Le verdict est attendu ce soir devant la cour d’assises de Saint-Denis.
Istrid Jean-Patrick et Anthony Malbrouck comparaissent pour l’assassinat de Brice Hibon Henriette, abattu de trois coups de fusil à pompe en mars 2023 à Saint-André.
Deux jours d’audience intenses, marqués par une forte émotion, des témoignages bouleversants et les regrets exprimés par les deux accusés, qui encourent la réclusion criminelle à perpétuité.
Retour sur ce procès qui touche à sa fin avec Bastien Arnaud
Poursuite du procès aux assises : Amir Brice Hibon-Henriette, tué de trois coups de fusil en mars 2023 à Saint-André
Un procès qui devrait se poursuivre jusqu’à mardi prochain devant la Cour d’assises de Saint-Denis où comparaissent les frères Malbrouck Jean-Patrick, l’aîné, et Anthony, le cadet. Le premier, 46 ans, étant accusé d’avoir, le samedi 11 mars 2023 aux environs de 13h30, tiré trois coups de fusil, sur Brice Hibon Henriette, 26 ans, pour venger son petit frère Anthony, 40 ans. Un drame qui s’est produit à quelques mètres du domicile de la victime et de ses parents, chemin Bois-Rouge à Cambuston (Saint-André) sous les yeux de plusieurs témoins.
Après avoir été violemment percuté par le véhicule des frères Malbrouck, Brice Henriette, qui circulait à moto, s’est retrouvé par terre, blessé. Il a alors été abattu à bout portant de trois coups de fusil par ses agresseurs qui ont, aussitôt, pris la fuite. Les deux frères Malbrouck « Titi » et « Kéké » étaient allés se rendre à la police le jour même, dans l’après-midi. Ils ont été déférés au parquet de Saint-Denis, le lundi 13 mars, puis écroués.
La justice se donne trois trois jours pour comprendre ce qui s’est réellement passé ce samedi 11 mars 2023, les raisons pour lesquelles Jean-Patrick Malbrouck en est arrivé à commettre l’irréparable. Est-ce un règlement de comptes sur fond de conflit familial ? On en saura plus d’ici à mardi prochain.
Ce vendredi après-midi, 15 mars 2025, au moment de témoigner à la barre, la petite sœur de feu Brice Henriette a fait un malaise. Les pompiers ont été appelés sur place. La salle du tribunal a dû être évacuée le temps de l’intervention des secouristes.
Le procès s’est ouvert ce vendredi 14 novembre
La mort de Brice Hibon Henriette plonge sa famille dans une profonde émotion. Lors de la première journée d’audience, le choc est palpable : les proches du jeune homme éprouvent une vive douleur face à la gravité des accusations et à la perspective d’un long combat judiciaire.
Toute la question est de comprendre ce qui a bien pu déclencher un tel accès de violence chez Patrick Malbrouck, directeur d’une association de réinsertion, avec la possible complicité de son frère Anthony, responsable d’une entreprise de charpente métallique.
Une rencontre sous haute tension
Ce drame survenu le 11 mars 2023 ne s’est pas produit sans antécédent : un premier incident, survenu environ une heure et quarante-cinq minutes plus tôt près du collège Cambuston, aurait mis le feu aux poudres et conduit à la tragique mort de Brice Hibon Henriette.
Il est un peu plus de midi, ce 11 mars 2023. Anthony Malbrouck, tout juste remis d’un infarctus subi une semaine plus tôt, quitte pour la première fois son domicile.
Stationné calmement près du collège Cambuston, il attend une cousine avec qui il a rendez-vous. Mais avant elle, c’est Brice Hibon Henriette qui surgit soudainement au guidon de son TMAX, se positionnant au niveau de sa voiture.
Selon la cousine, témoin direct de la scène, tout s’est ensuite enchaîné très vite :
« J’ai vu quelqu’un gesticuler devant la portière. Il a frappé Anthony à travers la vitre. J’ai crié. L’homme m’a regardée et j’ai pris peur. »
Profitant de cette brève diversion, Anthony serait parvenu à s’échapper.
La jeune femme raconte ensuite avoir vu le motard ouvrir le coffre de son scooter « pour y prendre quelque chose » avant de faire le tour du parking et de repartir à la poursuite d’Anthony, comme elle l’a observé dans son rétroviseur en quittant les lieux.
Elle ignore si l’objet saisi était effectivement une arme, comme le prétend son cousin.
Un détail, toutefois, retient l’attention des enquêteurs : les analyses toxicologiques ont révélé que Brice Hibon Henriette se trouvait sous l’emprise de cocaïne au moment des faits, ce qui pourrait expliquer son agitation.
Des images qui confirment, mais ne tranchent pas
Les déclarations de la cousine ont été confirmées par les vidéosurveillances recueillies par la police, lesquelles retracent l’essentiel de la scène de violence.
