Né officiellement en 1935, commercialisé par la firme Parker Brothers en pleine Grande Dépression américaine, le Monopoly s’impose aujourd’hui comme le jeu de société le plus vendu au monde, avec plus de 300 millions d’exemplaires écoulés et une déclinaison dans plus de 100 pays. Devenu icône culturelle mondiale, il traverse les générations, les frontières et les langues, toujours avec la même promesse : ruiner ses adversaires à coups d’hôtels, de loyers exorbitants et de cartes Chance imprévisibles.
À l’origine, le Monopoly n’avait pourtant rien d’un hymne au capitalisme. Inspiré d’un jeu antérieur à vocation critique baptisé « The Landlord’s Game », son créateur Charles Darrow, alors chômeur, en simplifie les règles et le structure autour d’un univers urbain inspiré de son quartier de Philadelphie. C’est ce prototype artisanal qui sera repris par Parker Brothers, propulsant le jeu vers une notoriété planétaire. En quelques mois, les rues de l’Amérique deviennent un champ de bataille financier pour enfants comme pour adultes.
Au fil des décennies, le jeu a évolué. Le design, les pions, les billets, les couleurs, les slogans : tout a été décliné. Des éditions de luxe en cuir aux versions pour enfants, en passant par les adaptations cinématographiques, thématiques ou géographiques. Et parmi les versions les plus originales, celle dédiée à l’île de La Réunion se distingue par son ancrage local. Le Monopoly Réunion, officiellement autorisé et distribué à tirage limité, revisite le plateau classique en remplaçant les rues de Paris ou Atlantic City par des lieux emblématiques de l’île intense : des cases créoles aux pitons volcaniques, des communes comme Saint-Denis, Saint-Gilles ou Cilaos, jusqu’aux plages et sentiers de randonnée. Une carte postale ludique et immersive qui fait désormais figure de collector pour les amoureux de La Réunion.
Au-delà du jeu, le Monopoly incarne un pan de l’histoire sociale et économique du XXe siècle. Dans les années 80, il est brandi comme symbole de l’ascension sociale. Dans les années 2000, il devient objet de design. Aujourd’hui encore, il est régulièrement utilisé comme support pédagogique pour aborder les mécanismes de la finance, de la spéculation et même de la géographie urbaine.
À 90 ans, le Monopoly conserve sa vitalité, porté par sa capacité à se renouveler sans jamais trahir son essence : un jeu de stratégie, d’opportunisme et de domination où chacun rêve de devenir le maître du plateau. Et sur l’île de La Réunion, certains ont eu la chance d’y jouer avec un petit air de chez eux.


