À quelques jours du départ, Ricardo s’apprête à vivre sa septième Diagonale des Fous. Entre hommage à son père, passion pour l’ultra-trail et soutien de sa tribu, il partage avec humour et émotion ce que représente pour lui cette aventure hors norme.
« Il faut honorer la place »
Dans quelques jours, les sentiers escarpés de La Réunion vibreront au rythme du Grand Raid 2025, cette mythique course d’ultra-trail qui attire chaque année des milliers de passionnés. Parmi eux, Ricardo Ramachetty, fidèle au poste, s’apprête à prendre le départ pour la septième fois. Tiré au sort cette année encore, il confie avec humour qu’il avait pourtant promis de ne plus s’inscrire. Mais pour lui, impossible de refuser : « Il faut honorer la place, » dit-il.
Derrière cette participation se cache une motivation profonde : rendre hommage à son père.
« Je ne veux pas trop répéter ce que j’ai déjà dit, mais c’est pour lui, encore une fois » explique-t-il avec émotion.
Pratiquant le trail depuis dix ans, Ricardo est un amoureux de l’ultra, de l’effort long, du goût du sang dans la bouche, comme il le décrit.
« Nous les Créoles, on a la montagne à deux pas, et on aime ça » , ajoute-t-il fièrement.
Une tribu soudée et une passion intacte
Cette année, Ricardo ne sera pas seul sur les sentiers. Sa « garde rapprochée » sera là pour le soutenir : sa fille de 16 ans, son fils de 20 ans, sa compagne, son frère, et toute la team Koloss, sans oublier une pensée spéciale pour un camarade de Freedom.
« C’est mon équilibre, j’adore ça » , confie-t-il. Pour lui, le Grand Raid est bien plus qu’une course : c’est un chemin de croix, une succession de stations à franchir, avec le sourire malgré la douleur.
Son objectif cette année ? Ne pas allumer la lampe frontale la troisième nuit.
« C’est un petit pari, pas trop caché » , plaisante-t-il.
L’an dernier, il a terminé dans les 600 premiers en 46 heures, malgré une fatigue accumulée après un autre ultra en métropole. Cette fois, il se sent mieux préparé, plus dynamique, et espère faire mieux.
Un amateur assumé, un régime bien à lui
Ricardo ne se prend pas pour un influenceur. Son régime alimentaire est simple : sardines Robert et œufs frits.
« Pas de pâtes, pas de féculents, au début j’ai essayé de faire comme tout le monde, mais j’ai vite lâché » , raconte-t-il en riant. Il assume son approche amateur, loin des standards des élites, mais avec une philosophie bien à lui : avancer point par point, station par station, jusqu’au bout.
Et les anecdotes ne manquent pas. Il se souvient d’une édition où il a failli abandonner à cause d’un échauffement intime : « La crème est partie, et j’ai dû faire 100 kilomètres comme ça » , dit-il avec humour.
Pour les jeunes qui veulent se lancer, son conseil est clair : « Prenez votre temps, ne vous laissez pas griser, allez étape par étape. »
À quelques jours du départ, Ricardo croise les doigts. Fatigué, mais entouré, il est prêt à en découdre une fois de plus avec les montagnes réunionnaises. Et peut-être, pour ses 50 ans, porter un projet encore plus grand. Mais ça, ce sera pour plus tard…


