu’au port de Sainte-Marie, pour les remettre à Bertrand De Boisvilliers. Pour ce service à haut risque, il espérait empocher 2 000 euros, qu’il affirme n’avoir jamais reçus.
Une livraison au cœur d’un réseau bien rôdé
Les faits s’inscrivent dans un vaste réseau d’exportation de stupéfiants à destination de l’île Maurice, démantelé par l’OFAST et les gendarmes de la Section de Recherches de Saint-Denis. Le 4 avril, la tentative de transfert en mer à bord de l’Abyss, bateau appartenant à De Boisvilliers, a été avortée grâce à une intervention des gendarmes à quai. Le chargement, estimé à plus de 4 millions d’euros, n’a jamais quitté l’île.
Un dossier lourd, mais un rôle secondaire reconnu
Saïd M. n’était pas un inconnu du réseau. Il aurait réalisé plusieurs livraisons sur demande d’un agent de sécurité au GHER, contre des sommes modestes, de l’ordre de 300 euros. Pourtant, les juges ont considéré qu’il ne jouait qu’un rôle ponctuel et secondaire, à l’opposé des principaux organisateurs.
Un trafic transfrontalier, sous haute surveillance
L’enquête, amorcée dès 2023, a bénéficié d’un signalement des autorités mauriciennes après l’interception d’un bateau transportant zamal et armes. Elle a permis d’identifier un noyau dur composé, entre autres, de Bertrand De Boisvilliers, ex-directeur de cabinet à Sainte-Suzanne, de Yann H., porteur des sacs, et de Guito L., employé à la Région. Tous sont actuellement incarcérés.
Une décision qui ne fait pas l’unanimité
Malgré les réquisitions du parquet pour un placement en détention provisoire, les magistrats ont maintenu la liberté sous contrôle judiciaire de Saïd M., sans doute en raison du temps écoulé et de la gravité moindre de son implication. L’intéressé, visiblement ébranlé, a exprimé ses regrets lors de l’audience selon nos confrères de Zinfos974.



Il pourra continuer en attendant son procès. Après on parle de la lutte contre la narcotrafique