Mais ces enregistrements ne permettent pas de déterminer avec certitude si Brice Hibon Henriette était armé.
Le directeur d’enquête rapporte qu’Anthony Malbrouck a été clair sur ce point :
« Il a affirmé avoir été poursuivi par Hibon sur son scooter, une arme à la main. »
Cette altercation devant le collège ne serait pas à l’origine du conflit entre les deux hommes, mais plutôt le point de non-retour d’une rivalité ancienne, aux causes encore floues.
Des mobiles incertains
Les enquêteurs ont exploré plusieurs pistes pour comprendre le mobile du drame, sans parvenir à une conclusion définitive.
« Il a été question d’un racket de bague qu’Anthony aurait exercé sur Brice lorsqu’il était adolescent », avance un policier.
Une autre hypothèse évoque une partie de poker où le père de Brice aurait tenté de s’emparer des gains, provoquant la colère d’Anthony.
Le président de la cour d’assises reste sceptique : « Cela semble artificiel », commente-t-il, tandis que le major de la crime admet : « Nous n’avons rien trouvé d’autre. »
Un silence pesant et des témoignages accablants
L’enquête a été compliquée par le silence de nombreux habitants de Cambuston, réticents à s’exprimer « à cause de la famille de la victime », selon le major.
Malgré tout, certains témoignages dressent le portrait d’un homme craint dans le quartier :
« Plusieurs personnes ont parlé d’un caïd, souvent armé et consommateur de stupéfiants », indique l’enquêteur.
Un témoin raconte un conflit marqué par des jets de pierre et des violences physiques, tandis qu’un autre évoque l’incendie inexpliqué de sa voiture.
Le gérant d’une station-service a également dénoncé des pratiques d’intimidation :
« Hibon faisait le plein sans payer et prenait des articles dans la boutique pour environ 1 200 euros par mois. »
L’avocat Me Jean-Jacques Morel cite même les propos du commerçant :
« Il disait avoir peur de lui, qu’il était dangereux, qu’il n’avait jamais rencontré quelqu’un d’aussi mauvais, qu’il était le diable en personne. »
Des comportements similaires ont été rapportés par d’autres victimes, notamment un gérant de snack-bar menacé après avoir simplement demandé un règlement.
« La victime était régulièrement armée, selon plusieurs témoins, même si aucune arme n’a été retrouvée », conclut le policier.
Un drame sur fond de peur et de rancune
Entre vieilles rancunes, climat d’intimidation et explosion de violence, l’affaire Malbrouck–Henriette illustre une spirale tragique où tensions personnelles, peur et ressentiment ont fini par conduire à l’irréparable.
Les juges devront désormais trancher entre la version d’une agression subie et celle d’une vengeance préméditée, dans une affaire où la frontière entre victime et bourreau s’avère bien difficile à tracer.
La famille, présente au tribunal, témoigne aujourd’hui de sa souffrance et de son incompréhension. Les visages sont marqués par la tristesse, et les mots peinent à sortir. Certains membres ont eu peine à contenir leurs larmes, pris entre le besoin de justice et la blessure du deuil. Ces premiers instants en audience montrent à quel point cette épreuve est éprouvante, d’autant plus que les détails de la tragédie continuent à peine de se dévoiler.
Dès l’ouverture des débats, les proches ont exprimé leur volonté que toute la vérité soit faite. Ils attendent des réponses précises sur les circonstances de la mort de Brice, sur les responsabilités des accusés, et sur les motivations qui ont pu conduire à un acte aussi brutal. Le sentiment d’injustice domine : au-delà de la peine, c’est la dignité de Brice que sa famille veut préserver dans cet affrontement judiciaire.
Durant cette première journée, l’audience a été ponctuée d’émotions silencieuses. Pour la famille, il s’agit d’un moment crucial : poser le socle de leurs revendications, faire entendre leur voix, et lancer officiellement la quête de justice. La sœur de la victime a également voulu témoigner, mais a été prise d’un malaise à la barre. Le président a donc interrompu l’audience le temps qu’elle soit prise en charge par les pompiers.
La compagne de la victime le dépeint comme un père attentionné et bienveillant. Elle précise qu’ils étaient parents de deux enfants, la plus jeune étant née après les faits. Interrogée sur la réputation de son conjoint, elle répond que « ce sont les témoins de la partie adverse qui ont affirmé cela », avant de préciser : « Je n’ai jamais eu connaissance de quoi que ce soit depuis le début de notre relation, et nous sommes ensemble depuis 2018 ».
La médecin légiste est ensuite appelée à témoigner. Elle précise que les analyses toxicologiques réalisées sur les deux frères ne révèlent aucun élément notable, tandis que celles de la victime montrent la présence de cocaïne dans le sang. Elle confirme également que trois impacts de balle ont été relevés, tous situés sur le côté droit du corps, alors que les lésions provoquées par le choc se trouvent sur le côté gauche.
