« Gwada négatif » : un nouveau groupe sanguin rare identifié

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Des chercheurs britanniques ont identifié un nouveau système de groupe sanguin, baptisé MAL, défini par l’absence de l’antigène AnWj à la surface des globules rouges. Cet antigène, présent chez 99,9 % de la population, est lié au gène MAL. Son absence constitue le groupe sanguin AnWj‑négatif, surnommé familièrement « Gwada négatif » par analogie à certains groupes rares des Antilles.

Les scientifiques, notamment de NHS Blood and Transplant et de l’université de Bristol, ont confirmé l’implication du gène MAL en introduisant sa version normale dans des cellules AnWj‑négatives, rétablissant l’expression de l’antigène.

Un accent sur les populations ultramarines

Une Française d’origine guadeloupéenne a été formellement identifiée comme la seule personne connue à ce jour porteuse d’un groupe sanguin inédit, désigné sous le nom de « Gwada négatif ». Cette information a été confirmée vendredi 20 juin par un responsable de l’Établissement français du sang (EFS), à la suite d’une révélation de France Inter.

D’après Thierry Peyrard, pharmacien biologiste médical, responsable de la qualité et de la sécurité des produits sanguins à l’EFS et chercheur à l’Inserm, un anticorps extrêmement rare et jusque-là inconnu avait déjà été détecté chez cette patiente en 2011. Cependant, les outils scientifiques disponibles à l’époque n’avaient pas permis d’approfondir les analyses.

Les chercheurs sont parvenus à résoudre l’énigme à partir de 2019, grâce au séquençage ADN à très haut débit, qui a permis de mettre en évidence une mutation génétique, a précisé Thierry Peyrard.

La reconnaissance officielle de ce nouveau groupe sanguin a été actée début juin à Milan par la Société internationale de transfusion sanguine (ISBT), a annoncé l’Établissement français du sang (EFS) avec satisfaction sur les réseaux sociaux.

« Elle est la seule compatible avec elle-même »

La patiente, aujourd’hui âgée d’une soixantaine d’années, vivait à Paris et avait 54 ans lorsqu’elle a été soumise à des examens de routine en vue d’une opération. C’est à cette occasion que l’anticorps inconnu a été détecté, a rappelé M. Peyrard.

La découverte d’un sous-groupe aussi rare pose un enjeu majeur pour les populations issues des Outre-mer, comme la Guadeloupe, la Martinique, la Réunion : ces régions présentent une plus grande diversité génétique, donc une probabilité plus élevée de porteurs de sous-groupes non classiques.

Enjeux pour la médecine transfusionnelle

Un enrichissement des pratiques de typage : au-delà des groupes ABO et Rh, ces avancées poussent vers une caractérisation plus fine des antigènes sanguins  .

Défis logistiques : il faudra mettre à jour les banques de sang rares, renforcer les capacités de test et adapter les protocoles, surtout en Afrique ou dans les territoires ultramarins où l’infrastructure est moins développée  

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