Un scandale d’ampleur secoue l’Italie. Un groupe Facebook, actif depuis 2019 et composé de plus de 32 000 membres, a été fermé par Meta après que des milliers de photos privées et intimes de femmes y ont été partagées sans leur consentement. C’est une enquête du Financial Times, relayée par de nombreux signalements sur les réseaux sociaux, qui a mis au jour l’existence de cette communauté virtuelle aux pratiques illégales.
Créé il y a cinq ans, le groupe était resté « dormant » jusqu’à mai 2025, lorsque les premières publications compromettantes ont commencé à émerger. Pendant trois mois, les échanges ont continué sans modération, malgré l’interdiction formelle de tels contenus par la politique de Facebook. Meta a reconnu la gravité de la situation et a affirmé collaborer désormais avec les autorités italiennes pour retracer les auteurs et empêcher la répétition de tels abus.
L’affaire a provoqué une forte réaction politique et sociale en Italie. Des figures de l’opposition ont dénoncé une « mentalité patriarcale inacceptable », tandis que la police italienne affirme avoir reçu près de 2 800 plaintes de femmes victimes. Pour Roberta Mori, députée du Parti Démocrate, cette affaire reflète une forme de violence structurelle en ligne, dans la continuité d’autres scandales, comme celui de Gisèle Pelicot. Si les auteurs risquent jusqu’à six ans de prison, les experts soulignent les failles juridiques actuelles : les victimes ne disposent que de six mois pour porter plainte. Une mobilisation est désormais en cours pour renforcer la législation contre le « revenge porn », et plusieurs voix appellent déjà à un procès d’envergure nationale impliquant potentiellement des milliers de personnes.


