Un nouveau samedi a mis en lumière la grandeur de l’Opéra à Saint-Denis. Habitants de Saint-Denis et d’ailleurs, vous étiez plusieurs centaines à vous être déplacés pour admirer l’art lyrique dans toute sa splendeur au cœur du Jardin du Barachois.
Pour cette seconde et dernière soirée, c’est l’histoire d’amour tragique la plus célèbre au monde, Roméo et Juliette, qui a été projetée. Une occasion parfaite pour découvrir ou redécouvrir ce grand classique de Shakespeare, mis en scène par l’Opéra National de Paris.
Ce rendez-vous culturel a su ravir les nombreux curieux venus assister à l’événement.
Pour favoriser l’accès du plus grand nombre aux œuvres du patrimoine lyrique et chorégraphique, conformément à sa mission de service public, l’Opéra national de Paris encourage la diffusion gratuite, pendant l’été, en plein air ou dans un lieu patrimonial adapté, d’une œuvre lyrique ou chorégraphique captée dans ses théâtres, au Palais Garnier ou à l’Opéra Bastille.
C’est l’objet de la manifestation « Opéra d’été » déployée depuis 2013, à laquelle l’Opéra national de Paris est particulièrement attaché.
L’opéra pour tous a été célébré avec l’Opéra d’Été ! Les spectateurs ont pu redécouvrir des œuvres telles que « Cendrillon » et « Roméo & Juliette », offrant une immersion totale.
Cendrillon (10 août) : Inspirée par le conte de Perrault, la version de Jules Massenet s’en est éloignée de manière audacieuse : pas de citrouille, de carrosse, ni de pantoufle à essayer. À quoi bon, puisque Cendrillon et le Prince charmant se sont reconnus immédiatement ? Ne vivaient-ils pas la même solitude, malgré leurs différences de statut social ? En choisissant des voix féminines pour ces deux rôles, Massenet a souligné leur parenté d’âme dans une partition séduisante, mélangeant les styles avec intention. Mariame Clément a abordé l’œuvre avec finesse. Machine à produire des princesses, crinolines rose bonbon, salle de bal grandiose, mais aussi liquette et baskets : la metteuse en scène a joué avec les clichés et la Belle Époque – celle de la création de la partition –, lançant des clins d’œil à la Fée électricité et au cinéma de Méliès. Une façon subtile de réfléchir au mythe et aux conventions sociales tout en conservant une touche d’enfance.
Roméo & Juliette (17 août) : Combien de compositeurs ont été inspirés par les amants de Vérone dépeints par Shakespeare ? De Vincenzo Bellini à Leonard Bernstein, en passant par Hector Berlioz, la liste est longue.
Si le Roméo et Juliette de Charles Gounod, créé pendant l’Exposition universelle de 1867, a immédiatement rencontré un succès populaire, c’est sans doute parce qu’il a su traduire avec finesse la pulsion de vie des célèbres amoureux. Quatre duos d’amour, une valse ardente, une musique lumineuse et lyrique : toute la partition frissonnait de désir et de fraîcheur. Qui, mieux que Thomas Jolly, l’un des metteurs en scène les plus inventifs de sa génération, pouvait célébrer cet hymne à la jeunesse ? Après son Eliogabalo de Cavalli en 2016, ce fin connaisseur de Shakespeare a signé sa deuxième collaboration avec l’Opéra national de Paris.
Les représentations ont eu lieu sur le square du Barachois, dès 19h.


