Détournement de plus de 400 000 €, sexe, mensonges et vidéos au CNARM

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C’est une information freedom.fr. Rien ne va plus au CNARM (Comité d’Accueil et d’Actions pour les Réunionnais en Mobilité) ? Le CNARM qui vient de souffler ses 60 bougies (voir notre photo de Une, photo d’illustration/Archives).

DGS (Directeur Général des Services) viré ! Cheffe comptable virée ! Secrétaire général viré ! « Fautes graves » retenues pour les trois personnes licenciées. Deux DGA (Directrices Générales Adjointes) cumulant plusieurs dizaines d’années d’ancienneté mises au placard ; Détournements de fonds publics de plus de 400 000 euros. Une plainte auprès de la Procureure de la République a été déposée par le nouveau président Bernard Picardo, en poste depuis août 2014. Il a succédé à Adèle Odon, conseillère départementale de Saint-Paul, qui était restée quelques mois seulement à la tête du CNARM.

Le climat serait « pourri » au sein de la boîte. La présidence repose sur deux personnes (une dame et un homme) dont les compétences sont sérieusement remises en cause par les autres personnels. Il est question « d’ascension fulgurante» pour celle qui ferait aujourd’hui fonction de directrice générale sans qualifications professionnelles afférentes. On parle de « promotion canapé ». C’est un peu la débandade. Une pétition circule actuellement réclamant l’intervention du conseil d’administration.

Bref, dysfonctionnements tous azimuts au sein de cet organisme sur lequel planche actuellement la Chambre régionale des comptes (CRC). Laquelle devrait rendre son rapport définitif d’ici à la fin de cette année. En tout, ça ne sent pas bon du tout !  Malgré cela, le président Picardo garde l’espoir de « remettre sur rails cette belle machine » qui envoie, chaque année, environ 1 500 Réunionnaises et Réunionnaises se former dans l’hexagone, avant de s’y insérer professionnellement et concrétiser ainsi leur projet de vie. A noter que le CNARM fonctionne avec un budget annuel d’un peu plus de 12 millions d’euros, financé par le Département (un peu moins de 7 millions d’euros) ; Le reste provenant du FSE (Fonds social européen).

« Cabo raide la point la raison »

Depuis ces derniers jours, des mails « bizarres » circulent au sein du CNARM qui emploie, ici et dans ses antennes métropolitaines, une quarantaine de personnes. Des mails parmi lesquels celui du DGS, récemment licencié. Ce dernier n’y va pas de main morte. Son mail adressé le 27 août dernier à 6h43 du matin au président Bernard Picardo et aux membres de la direction est tout cru. Il semble avoir été vraiment inspiré. L’ancien DGS explique que l’employée qui fait aujourd’hui la pluie et le beau temps au sein du CNARM a été sa « maîtresse » durant plusieurs années, que celle-ci passait parfois plus de quatre heures par jour dans son bureau (celui du DGS) quand ce n’était pas dans les petits hôtels de Saint-Denis. Le DGS dresse un tableau pas très « catholique » de cette personne sur laquelle se repose aujourd’hui le président. «Je pourrai vous fournir : Échanges de SMS, Détails croustillants sur la nature de notre relation, Photos intimes de la personne concernée, Vidéos de nos ébats… », propose-t-il à Bernard Picardo.

L’ancien DGS poursuit : « Je reste bien entendu à votre entière disposition pour vous transmettre, au fil de l’eau, ces éléments. Lorsque la relation a pris fin, il y a environ un an juste à votre nomination, Mme… m’a annoncé sans détour qu’elle chercherait à se venger.

Depuis, elle n’a cessé de déployer rancune et machinations : manipulation des personnes, instrumentalisation d’informations internes, et transmission ciblée de données , non par souci de transparence, mais uniquement dans le but de me nuire.

Il faut également noter que bien qu’elle ne dispose d’aucun mandat formel ni de responsabilités officielles dans ces domaines, Mme… bénéficie d’un accès élargi à des informations sensibles (RH, stratégiques et financières) depuis plusieurs mois et intervient dans des décisions qui dépassent largement son périmètre. Cette situation pose un véritable problème de gouvernance et de sécurité juridique .

Qu’on ne s’y trompe pas : ses agissements ne relèvent pas d’un quelconque sens du devoir ou de compétence car elle sait s’approprier le travail des autres. Ils proviennent uniquement d’une démarche de vengeance personnelle préméditée Tout son parcours dans notre institution repose sur la manipulation, le calcul et le chantage, et non sur le mérite ou les compétences. Son parcours a été exactement le même dans une autre entreprise… ».

