Naomis, lumière réunionnaise sous le feu du cyberharcèlement (Photos)

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Sous les projecteurs, elle rayonne. Mais derrière les écrans, la haine se déchaîne. Depuis sa toute première apparition à la télévision sur Antenne Réunion, Naomis Joseph, première candidate réunionnaise au concours international Miss Queen Trans World, est la cible d’un cyberharcèlement intense et violent.

Félicitée par des centaines, mais attaquée par des dizaines d’autres, elle voit sa visibilité se transformer en champ de bataille numérique. Insultes sur son corps, moqueries sur son genre, humiliations sur sa voix, tout devient prétexte à l’agression. Pourtant, elle n’a provoqué personne. Elle s’est simplement présentée telle qu’elle est : une femme trans, réunionnaise, fière et visible.

Ce ne sont pas juste des commentaires. Ce sont des agressions numériques qui laissent des cicatrices invisibles”, confie-t-elle.

Face à la violence, Naomis a choisi de répondre par la dignité. Elle a bloqué ses messages, supprimé les menaces, mais surtout, elle a refusé de se taire. Car ce qu’elle vit, des milliers de personnes trans le vivent aussi, souvent dans le silence, parfois jusqu’à l’irréversible.

Une écharpe, un combat

En portant l’écharpe de Miss Queen Trans World pour La Réunion, Naomis ne cherche pas seulement une couronne. Elle porte la voix d’une communauté que l’on tente d’invisibiliser. Elle concourt pour celles et ceux qui n’osent pas encore parler, pour les personnes racisées, marginalisées, exclues des récits dominants.

Son parcours est celui d’une femme qui s’est construite entre Lyon et La Réunion, entre les podiums et les terrains de handball, entre les doutes et les affirmations. Aujourd’hui, elle est modèle, serveuse, militante, et surtout porte-parole d’une génération qui refuse de se cacher.

 Une présence qui dérange… et qui inspire

Naomis le sait : sa visibilité dérange. Mais elle l’assume. Elle marche la tête haute, elle parle pour celles qui n’ont plus la force, elle brille pour rappeler que nos vies comptent, nos voix résonnent, et notre lumière est inéteignable.

Je ne veux pas exister entre deux moqueries. Je veux vivre pleinement, faire entendre ma voix, surtout quand on tente de l’éteindre.”

Son message est clair, puissant, nécessaire. Et il résonne bien au-delà des frontières de l’île.

En Thaïlande, on célèbre la liberté d’être soi ; ici, elle se heurte encore aux murs invisibles de la haine. Mais comme on dit chez nous : « la lang na pwin lo zo », les mots blessent, et il est temps qu’on écoute enfin ceux qu’ils essaient de faire taire.

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