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Saint-Paul lance ses premiers États Généraux du Logement (Photos-Vidéos)

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Ce lundi 23 juin 2025, la Ville de Saint-Paul a franchi une étape majeure dans sa politique d’habitat en organisant les tout premiers États Généraux du Logement et de l’Habitat. L’événement s’est tenu au Centre de Ressources Santé de La Réunion Payanké, en présence du maire Emmanuel Séraphin, des élu·e·s du Conseil municipal, de bailleurs sociaux, d’associations, de promoteurs immobiliers, d’agents publics et de citoyen·ne·s engagé·e·s. L’objectif : dresser un état des lieux précis de la situation du logement à Saint-Paul et amorcer une dynamique collective pour répondre, à l’échelle locale, à une crise structurelle qui s’intensifie sur toute l’île.

« C’est assez exceptionnel qu’une commune organise de telles assises, mais c’est nécessaire, car les réponses nationales tardent ou sont inadaptées », a expliqué Emmanuel Séraphin en ouverture. Le maire pointe notamment l’absence de mesures incitatives à la construction, comme la défiscalisation, et affirme que la réponse doit désormais venir du terrain. Il dresse un constat sans appel : il manque aujourd’hui environ 5 000 logements à Saint-Paul, 13 000 dans l’Ouest, et près de 50 000 sur l’ensemble de La Réunion. Face à cette réalité, la commune ne peut plus attendre. « C’est à l’échelle du territoire que nous allons prendre des mesures concrètes. Nous avons des bailleurs et promoteurs qui connaissent le terrain. Il faut construire là où il y a du foncier et des financements disponibles. »

Les États Généraux ont permis d’annoncer plusieurs projets d’envergure. Plus de 880 logements seront construits d’ici 2028, dont 500 dès cette année. Parmi les opérations prévues : la ZAC Renaissance III, la zone du Plateau Caillou avec 400 logements en première phase, 900 logements à La Saline, 500 au Guillaume, ainsi que le lancement attendu de l’éco-cité de Cambaie-Fontaine. En parallèle, la Ville travaille à remettre sur le marché environ 2 500 logements vacants, actuellement bloqués en location saisonnière ou dans des situations administratives complexes. Des mesures d’encadrement des loyers vont être mises en œuvre, notamment sur les zones dites « tendues », afin de réguler un marché qui échappe aujourd’hui à de nombreuses familles, y compris celles ayant les moyens de payer un loyer raisonnable.

« Nous avons validé une taxe sur les résidences secondaires pouvant aller jusqu’à 60 %, nous avons mis en place un numéro unique pour signaler les locations illégales, et nous allons appliquer l’encadrement des loyers, car trop de familles nous disent qu’elles ne trouvent plus à se loger, même avec des revenus stables », précise le maire. L’un des autres outils évoqués est le permis de louer, qui permettrait d’éviter que des logements indignes soient mis en location. « Il ne s’agit pas d’alourdir les démarches, mais d’être pragmatiques. On réfléchit à une déclaration préalable, avec justificatifs visuels, ou bien à des contrôles ciblés. L’important, c’est que chaque logement mis en location soit digne. »

Le défi est aussi social. Aujourd’hui, près de 45 % des Réunionnais sont éligibles au logement social, et une large partie d’entre eux vivent dans des logements surpeuplés. « Nous devons accompagner la décohabitation et proposer des T2 ou T3 adaptés aux familles. Atteindre 25 % de logements sociaux comme l’exige la loi SRU ne suffit plus. Nous y sommes presque, mais la réalité sociale dépasse cette norme. » En parallèle, la municipalité souhaite remettre en chantier des zones abandonnées et mieux répartir la production de logements sur l’ensemble du territoire communal.

Au-delà des annonces, ces États Généraux ont marqué un tournant dans la gouvernance du logement à Saint-Paul. Le maire insiste sur une logique de co-construction, de dialogue continu avec les acteurs de terrain, et de réactivité face aux besoins qui évoluent rapidement. « Saint-Paul est passée de 103 000 à 107 500 habitants en une seule mandature. L’Ouest attire, et nous devons anticiper. Il ne suffit pas de construire plus, il faut construire mieux, dans tous les quartiers, avec des équipements, des espaces publics, une vraie qualité de vie. »

Un rapport de synthèse des États Généraux sera publié à l’automne, avec un plan d’action détaillé validé par le Conseil municipal. Ce document sera aussi transmis aux services de l’État et aux partenaires institutionnels pour mobiliser tous les leviers de financement et de régulation disponibles. L’enjeu est clair : garantir à chaque Saint-Paulois·e un logement digne, accessible, et inscrit dans un cadre de vie équilibré. Une ambition forte, portée par une municipalité qui, à défaut de solutions nationales suffisantes, a décidé de prendre les choses en main.

(Photos et Vidéos : Raphael Gauvin)

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