Ce mail de l’ancien DGS est aujourd’hui entre les mains de tout le personnel et de tous les membres du CA. L’auteur termine sa missive de façon très « poétique » en écrivant : « Monsieur le Président, mieux que moi, vous connaissez les faiblesses qu’un homme de pouvoir a envers son assistante… Cabo raide la point la raison ! ». Nous nous sommes gardés bien évidemment de vous dévoiler tout le contenu du mail ainsi que les noms des personnes mises en cause.

Le CSE (Conseil social et économique) du CNARM a également reçu ce mail ainsi que la pétition que font circuler les salariés. La réponse du CSE (le 4 septembre à 12h27) a été on ne peut plus prudente : «Chers collègues, nous tenons à vous exprimer notre profonde gratitude pour votre mobilisation et votre engagement suite aux échanges récents.

Cette initiative d’adresser nos préoccupations au Président et aux Administrateurs du CNARM témoigne de notre attachement à notre association et de notre volonté de contribuer à son avenir. Nous sommes conscients de l’importance des différentes remarques et de votre implication.

Notre démarche commune a permis de mettre en lumière des points essentiels et de susciter une réflexion constructive pour la pérennité de nos emplois. Nous vous assurons que nos préoccupations ont été entendues et prises en compte.

Les administrateurs ont pris connaissance de ces préoccupations et ont réagi immédiatement avec une grande attention. Ils ont notamment souligné :

  • Leur engagement à soutenir la mission du CNARM dont l’utilité sociale, son impact social et économique sur le territoire est une évidence et une fierté
  • Leur volonté de clarifier rapidement les points de gouvernance de notre institution.
  • Leur reconnaissance du travail et de l’investissement de chacun.

Ils se sont engagés à s’organiser et à nous donner des éclaircissements sur les objectifs stratégiques afin de réunir les conditions favorables à la pérennité du CNARM. Nous vous tiendrons informés des prochaines étapes et des décisions qui seront prises. Nous vous remercions sincèrement pour votre contribution. Votre engagement est une force pour notre association. Nous sommes disponibles pour toute question ou information complémentaire et nous restons toujours à votre écoute. Bien à vous ! ».

Cette situation pour le moins « bordélique » à tous les niveaux est connue du conseil d’administration depuis plusieurs mois déjà. Rappelons que le CA est composé de : de Bernard Picardo, d’Adèle Odon, Philippe Nativel, Jacques Gilles, Erick Fontaine, Nicole Hoyez Pitou, Thérèse Ferde, Valérie Françoise Rivière, Wilfrid Bertile, Ibrahim Dindar, Pierre Heideger, Jean-Luc Poudroux, Fabiola Lagourde, Jean-Patrice Malard, Frédéric Masseaux, Wilda Esparon, Nadine Gironcel-Damour, Denise Hoarau, Nassimah Dindar, Cyrille Melchior, Gilbert Rivière et d’Eric Leung.

Malaise social et climat délétère : le président Picardo promet de « mettre de l’ordre »

Les agents du CNARM grondent. Ils accusent leur président de « jouer au DG bis, avec les mêmes avantages, et d’entretenir un système de passe-droits et de petits arrangements ». Certains évoquent même « des déjeuners bien arrosés où Picardo s’affiche ostensiblement avec sa protégée, comme pour asseoir une légitimité officieuse ».  Les salariés parlent « d’un climat toxique, d’un management à deux vitesses : d’un côté, des cadres expérimentés réduits au silence ; de l’autre, un duo de protégés qui fait règnent en maîtres ».

Contacté ce vendredi matin, 5 septembre, le président Bernard Picardo, qui a pris le relais depuis l’année dernière, explique «qu’il y a eu beaucoup de laisser-aller ces dernières années au sein du CNARM ». Il précise, qu’avec la collaboration du conseil d’administration, avoir lancé un audit à son arrivée à la tête du CNARM. «Les éléments recueillis, notamment le constat du détournement de fonds, font que nous avons immédiatement enclenché une procédure conformément au règlement en déposant plainte auprès de la Procureure de la République. Une enquête est en cours. Dans la foulée, nous avons enclenché des procédures de licenciement pour fautes graves à l’encontre du DGS, du secrétaire général et de la cheffe comptable ».

