Sécurité des spots de surf : la Ligue Réunionnaise de Surf en alerte face à l’incertitude

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À deux semaines de la fusion annoncée des dispositifs de sécurisation, les professionnels, élus et usagers réclament des réponses claires.

La Ligue Réunionnaise de Surf a tenu une conférence de presse le lundi 16 décembre 2024 à Saint-Gilles-les-Bains. L’objectif : alerter sur l’incertitude persistante concernant le dispositif Vigie Requin Renforcée (VRR), à l’approche de la date butoir du 1ᵉʳ janvier 2025.

Depuis la décision prise en septembre 2024 par le Sous-Préfet de Saint-Paul, président du GIP Centre Sécurité Requin, d’annoncer la fusion des dispositifs de sécurisation au sein d’une seule entité – l’association RESSAC – aucune information officielle n’a été communiquée.

« Inconcevable après dix ans de travail »

Le représentant de la commune de Trois-Bassins, élu en charge de la mer, a exprimé son inquiétude :

« Après dix ans de travail, il est inconcevable de prendre le risque de laisser les spots sans surveillance. Trois-Bassins accueille sept écoles de surf. Nous entrons en période estivale avec une forte affluence, notamment des enfants. À partir du 2 janvier, nous risquons d’être sans dispositif de sécurisation. »

29 emplois dans le flou

Le président de la Ligue Réunionnaise de Surf a tiré la sonnette d’alarme :

« Nous sommes le 16 décembre, et nous ne savons toujours pas ce qu’il adviendra des 29 salariés du dispositif VRR. Est-ce qu’ils seront repris ? Seront-ils au chômage technique ? Nous n’avons aucune réponse. »

Les audits promis en septembre pour évaluer les dispositifs Vigie Requin et Water Patrol n’ont toujours pas été rendus publics. Plusieurs relances ont été faites, mais elles sont restées sans réponse.

Les surfeurs dans l’incertitude

Les usagers des spots partagent cette inquiétude :

« Beaucoup de surfeurs, surtout les familles, nous demandent si la surveillance sous-marine sera maintenue. Ils n’ont pas confiance dans les dispositifs alternatifs. »

Sans dispositif en place au 1ᵉʳ janvier, les spots de Trois-Bassins et des environs se retrouveront sans surveillance, compromettant la sécurité des pratiquants.

Un appel urgent aux autorités

Pour la Ligue Réunionnaise de Surf et les élus présents, il est urgent que les autorités clarifient la situation :

•Maintien des emplois des 29 vigies requins ;

•Pérennisation des dispositifs de sécurisation pour garantir l’accès à la pratique en toute sécurité.

« Le surf fait partie intégrante de notre identité réunionnaise. Il est hors de question de revenir en arrière après des années d’efforts. »

Rappel des faits

•Septembre 2024 : Décision de fusionner les dispositifs Vigie Requin et Water Patrol sous l’association RESSAC.

•16 décembre 2024 : Conférence de presse pour alerter sur le manque d’informations.

•1ᵉʳ janvier 2025 : Date prévue pour la transition, toujours sans plan d’action concret.

À deux semaines de la date butoir, la pression monte

La Ligue Réunionnaise de Surf, les élus et les professionnels attendent des réponses concrètes pour éviter un retour en arrière qui fragiliserait la sécurité des spots réunionnais et menacerait l’avenir de nombreux emplois.

Les professionnels du loisir tirent la sonnette d’alarme

Légnès Laveau, chargée de mission du Syndicat des professionnels des activités de loisir (SIPRAL), qui regroupe une cinquantaine d’entreprises dans les sports de nature comme le canyoning, le parapente, la plongée et le surf, a pris la parole pour souligner l’impact de cette situation sur le secteur économique et associatif :

« Aujourd’hui, les entreprises de surf s’inquiètent face à l’annonce de l’arrêt potentiel du dispositif Vigie Requin Renforcée (VRR), géré par la Ligue Réunionnaise de Surf. À ce jour, nous avons deux dispositifs complémentaires : la Water Patrol à Saint-Leu et le VRR qui sécurise près de neuf spots de surf. »

Cette complémentarité est cruciale pour la sécurité et pour garantir la pratique des sports nautiques dans des espaces déjà contraints. La disparition de l’un de ces dispositifs aurait des conséquences lourdes pour l’économie locale :

•Des entreprises en péril : Plusieurs sociétés de surf pourraient être dans l’incapacité d’exercer leurs activités.

•Le monde associatif fragilisé : Les clubs sportifs et associations perdraient les espaces sécurisés nécessaires à l’encadrement des pratiquants, notamment des enfants.

•Les pratiquants libres lésés : Les surfeurs indépendants ne pourraient plus s’adonner à leur passion en toute sécurité.

Un besoin d’accompagnement immédiat

Si la fusion des dispositifs sous l’association RESSAC a été présentée par le Sous-Préfet comme une solution pour optimiser les moyens financiers et techniques, Légnès Laveau rappelle que cette transition ne sera pas effective au 1ᵉʳ janvier 2025 :

« Tant que l’association RESSAC n’est pas prête et accompagnée sur le volet technique, humain et financier, il est impératif que les deux dispositifs perdurent. »

En l’absence d’un plan d’action clair pour les trois à six prochains mois, les acteurs du secteur demandent avec insistance :

•La pérennisation des dispositifs actuels pour éviter une interruption brutale des mesures de sécurisation.

•Un accompagnement concret pour préparer la fusion, sans compromettre la sécurité des spots.

Une filière économique et sportive menacée

Cette situation met en lumière les défis auxquels est confrontée la filière loisirs et sports de nature à La Réunion. Dans un contexte où la pratique sportive, notamment du surf, connaît un essor important, la réduction des zones sécurisées mettrait à mal un secteur dynamique, vital pour l’économie locale et pour la promotion des sports nautiques.

Pour Légnès Laveau, l’urgence est claire :

« Il est inconcevable de laisser les entreprises, les associations et les usagers dans une telle incertitude. La sécurité des pratiquants et la survie économique de nos activités dépendent de solutions concrètes à très court terme. »

Le message est lancé : les professionnels du loisir, la Ligue Réunionnaise de Surf et les élus locaux attendent des réponses immédiates des autorités pour éviter une crise dont les conséquences seraient dramatiques pour la sécurité des spots et pour toute une filière économique.

 

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