Ce matin, notre reporter Karoline Chérie était sur le terrain, au plus près des habitants de la rue Saint-Joseph, située dans le quartier de la Providence à Saint-Denis. Leur voix est lasse, mais déterminée…
Christian, membre du collectif des riverains, nous montre les dégâts : les roches de protection emportées, les murs de soutènement fragilisés, les infiltrations qui minent les fondations. Trois maisons plus haut ont déjà été arrachées.
« Le risque est clair : c’est l’effondrement. Et personne ne réagit. »
« Une rivière pleine de débris et une administration aux abonnés absents »
Au fil de la ravine, les amas de détritus, de tôles rouillées, de restes d’un ancien temple s’entassent, obstruant le lit de la rivière. L’eau ne trouve plus son chemin et déborde, avec une violence décuplée par les obstacles. Les galets, devenus trop volumineux, font monter le niveau. À la prochaine crue, l’inondation semble inévitable.
Colette Fruteau, elle aussi habitante de la rue Saint-Joseph, pointe du doigt un autre danger : un arbre gigantesque, rongé par les termites, dont les branches traversent déjà la ravine.
« S’il tombe, c’est un barrage naturel qui se crée. Toute la Providence serait submergée. »
Et face à ça ? Rien. « Ni réponse, ni autorisation, ni même un accusé de réception des courriers envoyés à la DEAL » (Direction de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement), pourtant en charge du plan de prévention des risques d’inondation.
« Le domaine public appartient à l’État. Mais l’État ne répond pas. »
Les habitants sont au pied du mur. Littéralement. Colette nous montre les traces laissées par la crue sur sa façade.
« L’eau est montée jusqu’à ma fenêtre. J’ai voulu fuir ma maison avec mes papiers, mais c’était trop tard. »
Le lit de la ravine relève du domaine public. Seule l’administration peut autoriser ou entreprendre les travaux de curage et de protection. Mais « à La Réunion, c’est le silence. »
« Quand il faut négocier avec les assurances, c’est nous qui devons tout faire. Mais pour la prévention ? Il n’y a plus personne. »
Des paroles… et maintenant des actes ?
Le ministre Valls, récemment en visite, s’est montré attentif après avoir constaté les dégâts chez un certain Monsieur Bénard. Il s’est dit favorable à l’endiguement. Mais entre les bonnes intentions et les actions concrètes, « il y a un monde. »
« Études, appels d’offres, procédures longues… Pendant ce temps, la ravine menace. »
Ce que demandent les riverains, c’est simple : « curer la rivière pour qu’elle retrouve sa largeur normale, remettre en place les rochers pour protéger les berges, agir maintenant. » Le reste peut venir après.
Mais le temps presse.
« La DEAL doit bouger. Et vite. »
Aujourd’hui, ils n’attendent plus des promesses. Ils attendent que la DEAL débloque enfin les autorisations pour que la commune puisse agir. Ils attendent qu’on les entende. Qu’on les protège.
Le silence n’est plus une option.
Vidéo :







ils attendent le prochain cyclone pour intervenir, surtout sur les routes communales du nord qui à permis à l’eau d’innonder des maisons , des bas d’immeubles et beaucoup de personnes ont tout perdu . Leurs priorités ce sont leurs places aux prochaines élections c’est tout ce qui comptent pour eux .
Bien dit ! Merci à cette dame de rétablir la vérité sur les problème du quartier . Tout mon soutien pour cette cause #avecColetteFruteau