La chienne Pharah n’est plus l’ombre d’elle-même. Elle a retrouvé la douceur d’un foyer, le réconfort des regards bienveillants, la chaleur d’un coussin moelleux. Rescapée, amaigrie, affaiblie, elle pèse aujourd’hui plus de 25 kg et vit sa « meilleure vie », comme le confie Vanessa Germain. Ce 21 juin, jour de sa prise en charge, restera pour toujours une date gravée dans les cœurs. « Merci PHARAH de m’avoir fait confiance, ce 21/06 sera à jamais gravé dans ma mémoire », partage-t-elle, bouleversée mais reconnaissante.
Mais alors que Pharah remonte la pente, un autre chien se bat pour survivre. Milord, lui aussi victime de négligence et de souffrances, entame sa troisième nuit sous surveillance. Et contre toute attente, il résiste. « Ce soir ce sera sa 3e nuit, prions fort pour lui et envoyons-lui une énorme bulle d’énergies positives et d’amour », écrit Vanessa Germain. Son dernier bilan sanguin est bon, il tient le choc et reprend même des forces. Un thérapeute en soins énergétiques pour animaux l’accompagne désormais chaque jour. « Il va s’en sortir », affirme-t-elle avec conviction.
Derrière le combat de Milord, il y a le cri d’une femme. Celui de sa propriétaire, réfugiée en métropole pour échapper aux violences conjugales. Son témoignage est d’une sincérité brute, bouleversante :
« Quand j’ai quitté mes chiens ils étaient en bonne santé. Avant de venir sur la métropole, j’ai payé cinq mois de nourriture. Mon ex-conjoint aurait pu me joindre via notre fille pour me dire qu’il ne pouvait plus s’en occuper. Il a préféré couper les ponts. »
« Avant de partir, j’ai averti la gendarmerie de Saint-Joseph qu’il pourrait s’en prendre à mes chiens pour m’atteindre. J’étais enfermée, isolée. Je voulais partir avec mes chiens sur les routes de l’île. Mais je tenais bon pour eux. »
« Si j’étais restée, je me serais détruite. Il venait jusque sur mon lieu de travail pour me harceler. J’ai fui en métropole, je l’ai bloqué, mais j’ai peur pour mes chiens. J’espère seulement qu’ils retrouveront la santé et que nous pourrons être réunis. »
« Il a dit à des gens du village qu’il a fait ça pour me faire souffrir, parce que les chiens portent mon nom. Je suis partie pour me sauver moi. Mes chiens étaient ma seule famille. »
Aujourd’hui, Milord survit. Il est soutenu par des soignants, des bénévoles, des thérapeutes et des anonymes. Grâce à l’engagement d’une association et au courage d’un lanceur d’alerte, il a été sauvé in extremis. « Merci à l’association et à la personne qui a dénoncé. Un grand merci », conclut la jeune femme.
Pharah vit. Milord se bat. Et à travers eux, une chaîne humaine résiste pour redonner une voix aux sans-voix.








