Tai Poussam Cavadee : les tamouls célèbrent le dieu Mourouga pendant 10 jours à partir de ce dimanche

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La communauté tamoule de la Réunion fête le Tai Poussam Cavadee, également appelée la fête de 10 jours. Les cérémonies débutent ce dimanche 2 février dans certains temples de l’île, parmi lesquels celui de Petit-Bazar à Saint-André. Elles s’achèveront le mardi 11 février prochain par la grande procession durant laquelle les dévots porteront le Cavadee en l’honneur du Dieu Mourouga.

Rappelons que le Tai Poussam Cavadee et le culte de Mourouga sont des éléments importants de la tradition tamoule, particulièrement chez les hindous d’origine indienne à La Réunion, à  Maurice, en Inde du Sud et en Malaisie.

Le Taipoussam Cavadee est une fête religieuse tamoule en l’honneur du dieu Mourouga, fils de Shiva et Parvati. Elle a lieu généralement en janvier ou février, lors de la pleine lune du mois tamoul de Thai. Cette année à la Réunion, ce sera du 2 au 11 février. C’est une période de pénitence, de purification et de dévotion. Les dévots observent un jeûne de dix jours, s’abstenant de viande et de plaisirs terrestres.

Durant 10 jours, des cérémonies se déroulent au temple et le 10ème jour, les fidèles portent des Cavadees, des structures en bois décorées de fleurs et de plumes de paon, symbolisant le mont Kailash. Les dévots pratiquent également des actes de pénitences extrêmes comme se faire percer la peau, la langue ou les joues avec des aiguilles métalliques. Cela représente leur foi et leur capacité à transcender la douleur. La marche en procession arrive jusqu’au temple où les offrandes de lait et de fruits sont faites à  Mourouga.

Mourouga, une divinité majeure de l’hindouisme

Rappelons également que Mourouga (ou Murugan, Kartikeya, Subramanya, Skanda) est une divinité majeure de l’hindouisme, particulièrement vénérée en Inde du Sud, au Sri Lanka et dans la diaspora tamoule. Il est le dieu de la guerre, de la sagesse, de la jeunesse et de la victoire sur le mal.

Selon la mythologie hindoue, Mourouga est le fils de Shiva et Parvati. Son apparition est liée à  la lutte contre le démon Sourapadman, qui menaçait les dieux et l’univers.

Pour vaincre ce démon invincible, Shiva émet six étincelles de son troisième œil, qui tombent dans le Gange et sont recueillies par six nymphes célestes (les Krittikas). Ces étincelles deviennent six enfants qui fusionnent en un seul être : Mourouga. Ce dernier reçoit une lance sacrée (Vel) de sa mère Parvati pour détruire le démon.

Mourouga est souvent représenté sous la forme d’un jeune guerrier avec plusieurs attributs : le Vel, une lance sacrée qui symbolise la destruction de l’ignorance et du mal; Le coq et le paon : en effet,  son véhicule est un paon, symbole de la sagesse et de la destruction de l’ego. Le coq sur son drapeau symbolise la victoire sur l’illusion.

Dans certaines représentations, ces six visages et douze bras représentent ses capacités à voir et à comprendre toutes les directions et dimensions du monde. Parmi les exploits de Mourouga on peut citer la bataille contre Sourapadman. L’un des récits les plus célèbres raconte comment Mourouga, à  la tête d’une armée divine, combat le démon Sourapadman et ses frères. Après une grande bataille, il divise Sourapadman en deux parties : l’une devient un coq (son drapeau) et l’autre un paon (son vahana, ou monture). Cette victoire symbolise le triomphe du bien sur le mal et est célébrée lors de la fête de Skanda Sashti.

Dans certains textes, Mourouga est aussi vu comme un enseignant de sagesse divine. Il aurait transmis à son père Shiva le secret du mantra «Om», révélant ainsi sa supériorité en tant que guide spirituel. Il est souvent invoqué pour la connaissance, la protection et la force intérieure.

Principaux temples et lieux de culte où on célébre Mourouga sont : Palani (Tamil Nadu, Inde), c’est un des plus grands temples dédiés à Mourouga. Il y a aussi Thiruchendur, Swamimalai, Thirupparankundram, Pazhamudircholai, Thiruparamkunram qui sont considérés comme les e « Six Demeures Sacrées » de Murugan. On peut également citer le temple de Batu Caves (Malaisie), qui est un lieu important pour le festival de Thaipusam.

Vous l’aurez compris, Mourouga est bien plus qu’un dieu guerrier; Il est aussi un symbole de sagesse, de pureté et de victoire spirituelle. Son culte est profondément ancré dans les traditions tamoules et représente un lien fort entre les fidèles et la divinité.

Cérémonies au temple du Petit-Bazar à Saint-André

Au temple de Petit-Bazar gérée par l’association Siva Soupramanien, laquelle est présidée par Guillaume Banoubie, la cérémonie de purification de la cour du temple s’est déroulée dans le courant de l’après-midi du samedi 1er février. Ce dimanche matin, à partir de 6h30, a eu lieu la montée du Cody (Cody etram) suivie du kapou kadutal (amar cap) pour les fidèles qui porteront le cavadee le 11 février. Tous les jours, au temple du Petit-Bazar, se déroulera l’abishegam à partir de 4 heures du matin.

Rappelons que, toujours au temple de Petit-Bazar, ce lundi 3 février, à l’occasion de la 2ème fête, une procession partira du temple (koyil) à 15 heures pour se rendre à Cambuston (chemin Bois-Rouge). Par ailleurs, à l’occasion de la 6ème fête, le vendredi 7 février, la procession partira du temple à partir de 13h30 pour se rendre au temple du Colosse en empruntant l’itinéraire suivant : avenues Île-de-France, des Mascareignes, chemins du Centre, Lagourgue jusqu’au temple du Colosse. Retour prévu par les chemins Ratenon, du Centre, avenues des Mascareignes et Île-de-France.

Le 10è jour (10ème fête), mardi 11 février, les cérémonies débuteront au temple à partir de 2h30 du matin. Ce sera le jour de la grande procession qui réunira plusieurs milliers de fidèles. Départ du temple en direction en direction des berges de la Rivière-du-Mât-les-Hauts (commune de Bras-Panon) à 5 heures. Ensuite, départ de ce site vers 9h30 pour une arrivée au temple prévue vers 12h30.

Yves Mont-Rouge

montrougeyves@gmail.com
Téléphone : 0692 85 39 64

6 Commentaires

  1. Nous l’est cosmopolite ! Un chinois,un z’arabe,un Kaf,un yab,ôté comment le zoreil y rigole pas de tout ce folklore , par contre lu continue d’envahir ! Ôté heureusement que le système est pacifique ! Je les verrai en corse ces sacs a dos

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