Le parquet du Pôle anti-corruption (PAC) de Madagascar a annoncé samedi le placement en détention préventive de plusieurs personnes dans le cadre de l’affaire des cinq Boeing 777 immatriculés à Madagascar et retrouvés en Iran. Les mis en cause font face à des accusations graves, parmi lesquelles atteinte à la sûreté de l’État, association de malfaiteurs, recel de malfaiteurs, faux en écriture publique et corruption. Au total, neuf prévenus ont été envoyés à la prison d’Avaradrano, deux à Tsiafahy et un à Antanimora, tandis que les autres ont également été placés à Antanimora.
Parmi les inculpés figurent plusieurs cadres et agents de l’Aviation civile de Madagascar (ACM), dont son directeur général, le colonel Gervais Damasy, qui demeure en fonction à ce stade de la procédure. Le directeur de la supervision de la sécurité, deux inspecteurs chargés de contrôles en Chine, un stagiaire et deux agents impliqués dans la transmission des codes transpondeurs sont également cités. Deux opérateurs liés à la société Udaan Aviation — l’Indien Singh Kushwinder et le Malgache Rijasoa Andriamananarivo — ont, eux aussi, été placés en détention préventive à Tsiafahy. Selon l’enquête, cette société aurait joué un rôle central dans le transfert des appareils vers l’Iran.
Les auditions des vingt-deux personnes poursuivies ont débuté vendredi et se sont prolongées sur près de treize heures, comprenant des recoupements d’informations, confrontations et vérifications documentaires. Le PAC a prononcé les mesures de détention samedi vers 11 h 30. Par ailleurs, le dossier de l’ancien ministre des Transports et de la Météorologie, Valéry Ramonjavelo, relève de la Haute Cour de justice : toute poursuite éventuelle nécessiterait au préalable l’autorisation de l’Assemblée nationale.


