Violences : le collectif « STOP délinquance transférée à la Réunion » en a ras le bol et écrit au préfet

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Dans cette lettre ouverte  au Préfet de la Réunion » , ce collectif entend lancer l’alerte rouge à propos de ces personnes qui  » squattent nos résidences en semant la terreur »

Nous vous en donnons lecture.

« Monsieur le Préfet, Depuis février 2024, notre collectif mène des actions de terrain pour alerter les autorités sur la recrudescence inquiétante de la délinquance dans plusieurs quartiers sensibles de La Réunion. Dans ce cadre, nous avons organisé un troisième rassemblement le 25 janvier 2025.

Deux jours plus tard, le 27 janvier 2025, une action sur le terrain a été menée au Moufia, en votre présence ainsi que celle de Madame la Maire de Saint-Denis et de Madame la Procureure. Cette intervention, dans une zone alors fortement touchée par les violences urbaines, a abouti à la mise en place d’un dispositif dit “anti-bandes”, que nous avons initialement salué.

Cependant, cinq mois après, les bandes rivales restent actives et dangereuses pour les citoyens.

Le 26 mai 2025, nous sommes intervenus dans le quartier du Chaudron, à la suite d’un incendie d’un appartement, provoqué par des affrontements entre les groupes Moufia Zoo et B13. Cette intervention a également révélé des faits graves : jets de galets sur les véhicules stationnés au Run Market, et intimidation de squatteurs envers les travailleurs chargés de la maintenance des ascenseurs du groupe d’habitations Chaudron Rex, rendant toute intervention impossible.

Puis, le 12 juin 2025, ce sont les locataires du groupe Adomia qui ont été victimes d’un caillassage massif sur plus de dix véhicules, alors que des squatteurs avaient investi les sous-sols. Ce nouvel épisode de violences a renforcé le sentiment d’abandon des habitants.

Malgré nos sollicitations répétées, aucune réponse concrète n’a été apportée par les élus locaux, ce qui nous a conduits à organiser un rassemblement citoyen le mardi 24 juin 2025 devant la mairie de Saint-Denis. Face à cette insécurité chronique, j’ai, en ma qualité d’administratrice à la Confédération Nationale du Logement (CNL), alerté officiellement CDC Habitat le 25 juin 2025, lors d’un conseil d’administration, sur la nécessité de sécuriser de toute urgence les logements vacants, les parties communes et les sous-sols infestés par la délinquance.

Nos constats de terrain, renforcés par les témoignages directs des habitants, sont sans appel : la violence se déplace de squat en squat (du Chaudron Rex au Chaudron Centre), et s’étend dans des zones telles que Moufia, Prima, Sainte-Clotilde, Trinité, ainsi qu’à Fayard à Saint-André. Malgré nos nombreux courriers restés sans suite, nous réitérons notre détermination à poursuivre nos actions, notamment auprès des bailleurs sociaux.

Nous avons également averti, lors du rassemblement du 24 juin, que les établissements scolaires pourraient devenir les prochaines cibles, si des mesures fermes ne sont pas rapidement prises. Le sentiment d’injustice s’accentue au sein de la population, à l’exemple récent d’un cas de maltraitance animale : des mineurs poussant un chariot contenant 4 chiots dans un carton ont été signalés par des locataires du Chaudron Centre.

Si la police est intervenue, elle s’est contentée de photographier les jeunes sans les interroger sur les faits, ce qui questionne la rigueur des suites données à ces actes. Monsieur le Préfet, la population réunionnaise vit dans la peur quotidienne.

Le rôle des élus locaux est mis en cause : la police municipale doit impérativement remonter les informations à la police nationale, et des sanctions exemplaires doivent être prises. Face à l’inaction institutionnelle, nous avons sollicité le Président de la République. Le 23 avril 2025, une audience a eu lieu avec le Conseiller aux Outre-Mer, la DEETS et le Sous Préfet, au cours de laquelle nous avons présenté nos actions et alerté sur la nécessité urgente :

• de sécuriser les quartiers sensibles,

• de protéger les cantons,

• de réglementer la vente de machettes, réservée aux seuls agriculteurs justifiant leur usage.

• et de sanctionner plus sévèrement les fauteurs de troubles

Nous attendons désormais une réponse claire et écrite de votre part, à la hauteur de l’urgence que nous vivons sur le terrain » conclut le collectif.

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