Tampon : le Collectif Saint Vincent de Paul écrit au maire « face aux menaces de la SODEGIS »

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Le Collectif a adressé un courrier par mail et par voie postale à Patrice Thien Ah Koon, maire du Tampon, à Patrice Latron, préfet de la Réunion, ainsi qu’au directeur de la SEDRE, concernant « la situation injuste et difficile dans laquelle se retrouvent les habitants de la cité Saint Vincent de Paul au Tampon ». Voici le contenu du courrier :

« Nous nous permettons de vous adresser ce courrier au sujet de la situation préoccupante des familles résidant dans la cité Saint-Vincent-de-Paul au Tampon. Selon des informations récentes, ces familles font face à des pressions insistantes, les sommant de racheter les terrains sur lesquels ils vivent depuis plus de 60 ans à des prix inaccessibles, compte tenu de leur situation sociale et de leur précarité.

Des agents de la SODEGIS se rendent régulièrement chez eux en exerçant des pressions psychologiques sur les habitants laissant planer une menace d’expulsion s’ils ne parvenaient pas à racheter les terrains aux prix imposés par la SODEGIS.

Pour rappel, il y a environ 60 ans, l’association Saint-Vincent-de-Paul avait mis à disposition de familles dans le besoin des terrains et des maisons gracieusement, grâce à l’argent récolté durant les quêtes religieuses.Cependant, en 2003, ces terrains ont été vendus à la SODEGIS, société d’économie mixte, sans en informer les habitants, les plaçant ainsi dans une situation d’incertitude quant à leur avenir résidentiel. Il s’agit là d’un grave manquement car les terrains et maisons auraient dû être proposés prioritairement aux familles concernées, ça n’a pas été le cas.

Il est probable qu’à ce moment, les prix des terrains étaient moins prohibitifs et les familles auraient potentiellement pu se positionner pour racheter leurs maisons et terrains. Désormais la SODEGIS leur adresse des courriers afin qu’ils rachètent les terrains à des prix exorbitants. Aujourd’hui, il apparaît que la situation de ces familles est toujours aussi précaire, et les solutions proposées ne semblent pas adaptées à leur réalité socio-économique.

Il est essentiel de rappeler que ces familles ont contribué à la vie et au développement de cette cité pendant des décennies, et qu’elles méritent une attention particulière. Selon nos informations, et nous tenons à votre disposition les documents permettant de vérifier ces éléments, à l’origine l’association St Vincent de Paul a acquis l’ensemble des terrains concernés pour un peu moins de 310€. Aujourd’hui certaines parcelles sont proposées aux familles au prix de 155 000 € ! Aussi, nous sollicitons votre bienveillance pour examiner les mesures suivantes : permettre à ces familles de rester dans leurs logements, en régularisant leur situation locative ou en leur offrant des baux adaptés à leurs ressources; Proposer des solutions d’accession à la propriété à des tarifs raisonnables, en tenant compte de leur situation financière, et en mettant en place des modalités de paiement adaptées.

Il en va de la cohérence et de l’humanité qui étaient au cœur du projet initial de l’association Saint-Vincent-de-Paul. Le projet initial financé parl’Association St Vincent de Paul grâce à l’argent des quêtes avait pour visée d’aider les plus démunis, or aujourd’hui il s’agit d’une trahison des valeurs humanistes originelles. Votre intervention serait un signal fort en faveur de la justice sociale et du respect des engagements pris envers ces familles ».

Yves Mont-Rouge

montrougeyves@gmail.com
Téléphone : 0692 85 39 64

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