Le Texas traverse l’une des pires catastrophes naturelles de son histoire récente. Au moins 82 personnes ont trouvé la mort ce week-end dans des inondations soudaines qui ont ravagé le centre de l’État américain, notamment dans le comté de Kerr, particulièrement endeuillé avec 68 victimes recensées, dont 28 enfants.
Le drame s’est notamment joué à Hunt, sur les rives du fleuve Guadalupe, où un camp d’été chrétien pour jeunes filles accueillait quelque 750 enfants. Selon le shérif du comté, Larry Lethia, dix fillettes manquent toujours à l’appel, tout comme un moniteur. Ces enfants figuraient parmi les victimes les plus vulnérables de cette montée des eaux soudaine.
Le fleuve est sorti de son lit de manière brutale, bondissant de huit mètres en moins d’une heure vendredi matin, jour de la fête nationale. Des précipitations extrêmes ont été enregistrées, atteignant près de 300 mm par heure, soit l’équivalent d’un tiers des pluies annuelles normales pour cette région aride.
Les recherches et opérations de secours ont mobilisé plus de 400 intervenants issus de plus de vingt agences différentes, avec l’appui de la Garde nationale, de drones, d’hélicoptères et de garde-côtes. À Hunt, une cinquantaine de bénévoles venus de tout le Texas se sont joints aux opérations pour retrouver les disparus.
Certains bénévoles ont vécu des moments particulièrement éprouvants. Justin Morales, 36 ans, raconte avoir découvert les corps de trois enfants, dont l’une était pensionnaire du camp. « Pouvoir aider les familles à retrouver leurs proches, même dans ces conditions, c’est essentiel », a-t-il déclaré.
Des voix commencent à s’élever concernant le manque de prévention. Plusieurs habitants ont affirmé ne pas avoir été informés suffisamment tôt des risques d’inondation, malgré les alertes météo. Une polémique que Donald Trump, président des États-Unis, a tenté d’écarter, niant tout lien entre les coupes budgétaires dans les services météorologiques et la catastrophe. « Je ne pense pas que ce soit lié », a-t-il déclaré avant de quitter le New Jersey.
Le chef de l’État a tout de même annoncé qu’il se rendrait « probablement » sur place vendredi et a signé une déclaration de catastrophe, ouvrant la voie à une aide fédérale renforcée. Sa ministre de la Sécurité intérieure, Kristi Noem, a été dépêchée sur les lieux dès samedi.
Le gouverneur du Texas, Greg Abbott, a confirmé que 41 personnes restaient officiellement portées disparues dans les zones sinistrées, un chiffre potentiellement sous-estimé en raison de la présence de nombreux vacanciers dans la région à l’occasion du week-end prolongé du 4 juillet.
Le pape américain Léon XIV a également exprimé sa solidarité, évoquant en particulier « les jeunes filles qui se trouvaient en camp d’été au moment de la tragédie ».
Les services météorologiques maintenaient leur alerte jusqu’à dimanche soir, redoutant de nouvelles crues. En attendant, l’État tout entier retient son souffle face à un bilan qui pourrait encore s’aggraver dans les jours à venir.


