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Transport de fonds : les syndicats tirent la sonnette d’alarme à La Réunion (Vidéos-Photos)

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Mardi 13 mai 2025, au siège de l’URS CFTC à Saint-Denis, la conférence de presse organisée par l’intersyndicale CFDT-CFTC a mis en avant « des manquements graves » dans le secteur du transport de fonds à La Réunion. Devant notre reporter Karoline Chérie, des représentants syndicaux et des salariés ont pris la parole pour dénoncer « l’état critique des conditions de travail, la vétusté des équipements et l’absence de réaction des autorités compétentes ».

« Véhicules vétustes, sécurité en péril »

« Ce sont des poubelles roulantes », affirme un salarié de Reunival, en évoquant l’état des camions utilisés pour les transferts de fonds. Certains véhicules datent de vingt ans, circulent sans contrôle technique valide et mettent en danger à la fois les convoyeurs et les usagers de la route. D’autres intervenants ont évoqué « le non-respect du décret de 2022 sur le transport banalisé », « des zones de délestage illégales » et des « réparations improvisées sur la voie publique ».

« Pressions, harcèlement, représailles syndicales »

Les témoignages convergent vers un constat alarmant : des salariés sont « poussés à bout », d’autres contraints à « des congés sans solde ou visés par des procédures disciplinaires abusives ». L’un des cas évoqués concerne un employé « harcelé psychologiquement après avoir dénoncé des carences de formation », pourtant du ressort légal de l’employeur. La dénonciation des conditions de sécurité semble désormais constituer un risque professionnel à part entière.

« Dérives économiques » et alertes ignorées

David Balthazar, convoyeur de fonds depuis 24 ans et délégué syndical à la CFTC, a dénoncé publiquement « des pratiques financières douteuses » : « heures non rémunérées malgré délégation validée », « déclarations mensongères à la CGHS concernant un accident du travail », « absence de réponse de l’employeur malgré l’envoi répété de preuves médicales ». « Une alerte économique pourrait être lancée », après l’audit d’un cabinet comptable indépendant mandaté par les élus du personnel.

Trois sociétés visées, des responsabilités partagées

Dans la lettre ouverte adressée au préfet de La Réunion et au procureur de la République, la CFDT et la CFTC citent nommément les sociétés Brinks, Reunival et Keepway. Elles sont accusées de multiples infractions : « non-respect des normes de sécurité (locaux, armes, véhicules, formation) », « emplois de complaisance », « dissociation illégale d’activités fiduciaires », « pressions sur les représentants du personnel », « dissimulation de travail et usage de faux ».

Les documents d’appui, issus d’un « dossier de revendication » structuré et détaillé, ont été transmis à la presse.

Appel à une réaction immédiate

Jean-Yves Hoarau, président de la CFTC, a rappelé que les CRS d’entreprise s’étaient réunis et que des engagements avaient été pris. Aucun n’a été respecté. « La préfecture a réuni sa commission départementale de sécurité, mais aucune enquête concrète n’a suivi. Nous demandons à l’État d’intervenir. Ce qui se passe est dangereux pour les personnels et pour la population. »

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