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« La nouvelle politique tarifaire de l’ONF menace la filière bois locale » : la députée Emeline K/BIDI tire la sonnette d’alarme (Vidéo)

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C’est à sa permanence parlementaire, située à Saint-Pierre, que la députée de la 4ᵉ circonscription, Emeline K/BIDI, a convié la presse ce mardi à 14h. Au cœur des débats : l’impact de la nouvelle politique tarifaire de l’Office National des Forêts (ONF) sur l’économie locale, et plus particulièrement sur l’entreprise familiale TK BOIS .

Une entreprise réunionnaise en péril

Créée en 1978 par M. TSENG KING, TK BOIS est installé à Carrosse, dans les Hauts de Saint-Joseph. Aujourd’hui gérée par les filles du fondateur, Sandrine et Sonia, l’entreprise est spécialisée dans la charpenterie bois et la fabrication de copeaux de classe 3 destinés à la production de litières pour l’élevage de volailles. Depuis plus de vingt ans, elle s’approvisionne exclusivement auprès de l’ONF, payant jusqu’à récemment le mètre cube de bois autour de 15 à 20 euros.

Les filles du fondateur, M. TSENG KING, Sandrine et Sonia

Or, un nouveau projet de contrat proposé par l’ONF en fin d’année 2024 fait bondir le prix du bois à 45 euros/m³ dès 2025, pour grimper ensuite à 55 euros, puis 65 euros les années suivantes. Une augmentation brutale que TK BOIS juge insoutenable, puisqu’elle doublerait, voire triplerait ses coûts de production.

Des conséquences en cascade

Face à cette flambée tarifaire, l’entreprise se dit contrainte de répercuter le surcoût sur ses clients – les éleveurs de volailles –, qui eux-mêmes devraient augmenter le prix du poulet vendu localement. Dans un contexte où la cherté de la vie et la précarité touchent déjà une partie importante de la population réunionnaise, une telle hausse est jugée « inimaginable » par la députée Emeline K/BIDI.

« Si l’entreprise TK BOIS n’est plus en mesure d’acheter son bois à un tarif abordable, elle devra cesser son activité et licencier du personnel », a alerté le parlementaire, soulignant que la disparition de ce producteur local de litières entraînerait aussi une dépendance accumulée des éleveurs à l’importation, alors même que la production péi peine déjà à couvrir les besoins de l’île.

Des interrogations sur la politique de l’ONF

Lors de cette conférence de presse, Emeline K/BIDI a rappelé la mission première de l’ONF, qui n’est pas censée poursuivre un objectif de profit maximal, mais bien d’accompagner les acteurs de la filière bois dans un cadre durable. Selon la députée, l’augmentation tarifaire « n’a reçu aucune justification claire » de la part de l’Office, qui n’a pas répondu aux sollicitations répétées de TK BOIS, ni au courrier officiel qu’elle-même a précisé.

Cette hausse de prix coïncide également avec l’arrivée sur le marché d’une autre société qui achèterait le même type de bois à 60 euros/m³, soit le tarif cible que l’ONF souhaite désormais appliquer à TK BOIS. « La coïncidence ne peut que nous interpeller », a souligné Emeline K/BIDI, qui demande « des explications transparentes » de la part de l’ONF et un retour à des tarifs plus raisonnables, préservant ainsi la filière bois réunionnaise.

Un appel à la préservation de l’économie locale

Emeline K/BIDI appelle à une révision urgente de la politique tarifaire de l’ONF, rappelant que « l’économie locale et nos filières péi doivent être soutenues et non mises en péril » . Selon elle, la situation actuelle privilégie les importations de produits bois ou de litières, au détriment d’une production réunionnaise déjà fragilisée par des coûts logistiques et une concurrence internationale.

Les éleveurs présents à la conférence de presse ont également fait partie de leur inquiétude : en cas de hausse exponentielle du prix des copeaux, ils se verraient contraintes de répercuter ce coût sur le prix final de la volaille, risquant de perdre des parts de marché et de pénaliser davantage le consommateur local.

Vers une mobilisation collective ?

La circonscription de la 4ᵉ entend continuer son action auprès des instances concernées pour trouver une solution . Elle appelle les autres élus et les acteurs institutionnels à se joindre à ce combat, estimant que « la survie des petites entreprises familiales est en jeu ». Les sœurs TSENG KING, pour leur part, espèrent une issue favorable et rapide à ce bras de fer, sans quoi TK BOIS pourrait bien être contrainte de mettre la clé sous la porte.

« Nous espérons que l’ONF reviendra à la raison et appliquera une politique tarifaire plus équitable, afin de soutenir la production péi et de préserver les emplois locaux. »
– Emeline K/BIDI

Vous pourrez retrouver ci-dessous la vidéo intégrale de l’interview d’Emeline K/BIDI, dans laquelle elle détaille plus longuement les enjeux de cette affaire :

Vidéo-Photos David Hardelain

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