La 29ème session de la Commission des thons de l’océan Indien (CTOI) s’achève ce jeudi à La Réunion. L’Union européenne est entrée dans les négociations avec une feuille de route visant à défendre ses intérêts de pêche, à promouvoir la durabilité et à combler les lacunes réglementaires.
A cette occasion, une délégation du Parlement européen composée d’Isabelle Le Callennec, Eric Sargiacomo et Željana Zovko a rencontré le commissaire européen aux océans et à la pêche, Costas Kadis, pour répondre aux préoccupations urgentes de la région. Les discussions ont porté sur les défis auxquels sont confrontés les pêcheurs de La Réunion et le besoin urgent de renouveler la flotte dans les régions ultrapériphériques de l’UE. « Nous avons rencontré les représentants du Comité régional des pêches qui ont été très clairs sur leurs revendications. Nous allons plaider à notre retour à Bruxelles, auprès de la DG Mare, la nécessité de donner droit aux pêcheurs réunionnais » explique isabelle le callennec.
La délégation a également rencontré Agnès Pannier-Runacher, ministre française de la Transition écologique, de la Biodiversité, des Forêts, de la Marine et de la Pêche, pour aborder des questions qui seront soulevées en juin à la conférence des nations unis sur les océans à Nice. : l’Accord sur les zones de biodiversité dépassant les juridictions nationales (BBNJ), la pêche illégale, non déclarée et non réglementée (INN) et la création d’aires marines protégées (AMP). La discussion a également abordé le rôle central de l’UE dans la gouvernance régionale et la diplomatie maritime, soulignant la nécessité de stratégies coordonnées pour protéger les écosystèmes marins tout en soutenant les intérêts des pêcheurs et des citoyens de l’UE dans les territoires d’outre-mer.
Rôle géostratégique de La Réunion
Le choix de La Réunion comme hôte de la réunion de la CTOI de cette année revêt une signification plus profonde. En tant que région ultrapériphérique de l’Union européenne, La Réunion représente un territoire légitime de l’UE dans l’océan Indien et sert de base stratégique pour la présence maritime du bloc dans la région. Les pêcheurs locaux de l’île sont des citoyens de l’UE dont les moyens de subsistance dépendent de l’accès à une pêche durable et d’un traitement réglementaire équitable. « Nous devons rester vigilants et veiller à ce que la pêche artisanale de La Réunion et d’autres régions ultrapériphériques reçoive un soutien reel et adéquat de l’UE. » exposent les députés
Les stocks de thon au premier plan
En ce qui concerne les initiatives spécifiques proposées dans le cadre de la CTOI, la position de l’UE s’est concentrée sur la garantie de limites de capture fondées sur des données scientifiques pour les principaux stocks de thon tropical – albacore, thon obèse et bonite – tout en préservant sa part face à une concurrence croissante et à des préoccupations écologique et sociales.
« Nous avons apprécié d’être ici pour comprendre comment se déroulent les négociations entre l’UE et les pays tiers. Notre rencontre avec les pêcheurs réunionnais, la visite d’entreprises, les démonstrations concrètes, ont été très éclairantes. Nous avons la volonté de convaincre la Commission que le renouvellement de la flotte pour les pêcheurs est une priorité » ont déclaré les trois députés européens.




