Gestion du FEADER : les Jeunes Agriculteurs de La Réunion tirent la sonnette d’alarme face à une situation devenue intenable

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Ce vendredi 23 mai 2025, les Jeunes Agriculteurs de La Réunion ont officiellement interpellé le président du Conseil Départemental, Cyrille Melchior, sur les dysfonctionnements majeurs affectant la gestion du FEADER (Fonds Européen Agricole pour le Développement Rural), reprise en main par la collectivité départementale en 2023. Deux ans après ce transfert de compétence, les conséquences sur le terrain sont jugées catastrophiques par la profession.

Dans un courrier adressé au président du Département ainsi qu’à travers un communiqué de presse, le syndicat dénonce une situation de blocage généralisé : bien que les fiches actions soient techniquement ouvertes, les agriculteurs ne peuvent toujours pas déposer leurs demandes de paiement. Résultat : les dossiers sont instruits, les investissements réalisés, les prêts engagés… mais les aides ne sont pas versées. Cette paralysie met en péril la survie de nombreuses exploitations de l’île.

Une situation qui étrangle les trésoreries agricoles

Le syndicat met en lumière un décalage grave entre les promesses institutionnelles et la réalité du terrain. Pour faire face aux délais de versement, les exploitants sont contraints de mobiliser leurs fonds propres, ou de contracter des prêts relais aux frais et intérêts importants. « Ce ne sont pas les institutions, mais bien les agriculteurs qui paient pour ces retards », s’indigne Guillaume Sellier, président des Jeunes Agriculteurs Réunion.

Les trésoreries agricoles sont d’autant plus fragilisées qu’elles subissent déjà une flambée des coûts de production, une pression règlementaire croissante, et des épisodes climatiques extrêmes. Le FEADER, censé être un levier de développement et de résilience, devient paradoxalement un facteur d’endettement supplémentaire.

Des demandes fermes et urgentes

Face à ce constat partagé sur l’ensemble du territoire, les Jeunes Agriculteurs formulent trois exigences claires :
• La mise en place immédiate d’un dispositif transitoire pour permettre le dépôt et le traitement des demandes de paiement ;
• Un plan d’urgence de décaissement pour les exploitations les plus exposées ;
• Une rencontre rapide avec le Département pour établir un calendrier de résolution précis et réaliste.

“Ce n’est pas une mauvaise organisation, c’est une forme d’abandon déguisé”

Alors que le Programme Stratégique National (PSN) 2023-2027 est à mi-parcours, le syndicat alerte : « Nous n’avons ni visibilité, ni stabilité. Ce n’est pas simplement une mauvaise organisation : c’est une forme d’abandon déguisé. » Le syndicat exige des solutions concrètes, immédiates, et rejette toute tentative de renvoi de responsabilité vers d’autres niveaux de décision.

Appel à un sursaut politique

Dans un contexte où les agriculteurs réunionnais peinent déjà à se maintenir ou à s’installer, l’absence d’accompagnement efficace est jugée inacceptable. « Nous continuerons à défendre ceux qui, chaque jour, nourrissent La Réunion malgré les obstacles. Mais si les réponses n’arrivent pas, nous laisserons la parole… pour faire place aux actes », conclut Guillaume Sellier.

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