Le Ministre de la Santé Yannick Neuder s’est rendu sur le site du GIP CYROI afin de rencontrer les acteurs de la santé et de la recherche de La Réunion. Cette visite a mis en lumière des avancées majeures dans la production de radiomédicaments et les méthodes de lutte contre les moustiques vecteurs de maladies.
Un cyclotron au service du diagnostic du cancer
Le ministre a souligné l’importance du cyclotron réunionnais, qui assure la production de radiomédicaments destinés à la médecine nucléaire, notamment pour le diagnostic et le suivi des cancers par imagerie TEP au CHU de La Réunion. Grâce à la nouvelle caméra TEP grand champ récemment installée, cette production a doublé en un an. CYROI a par ailleurs entamé cette semaine des livraisons vers l’île Maurice, qui dispose désormais elle aussi d’une caméra TEP.
Dans le domaine de la recherche, CYROI mène un projet Région/FEDER sur les propriétés radiothéranostiques d’un peptide, et se positionne sur des appels à projets européens compétitifs, notamment dans le cadre du programme Widening.
Des alternatives innovantes aux insecticides classiques
La visite a également permis de faire le point sur les travaux de lutte anti-vectorielle, enjeu crucial dans un contexte de réchauffement climatique et de circulation croissante de virus émergents. Depuis sa création en 2008, le CYROI héberge des équipes dédiées à la mise au point de méthodes innovantes, notamment issues de l’IRD et du CIRAD.
Parmi elles, la Technique de l’Insecte Stérile (TIS) progresse grâce à une version « boostée » testée sur le terrain dans la région de Saint-Joseph. Cette technique consiste à produire massivement des moustiques mâles stériles, libérés ensuite dans la nature afin de réduire mécaniquement la population de moustiques, sans recours aux produits chimiques.
Une autre approche, la Technique de l’Insecte Incompatible, s’appuie sur la bactérie naturelle Wolbachia. Introduite dans des moustiques mâles Aedes albopictus, elle bloque la reproduction de ces derniers. Des tests menés dans deux îles des Seychelles ont montré des résultats probants.
Vers une industrialisation de la lutte anti-vectorielle
Les équipes ont insisté sur l’enjeu d’un soutien étatique fort pour passer de la phase expérimentale à une industrialisation de ces techniques, avec pour objectif une capacité permanente de production et de lâcher de moustiques stériles, notamment dans les zones urbaines les plus exposées.
Dans l’esprit du concept One Health, qui lie santé humaine et animale, la lutte anti-vectorielle s’impose plus que jamais comme une priorité de santé publique. Les Unités Mixtes de Recherche PIMIT, ASTRE et MIVEGEC, présentes sur le site du GIP CYROI, représentent un socle scientifique à consolider.
La visite ministérielle s’est conclue par un passage sur le site de l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD).


