C’est une affaire qui fait le tour du monde et suscite de vives réactions jusqu’à La Réunion : au Chili, un salarié a reçu par erreur 330 fois son salaire habituel, soit près de 172 000 euros, et la justice vient de lui autoriser à conserver l’intégralité de la somme.
Une erreur monumentale
L’entreprise Consorcio Industrial de Alimentos (CIAL), spécialisée dans l’agroalimentaire, a versé par inadvertance 165 millions de pesos chiliens à un assistant de répartition, au lieu des 500 000 pesos mensuels qu’il devait percevoir. L’employé a d’abord signalé l’erreur… avant de disparaître et de démissionner par l’intermédiaire d’un avocat.
Malgré une procédure judiciaire engagée par l’entreprise, la Cour d’appel de Concepción a estimé que le salarié ne pouvait être contraint à rembourser, faute de base légale suffisante.
Et en France ?
Une telle situation serait très différente en droit français. Selon l’article L3245-1 du Code du travail, un employeur dispose de trois ans pour réclamer un trop-perçu salarial. Le salarié est tenu de rembourser, sauf cas exceptionnel où il prouve avoir dépensé l’argent de bonne foi, sans avoir conscience de l’erreur, une défense rarement acceptée par les tribunaux.
De plus, l’employeur ne peut pas prélever directement sur le salaire sans l’accord du salarié. Un plan de remboursement peut être négocié, ou imposé par décision judiciaire.
Si vous recevez un virement surprise de 172 000 euros, ne partez pas en cavale tout de suite : en France, ce n’est pas une promotion, c’est une erreur de calcul. Et contrairement au Chili, ici, la justice risque de vous rattraper… avant même que vous ayez réservé votre billet pour Punta Cana.
Source : El Dínamo, média chilien, et divers relais internationaux au 29 septembre 2025.


