Le dernier Conseil Communautaire de la CINOR pour 2025 s’est tenu sous le signe de l’émotion et des bilans, avec un quorum atteint de 33 élus pour valider pas moins de 50 rapports, dont le très attendu budget primitif. Mais l’événement principal fut sans conteste l’avant-propos du Président Maurice Gironcel, qui, à quelques encablures du vote du budget 2026, a offert une rétrospective teintée de fierté et d’un brin de mélancolie.
Un mandat et un bilan XXL
« Depuis 2020, nous avons paré ensemble un environnement particulièrement instable, » a lancé M. Gironcel, énumérant les épreuves surmontées : inflation durable, réponses successives aux crises, une « année blanche » de la fiscalité, et des phénomènes météorologiques… disons, enthousiastes. Tels des marins bravant la houle, les services de la CINOR n’auraient « jamais vacillé. »
Le grand coup de clairon est venu sur la question des finances : la CINOR est « dans une situation financière responsable. » L’épargne est au beau fixe, et si la collectivité a promis d’investir 300 millions d’euros sur la durée du mandat, elle a, en réalité, mis la barre bien plus haut : plus de 340 millions d’euros ont été injectés. Une performance rendue possible par « l’anticipation et l’efficacité opérationnelle. » Le clou du spectacle ? « Tout cela, nous l’avons fait sans augmentation de la fiscalité. » De quoi faire pâlir d’envie le Ministre de l’Économie.
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Adieux et promesses de militantisme éternel
Le discours de M. Gironcel s’est transformé en un adieu au poste, mais pas à l’engagement. L’élu, qui a une « feuille de route » de 43 ans à la municipalité de Sainte-Suzanne (dont 33 ans comme Maire), quitte ses fonctions à la CINOR, non sans un pincement au cœur.
Il a rappelé avec émotion avoir été là « à la création » de la CINOR et avoir désormais mis en place le plan de titularisation des agents, garantissant un « climat serein et apaisé » pour l’avenir. Il insiste : la CINOR est aujourd’hui « plus forte, plus respectée. »
Lors de l’interview qui a suivi, il a précisé son plus grand plaisir d’élu : le stade de Sainte-Suzanne, qui a fait de la ville une référence mondiale pour le… kayak où des champions du monde s’y entraînent.
Interrogé sur sa retraite, la réponse est d’une clarté déroutante : « Je ne suis pas en retraite. Non, le militant ne prend pas sa retraite. » Il aura simplement « un peu plus de temps libre » pour ses petits-enfants et sa famille, qu’il a « délaissée » au profit de la politique. Mais il restera un militant « infatigable » pour le vivre-ensemble et la fierté d’être Réunionnais. Il a même un livre en préparation, maintenant qu’il n’a plus de campagne électorale à gérer.
Des vœux et des rêves
Dans le même élan d’adieux, son collègue Gilbert Annette, qui prend également sa retraite après 42 ans d’engagement, a souligné le « respect mutuel » et la « ponctualité » exemplaires de l’assemblée communautaire. Lui, apparemment, apprécie le retrait pour une raison bien particulière : il se souvient désormais de ses rêves. « J‘ai même la chance de me souvenir des rêves le lendemain, donc c’est merveilleux, je n’ai pas connu ça avant. » Un argument choc en faveur de l’arrêt de la vie publique !
Ericka Bareigts, la Maire de Saint-Denis, a rendu hommage aux deux figures politiques pour leurs « grands combats,« . Elle a souhaité aux deux « beaucoup de rêves, beaucoup de belle vie, » tout en les priant, avec une pointe de malice, de « rester éveillés » pour continuer à inspirer la jeune garde.
Ainsi, la CINOR tourne la page avec un président qui s’en va, mais dont le militantisme est garanti « à vie. » Les prochaines sessions devront désormais faire la part des choses entre l’action communautaire et la « campagne électorale qui a démarré. » Le bateau est en pleine transition, avec des finances saines, et des nouveaux rêveurs à sa barre.
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