Selon elle, les blessures liées au choc, bien que sérieuses, n’auraient pas entraîné la mort. Celle-ci est exclusivement due aux tirs, en particulier à la balle ayant touché la zone du cou. Comme elle l’explique à la cour, « la mort a été presque instantanée ».
Face à la souffrance, la famille de Brice Hibon s’organise, se rassemble et espère que le procès permettra non seulement de comprendre ce qui s’est passé, mais aussi d’apporter réparation — autant que faire se peut — à leur perte.
Le président interrogera les deux accusés lors du deuxième jour du procès. Ils auront alors l’occasion de revenir sur les faits et d’exposer les éléments qui les amènent aujourd’hui à risquer la réclusion criminelle à perpétuité.
Un appel à la paix
Le 20 mars 2023, son père Jean-Louis Henriette avait posté sur Facebook un message appelant « à la paix » :
« Bonjour à tous Moi Monsieur Jean Louis HENRIETTE père de (Amir) Brice HENRIETTE, je prends le temps de vous écrire pour vous exprimer Ma profonde gratitude et mes sincères remerciements, suite au tragique et terrible événement qui nous est arrivé à moi et toutes notre famille. Ma famille et moi ont été agréablement surpris des gestes de soutien et des paroles bienveillantes venue de partout de l’île et de plusieurs générations et de plusieurs communautés. Je vais commencer par remercier les pompiers de Saint-André et le SMUR du GHER de Saint-Benoit, pour leur intervention et leur professionnalisme, ensuite la police municipale, la police Nationale, les GIPN et la cellule psychologique. Puis mes sincères remerciements vont à toutes les communautés tamoules, chrétiennes, et musulmanes, car chacun sont venues et ont été d’un soutien avec des prières avec des actions que je n’aurais jamais imaginé. Je tiens personnellement à remercier Monsieur SOILIHI Sulliman pour avoir rétablie la vérité et dénoncer plusieurs choses.
Je remercie aussi Monsieur Yves MONTROUGE pour avoir pris l’initiative d’appeler et d’être venu chez pour nous présenter ses sincères condoléances et nous a donné la parole avec un très grand professionnalisme et de bienveillance. Puits je tiens à remercier les imams qui sont venus prier avant pendant et après l’enterrement : Monsieur Sidat, Monsieur Ahmad de Saint-André puis l’imam Monsieur Mouhammed YAHYA, l’imam de SAINT BENOIT. Les imams de Saint-Denis. Qu’ALLAH vous récompense pour tout ces bienfaits (inchallah). Je remercie tout les élus et le personnel communal. Tout les motards venus des quatre coins de l’île mille mercis je tiens à remercier tout les amis de Amir (BRICE) paix à son Ame vous êtes beaucoup mais chacun d’entre vous je vous suis très reconnaissant pour vos gestes et vos mots. À toute la communauté comorienne, et Mahoraise, les zarabes, les karanes, les métropolitains, touS les réunionnais, je remercie l’association AMSSA (association des musulmans sunnites de SAINT-ANDRE).
Profonde gratitude à Monsieur Karl MALBROUK qui travaille au département pour votre appel et votre présence et votre soutien sincère car vous vous êtes positionné clairement, et avait dit je cite désolidariser de cette acte de barbarie. Et je terminerai mes remerciements à la Municipalité de SAINT-ANDRE, et Monsieur Le MAIRE Joé BÉDIER. Je souhaite à chacun des gens que j’ai cités de réussir dans tout ce que vous entreprenez et accomplissez chaque jour, nous sommes en deuils veuillez respecter ce moment pour nous recueillir avec notre famille la belle famille de (Amir) Brice HENRIETTE et ses plusieurs amis qui transmettent un message de paix de calme nous faisons confiance à la justice, et au gens compétents qui ont cette affaire entre leurs mains. Je m’excuse auprès des gens que j’ai oublié, je suis très fatigué soyez compréhensifs. Bonne soirée et que la protection Divine soit sur vous. »



C’ est avec beaucoup de respect, mais aussi avec courage que je m’ adresse à Monsieur HENRIETTE Louis dans ce moment difficile, judiciaire que votre famille et vous même traverse en ce moment. J’ exprime avec mes plus profonds regrets, il faut aussi que notre jeunesse change, pour que le mal ne vienne pas les chercher , qu’ il ne croient plus jamais aux manipulateurs. Il y’a un proverbe qui nous dit celui qui donne la roue y rale pas charrette. Mais que la justice fait son travail, tuer quelqu’un où vouloir tuer quelqu’un c’est un acte criminel. Quand on tue, on est un criminel. Mais , il faut changer que votre famille retrouve la sincérité, la prière en vous même pour que vous soyez béni et que vous retrouvez la. paix dans votre âme. Que DIEU VOUS BÉNISSE, MISERICORDEDIEUX MES RESPECTS