Quant à la « maîtresse » de l’ancien DGS qui, selon les employés, aurait obtenu sa promotion professionnelle « fulgurante » sur canapé, au point d’être une « DGS bis » aujourd’hui avec le président, Bernard Picardo indique que cette dernière a déposé plainte pour diffamation contre l’ancien DGS. Bernard Picardo reconnaît s’appuyer sur elle et sur le nouveau responsable RH (un ancien de la Région) «mais aussi sur les autres salariés » pour «remettre la machine sur de bons rails».

Le président, dont le mandat s’achèvera l’année prochaine, se veut optimiste : «nous allons mettre de l’ordre au CNARM». C’est tout ce que lui souhaite le personnel, qui se permet toutefois d’émettre des doutes. « Entre détournements d’argent, coucheries assumées, promotions de salon et règlements de comptes, c’est l’image même du CNARM qui est en train de s’effondrer », les salariés réclament « un président, un CA et un management digne de ce nom ». D’où leur interrogation : « le CNARM peut-il encore être sauvé ? » Réponse de Bernard Picardo : « on va y arriver ». A suivre !

 

 

Yves Mont-Rouge

montrougeyves@gmail.com
Téléphone : 0692 85 39 64

13 Commentaires

  1. La description ressemble à ce que l’on a vécu à Saint Benoît. Les élus ont besoin de s’entourer d’incultes pour mieux détourner l’argent public. Le contrôle de la légalité laisse passer des recrutements abusifs, sans diplôme ni concours. Un ou une DGS sans moralité et probité entraîne toute l’organisation dans sa chute. On oublie qu’un lieu de travail est un gagné pain et non pas un bordel!

  2. j’ai honte pour les maris de ces femmes « promotion canapé « , surtout que bon nombre connait la vie de certains élus et leurs maîtresses… ça pue tout cela! quelle image donnez vous à vos enfants avec tous ça batard i né hors mariage et que zot la honte i porte zot nom! certains (nes) se reconnaîtrons ! ! !

    • Y fane zot l’eau partout. Les maîtresses lé bien mieux lotie que la fanm mariée. Y accepte pou pas perde toute. Sauf que si le boug la casse la pipe et que lé endetté le fisc y connait pas la maîtresse. Toute ce z’histoire de sub ; qui y mette pas dan zot poche ? Zot va mette lo chatte veille la graisse. Le pti créole li saute la mer aller fait son vie ailleurs au détriment de tous ces baiseurs d’paquets. Dis seulement la source y coule pi (sub) ou trouvera pi ein terla.

  3. Déjà il faut nettoyer ces tuteurs complices d’élus Quand ça pète le scandale ils découvrent ! Complice de toujours ces torchons de billets € ! Quelle honte a se faire canarder ! Ôté créole ouvre le yeux si ou plaît sorte dan fenoir ! Mais vu le Qi n’a encore a atteindre le sommet

  4. Franchement plein le cul a lire ces faits divers , encore et encore , le peuple ne sait plus a qui faire confiance , je me présente au municipal bientôt et mon parti s’appellera  » partouzes  » au moins tous le monde goute ! Pas de jaloux, pas d’adultère, on partage le vrai vivre ensemble ! Et personne va la barre , une complicité universelle

  5. J’ai regardé la photo, j’ai lu la liste des membres, j’ai reconnu quelques experts en navigation là dedans, un jour dans telle administration publique, un autre jour dans telle société… de vrais collectionneurs de postes bien rémunérateurs. Mais quelle honte !

  6. Et allez, un autre scandale péi. Mais jusqu’à quand les honnêtes gens vont-ils tolérer ce type de pratiques. Il y en a vraiment marre. Entre corruption, histoires de fesses,marchés truqués,avantages indûs,copinage,incompétence,vous croyez vraiment que c’est une belle image de LA (pauvre) RÉUNION. que l’on renvoie?Quelle honte. PICARDO pérennisera le système et le contribuable paiera. Aujourd’hui une personne honnête ne peut pas faire de politique, le système est totalement vérolé.

    • Ha! Vous avezremarqué aussi? Ces « indispensables « ont tellement de casquettes tellement de responsabilités c’est à se demander s’ils trouvent encore un temps pour se reposer ou même dormir ! Ils ne partagent rien. A part peut-être le canapé ? Si d’aventure ces postes étaient un jour rétrocedés (rêvons un peu) cela fera pour sûre, baisser sérieusement le chômage a la reunion.
      NEPAL TU NOUS FAIS RĒVER!!

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