Le projet de loi contre la vie chère a été adopté en commission au Sénat

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Présenté par le gouvernement de François Bayrou et repris par celui de Lecornu 2, le projet de loi contre la vie chère a été adopté ce mercredi 22 octobre en commission par le Sénat, avant son examen par l’ensemble des sénateurs le mardi 28 octobre.

Le texte avait été déposé par le Gouvernement le 30 juillet 2025, intitulé « Projet de loi de lutte contre la vie chère dans les outre-mer », qui « tend à lutter plus efficacement contre la vie chère dans les outre-mer, à améliorer le pouvoir d’achat des ultramarins et, partant, la cohésion sociale de la France. » 

La question de la « vie chère » dans les Outre-mer ne relève pas seulement de l’inflation générale : elle est aussi la conséquence de plusieurs facteurs structurels : l’éloignement géographique et les surcoûts de transport/importation; La faible densité ou la forte concentration d’acteurs économiques, qui limitent la concurrence locale et le différentiel de revenus et la fragilité de certains segments économiques dans les territoires ultramarins.

Dans l’exposé des motifs du Sénat, on rappelle que « le phénomène est multifactoriel ». Par exemple, lors de l’examen du texte à l’Assemblée, il a été mentionné que « sur le seul volet alimentaire, les prix atteignent des niveaux 30 à 42 % plus élevés qu’en métropole ».   Ainsi, le texte vise à agir tant sur les causes que sur les conséquences de ces écarts.

Le projet de loi s’articule autour de plusieurs volets :

  1. Encadrement des prix et marges commerciales

    • Le texte prévoit notamment d’exclure le prix de transport du calcul du seuil de revente à perte pour les distributeurs, afin de mieux adapter la notion de « prix plancher » aux réalités ultramarines. 

    • Il propose aussi d’élargir les dispositifs de modération des prix (boucliers qualité-prix) à certains services essentiels (télécommunications, entretien…) dans les territoires d’Outre-mer. 

    • Par ailleurs, le texte tend à renforcer la transparence sur les marges arrière (soit les « remises » ou avantages accordés aux distributeurs) et sur les conditions générales de vente dérogatoires aux Outre-mer. 

  2. Renforcement de la concurrence et de la régulation économique locale

    • Le texte évoque la nécessité de mieux réguler la concentration des acteurs économiques dans les territoires ultramarins, afin de rompre avec un modèle de distribution et d’importation dominé par un petit nombre de groupes. 

    • Il prévoit de donner davantage de pouvoir aux autorités de concurrence ou de régulation locale, et de renforcer les observatoires des prix et de la distribution. 

  3. Soutien à l’économie locale et à la souveraineté alimentaire

    • Le texte met l’accent sur la promotion des produits locaux, notamment en valorisant davantage les filières ultramarines dans les paniers de consommation modérée. 

    • Il envisage également des mécanismes pour réduire les surcoûts logistiques ou de transport propres aux Outre-mer  

Ce texte soulève plusieurs enjeux importants :

  • Impact social : en réduisant les écarts de prix, l’objectif est d’améliorer le pouvoir d’achat des habitants des Outre-mer, ce qui est un enjeu de cohésion nationale.

  • Économique : agir sur la structure de la distribution, les marges et la concurrence peut changer les relations de marché dans les territoires ultramarins.

  • Logistique et géographique : la spécificité des territoires d’Outre-mer (insularité, éloignement) impose des mesures adaptées, ce qui constitue un défi de mise en œuvre.

Cependant, la portée du texte fait déjà l’objet de critiques : certains élus et acteurs locaux reprochent à ce projet de loi d’être « trop timide » face à l’ampleur de la situation. La question de la concentration économique, par exemple, est jugée « insuffisamment traitée ». De même, les mécanismes de calcul des marges, ou la capacité de l’État à faire appliquer les dispositions dans des territoires souvent sous-dimensionnés en moyens, sont pointés.

Le texte de lutte contre la vie chère dans les Outre-mer marque une nouvelle étape pour corriger une inégalité persistante entre les territoires d’Outre-mer et la métropole. Il ne s’agit pas seulement d’une mesure symbolique : le poids économique de cette « cherté » pèse sur les ménages, sur les entreprises locales, et sur la cohésion nationale. Toutefois, comme souvent dans les textes à portée structurelle, l’efficacité dépendra tout autant de la qualité de la mesure que de sa mise en œuvre concrète sur le terrain.

Yves Mont-Rouge

montrougeyves@gmail.com
Téléphone : 0692 85 39 64

3 Commentaires

  1. COMME TOUT LE TEMP,CE SON DES PROJETS DE LOIS MAIS I ARRETE A LA EN SE QUI CONCERNE LES OUTRES MERS????ET LES OUTRE MERS I PEUT TOUOURS REVER(EN PLUS AVEC LES UEUX OUVERT)MAIS NE SERRAS JAMAIS ADOPTER!!!Z’OT I CONAIS POU COSSA??? PARCEQUE LES ENTREPRISES QUE I VEND A NOUS LES MARCHANDISES C’EST LES PRINCIPAUX ORDONATEURS DE CES GENT QUE Lé AUX POUVOIR???

  2. On n’y croit plus , c’est du blabla , le taux d’endettement augmente , les banques vont devenir pit bull , les gbh et consorts n’ont rien a branler ! Un monde de fric pire que le poisson pilote ! Quand vous aurez tout sucer , vous allez faire quoi encore ? Des bargeots de politiciens qui sont inertes devant ce massacre humain

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