Chikungunya : 800 contrats PEC mobilisés pour endiguer l’épidémie à La Réunion(VIDÉOS & PHOTOS)

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La Possession, le 15 mars 2025 — Ce mardi après-midi, le préfet de La Réunion, Patrice Latron, le directeur général de l’ARS, Gérard Cottelon, et le premier adjoint au maire de La Possession, Christophe Dambreville, se sont rendus sur le terrain pour rencontrer des agents en contrat PEC mobilisés dans le cadre de la lutte anti-vectorielle. Ces derniers étaient à pied d’œuvre dans les espaces verts, menant des opérations de débroussaillage et de nettoyage autour de l’école André Malraux. L’objectif : éliminer les broussailles et autres zones propices à la prolifération des moustiques, principaux vecteurs du chikungunya.

Cette visite illustre l’ampleur des moyens déployés par l’État pour contenir l’épidémie, en s’appuyant notamment sur un dispositif clé : les contrats aidés PEC, devenus une véritable force d’intervention citoyenne.


800 contrats PEC financés par l’État, en priorité sur le terrain

Depuis décembre 2024, l’État a financé un premier contingent de 400 contrats PEC (Parcours Emploi Compétences), pris en charge à 65 %, soit le taux maximal prévu par les dispositifs nationaux. Ces postes, spécifiquement dédiés à la lutte anti-vectorielle (LAV), ont été répartis dans les communes volontaires afin de renforcer l’action de proximité contre les moustiques.

Face à la dégradation de la situation sanitaire, le préfet Patrice Latron a annoncé la mobilisation de 400 contrats supplémentaires, également financés à 65 %, pour une durée de six mois. Au total, ce sont donc 800 agents PEC qui sont mis à disposition des collectivités.

Une majorité d’entre eux est affectée dans les espaces verts, particulièrement exposés au développement des gîtes larvaires. « Ces équipes interviennent dans des conditions parfois difficiles, sur des terrains escarpés, broussailleux, voire insalubres ou proches des écoles », a souligné le préfet. « Leur rôle est essentiel : ils suppriment les gîtes larvaires, collectent les déchets, et traitent les zones à risque. »


Des agents en première ligne… et prioritaires pour la vaccination

En raison de leur exposition directe au virus, les agents PEC bénéficient d’un accès prioritaire à la vaccination contre le chikungunya. Une première mondiale, déployée à La Réunion depuis le début du mois de mars. Initialement réservée aux majeurs, la vaccination est désormais accessible à partir de 12 ans, bien qu’elle reste contre-indiquée pour les femmes enceintes et les nourrissons.

« Ces femmes et ces hommes sont en première ligne. Il est donc naturel qu’ils bénéficient de la même protection que les professionnels de santé », a déclaré Gérard Cottelon.


Un engagement sans précédent : humain, technique et financier

En complément des contrats PEC, l’État a doublé les effectifs de la lutte anti-vectorielle de l’ARS, passés de 100 à 200 agents. De plus, le Service Militaire Adapté (SMA) a été sollicité : 120 jeunes Réunionnais sont actuellement mobilisés pour renforcer les actions de terrain.

Cet effort coordonné réunit l’ensemble des acteurs publics locaux : préfecture, ARS, communes et partenaires. « L’action publique, ce n’est pas seulement l’État. Ce sont aussi les communes, les agents, les partenaires, tous engagés pour protéger la santé des Réunionnais », a rappelé Patrice Latron.


Moustiquaires, prévention et mobilisation citoyenne

L’ARS a commandé entre 8 000 et 16 000 moustiquaires, destinées à être distribuées dans les PMI et maternités pour protéger les femmes enceintes et les nourrissons, actuellement exclus de la vaccination.

Les autorités appellent l’ensemble de la population à maintenir une vigilance active : élimination des eaux stagnantes, utilisation de répulsifs, pose de moustiquaires et adoption de gestes barrières restent indispensables pour enrayer la propagation du virus.


Conclusion

Face à une épidémie qui touche tous les milieux de la société réunionnaise, l’État déploie une réponse globale fondée sur une alliance entre moyens humains, techniques et financiers, avec une priorité affirmée : protéger les plus vulnérables.

©RAPHAEL GAUVIN

 

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