Alors que la tension monte à Mayotte autour des politiques migratoires, le collectif Ré-MaA tire la sonnette d’alarme dans un communiqué :
« Répression, séjour territorialisé et mépris d’État, nous exigeons des comptes
Ce lundi 28 avril, des mamans et mamies du Collectif des Citoyens de Mayotte – 2018, rassemblés devant la préfecture, dans le calme pour demander la suppression immédiate du titre de séjour territorialisé, dispositif discriminatoire dénoncé à juste titre par le président de la République lors de sa récente visite à Mayotte. Si le chef de l’État a reconnu l’injustice et le caractère discriminatoire, il n’a pourtant pris aucune mesure concrète pour la lever. Pire encore, c’est dans ce contexte que les militants ont été violemment réprimés sur ordre du préfet de Mayotte, représentant de l’État sur l’île et celui qui détient le pouvoir de la police.
Le préfet de Mayotte, garant supposé du dialogue républicain, s’érige aujourd’hui en commanditaire de la répression policiére, choisissant l’intimidation, les bousculements, les menaces verbales de GAV plutôt que l’écoute, la force plutôt que la justice et l’écoute. Cette attitude autoritaire traduit un mépris profond à l’égard des Mahoraises et des Mahorais qui osent contester une politique migratoire destructrice et profondément injuste.
Le séjour territorialisé, réservé à Mayotte, constitue une aberration juridique et une honte morale pour la République. Il contribue à l’augmentation massive de la population, à l’asphyxie des services publics, à la tension sociale permanente avec une phénomène d’insécurité. Il fait de Mayotte une zone d’exception, de second zone de la République au mépris des principes d’égalité et de dignité.
Nous réaffirmons que les Mahorais sont légitimes à exiger la fermeture du service de l’immigration tant que ce dispositif discriminatoire perdure. Nous exigeons le départ du Préfet de Mayotte, la poursuite de cette mobilisation et l’arrêt immédiat de toute répression des mouvements citoyens pacifiques.
Mayotte ne cédera pas au silence imposé. Nous résistons. Nous dénonçons. Et nous exigeons justice. »


