À l’occasion du 8 mai, l’Union des Femmes Réunionnaises (UFR) rend hommage à ces héroïnes oubliées qui, il y a 80 ans, ont participé avec courage à la lutte contre le nazisme et l’idéologie fasciste. Alors que l’Europe sombrait dans l’une des pages les plus sombres de son histoire, des femmes réunionnaises ont pris part, souvent dans l’ombre, aux combats pour la liberté. Parmi elles, 51 jeunes femmes, dont certaines à peine âgées de 20 ans, s’engagèrent le 24 novembre 1943 dans les Forces françaises libres. Infirmières, secrétaires, télégraphistes ou couturières, elles ont œuvré dans l’intendance, la défense ou la communication, apportant un soutien logistique indispensable à l’effort de guerre.
Embarquées sur le « Commandant Dubosq », ces volontaires venues souvent des Hauts de l’île ont formé ce que l’on appelait alors « l’armée en jupon », une force discrète mais essentielle. Pourtant, à la fin de la guerre, l’Histoire a préféré retenir les faits d’armes masculins : seules six femmes reçurent la Croix de la Libération sur plus de 1 000 décorés. L’UFR souhaite aujourd’hui rappeler les noms de celles qu’on a trop longtemps oubliées : Denise Roger, Jeanne Hoarau, les sœurs Payet, France Gervais, Adrienne Adam de Villiers, et bien d’autres dont les actions méritent d’être inscrites dans la mémoire collective.
En saluant leur bravoure, l’UFR invite également à tirer les leçons du passé. Le 8 mai ne symbolise pas seulement la victoire militaire, mais aussi l’ouverture d’un nouveau chapitre pour les femmes : celui de l’émancipation, du droit de vote, de la reconnaissance économique et sociale. Alors que les discours de haine et d’exclusion refont surface, le combat contre l’extrême droite et le fascisme reste plus que jamais d’actualité. Le devoir de mémoire est un rempart, et ces femmes en sont les plus nobles gardiennes.


