Philippe Gustin, un proche de Lecornu nommé à la Cour des Comptes : Pierre Moscovici (notre photo) va encore devoir justifier ce recrutement controversé

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Une nomination qui fait polémique après celle toute récente de l’ancienne ministre socialiste Najat Vallaud-Belkacem, épouse de Boris Vallaud, président du groupe PS à l’Assemblée nationale. Le président de la Cour des Comptes Pierre Moscovici (notre photo de Une) va sans doute encore devoir s’expliquer sur ce recrutement, après celle de la socialiste Vallaud-Belkacem. Décidément, « le copinage » semble aller bon train au plus haut niveau de l’Etat.

Selon Mediapart, Philippe Gustin – ancien directeur de cabinet de Sébastien Lecornu (ministre des Armées et ancien ministre des Outre‑Mer) – a récemment été nommé conseiller maître à la Cour des comptes. Or, quelques années auparavant, la Cour l’avait ouvertement épinglé pour des dérives budgétaires au sein du ministère des Outre‑Mer, où il dirigeait le cabinet de Lecornu.

Dans son rapport sur la période 2017-2020, l’institution a pointé plusieurs anomalies : des délégations de dépenses sans limite accordées à plusieurs collaborateurs dont Philippe Gustin, générant une dilution des responsabilités et un affaiblissement du contrôle interne; L’attribution d’un véhicule de catégorie supérieure à ce qui était autorisé selon les règles en vigueur et la mise à disposition d’un appartement de fonction, au-delà des normes administratives fixées, justifiée officiellement par des « nécessités de service ».

La “république des copains” ?

Mediapart souligne que cette nomination illustre le fonctionnement d’un système de favoritisme politique. Philippe Gustin, figure proche de Lecornu, a ainsi été promu malgré des critiques sévères de la Cour dont il faisait l’objet quelques années auparavant. L’article évoque même une polémique liée à des messages injurieux relayés dans un groupe WhatsApp ministériel, dans lesquels Philippe Gustin faisait part de son hostilité à l’égard des chaînes locales ultra-marines, exprimant notamment : « Il faut faire subir aux 1ères le même sort qu’à France Ô… j’en ai marre de payer des impôts pour nourrir ces staliniens nuisibles »  .

Interrogé par Mediapart, le cabinet du président de la Cour des comptes a précisé que Philippe Gustin ne serait pas associé aux dossiers sur lesquels il pourrait être “conflicté”, et qu’il n’interviendrait pas sur ses anciens domaines d’activité, dans un souci de neutralité institutionnelle  .

C’est un sujet qui fait polémique car la Cour des comptes est censée rester exemplaire, or cette nomination interne alimente le soupçon d’un fonctionnement clientéliste. Sans compter que la crédibilité de la Cour des Comptes est entamée : elle accueille un homme mis en cause par ses propres rapports internes peut affaiblir sa légitimité dans le rôle de juge des finances publiques.

La presse d’investigation souligne ce type de nomination comme révélatrice d’un mélange entre pouvoir politique et institutions supposées autonomes. Des voix critiques appellent à une réforme du mode de nomination à la Cour des comptes, afin de renforcer la transparence et éviter tout conflit d’intérêts. Au plan politique, cette affaire suscite des interrogations sur la gestion des réseaux d’influence à l’intérieur du gouvernement.

Enfin, elle pourrait relancer le débat sur l’articulation entre fonction publique, impartialité de l’État et proximité politique. Cette situation alimente un questionnement sur les risques de clientélisme et la protection de l’impartialité dans les institutions de contrôle.

Yves Mont-Rouge

montrougeyves@gmail.com
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