L’Association des Victimes de l’Allocation des Aides Européennes (AVAAE), présidée par Joël Hoarau profite de la tenue dans l’île, depuis ce dimanche 13 avril, de la 29ème session de la Commission des Thons de l’océan Indien (CTOI) en présence de la ministre française Agnès Pannier-Runacher et du commissaire européen en charge de la pêche, Costas Kadis, pour mettre sur la table un dossier qui pénalise les pêcheurs artisans.
L’AVAAE regroupe des pêcheurs artisans réunionnais. Le 16 novembre 2022, l’AVAAE obtenait que l’Autorité de la concurrence prononce une sanction de 60 000 euros à l’encontre de l’AssociationRéunionnaise Interprofessionnelle de la Pêche et de l’Aquaculture (l’ARIPA), pour avoir organisé une entente entre ses membres portant sur la fixation des prix de vente du poisson et le contrôle de la production et des débouchés.
A cela, l’OLAF (Office Européenne de la Lutte Anti-Fraude) ayant pris en considération la faute validée par l’autorité de la concurrence les a condamnés à quelques millions d’euros d’amendes enterrés dans les services internes de l’état, tout cela pour démontrer une belle image de gestion du PCS sur le territoire de la Réunion. Toute cette mascarade a été validée par LA Direction Mer Sud Océan Indien (D.M.S.O.I.) en tant qu’organisme de contrôle
Cette entente qui consistait à contraindre les pêcheurs artisans à respecter une grille de prix et à vendre leur poisson aux usiniers, comme préalable à tout versement de l’aide européenne, a causé un grave préjudice aux pêcheurs artisans réunionnais. En effet, beaucoup de pêcheurs ont préféré renoncer aux aides du PCS plutôt que de brader leur poisson aux usiniers.
Plus de 2 ans après la sentence de l’Autorité de la Concurrence, les victimes de cette entente n’ont toujours pas été indemnisées et les coupables de cette grave infraction n’ont pas été poursuivis. Et l’on nous parle de nouvelles aides au renouvellement de la flotte réunionnaise !!! Avant d’avancer sur ce dossier, il nous paraît indispensable que la commission européenne et l’état français donnent des garanties aux pêcheurs réunionnais, que les victimes de cette entente délictueuse soient indemnisées, que les responsables, les bénéficiaires de ce mécanisme frauduleux soient sanctionnés et remboursent les sommes injustement versées.
Le mécanisme frauduleux de versement du PCS a faussé la concurrence au détriment des pêcheurs artisans réunionnais il appartient aux autorités de rétablir les conditions d’une concurrence saine et loyale au sein de la pêche réunionnaise.
S’agissant des aides au renouvellement de la flotte proprement dites, les pêcheurs artisans réunionnais sont concernés uniquement par le segment des 6-12 m pour lequel nous comprenons que la commission ne s’est pas encore prononcée favorablement faute de données suffisantes sur l’état de la ressource. Nous comprenons que seuls les 12-24 m pourraient être éligibles aux aides au renouvellement de la flotte.
Dans ces conditions, les pêcheurs artisans réunionnais regroupés au sein de notre association mettent en garde les autorités afin que la situation des pêcheurs artisans ne soit pas une fois de plus mise en avant pour obtenir des aides qui au final profiteront davantage à nos concurrents.
« Chat échaudé craint l’eau froide !!! »
Déjà principale bénéficiaire des aides européennes du PCS à hauteur de plus de 15 millions d’euros, la filière des palangriers de 12-24 m dont les produits concurrencent directement ceux de la pêche artisanale réunionnaise sera également la principale bénéficiaire des aides au renouvellement de la flotte. Étant entendu que ce segment est aujourd’hui entièrement détenu par un conglomérat lui-même contrôlé à hauteur de 60 % par un fonds d’investissement !!!
Si la commission décidait de subventionner le renouvellement des palangriers de pêche fraîche de 12-24 m, elle achèverait de fausser la concurrence au détriment des pêcheurs artisans et servirait les intérêts financiers du fonds d’investissement, qui serait en définitive le véritable bénéficiaire de cette nouvelle manne d’argent public.
C’est la raison pour laquelle, nos adhérents demandent instamment qu’aucune aide ne soit versée au segment des 12-24 m tant que les aides au 6-12 m n’auront été autorisées. Nous demandons également que préalablement à l’adoption de tout mécanisme d’aide en faveur des 12-24m des gardes fous soient mis en place pour que cette aide ne vienne pas aggraver le déséquilibre entre la pêche palangrière hauturière et les pêcheurs artisans réunionnais ».


