Dans une intervention vibrante et sans concession, le député Frédéric Maillot, représentant de La Réunion, a livré un plaidoyer d’une rare intensité lors de l’audition du groupe Bernard Hayot (GBH) par la Commission des affaires économiques. Accusant l’empire économique de Hayot d’étouffer le tissu local et de capter la richesse des territoires ultramarins, Maillot a dressé un portrait tranchant d’une domination commerciale et foncière alarmante.
Une emprise commerciale écrasante
Dès l’entame, le député rappelle que le groupe GBH contrôle 14 Carrefour, 5 Renault, 3 Decathlon sur les 2 500 km² de La Réunion. “Je vais m’arrêter ici sinon on va prendre cinq minutes”, ironise-t-il avant de révéler un chiffre édifiant : plus de 32 enseignes appartiennent à GBH sur l’île, sans même comptabiliser les marques exclusives.
Résultat : 36 % des parts de marché locales sont captées par le groupe, soit 1,7 milliard d’euros, selon le député. “Chaque fois qu’un Réunionnais dépense 100 euros, plus de 40 euros vont dans vos caisses”, affirme-t-il. Il illustre cette omniprésence en enchaînant : “Quand on achète une voiture, une PlayStation, une roue de secours, des baskets ou même un slip… on achète chez Ott”, nommant ainsi de façon répétée GBH pour souligner l’absurdité de cette position dominante.
Un pouvoir de vivre qui fond “comme neige au soleil”
Frédéric Maillot met en garde contre une réalité économique insoutenable pour les Réunionnais. Selon lui, derrière la “santé économique” affichée du groupe Hayot, c’est le “pouvoir de vivre” de la population qui s’effondre. Il évoque une époque révolue où une diversité d’enseignes permettait une réelle concurrence : “Champion, IPC, Prise Unique”… Aujourd’hui, dit-il, “vous nous avez condamnés à venir soit chez vous, soit chez vous”.
Cette concentration de marché serait, selon lui, assimilable à un “étouffement de l’économie locale”, une critique directe qui cible la stratégie de développement du groupe dans les DOM.
Une mainmise sur les terres réunionnaises
Le député dénonce également un accaparement foncier massif par le groupe GBH : “Cap Sacré-Cœur du Port : 44 000 m² ; Sainte-Marie sur Massia : 30 000 m² ; Sainte-Suzanne : 40 000 m²”. Une accumulation qu’il compare à un saccage mémoriel : “Vous avez mis la main sur notre porte-monnaie mais aussi sur la terre réunionnaise dans laquelle a coulé le sang et la sueur de nos ancêtres.”
Une pique symbolique qui souligne le poids historique et identitaire de la terre dans les outre-mer, particulièrement dans un contexte postcolonial encore sensible.
Les TPE-PME, victimes collatérales
Frédéric Maillot interroge directement Bernard Hayot sur le soi-disant “ancrage territorial” vanté par son groupe : “Comment expliquer que devant les tribunaux administratifs, on voit tous les jours des TPE-PME déposer le bilan ?” Il dénonce une économie où les petites structures locales sont broyées par la puissance de feu du géant économique.
Une question sociale brûlante
Enfin, il met en lumière le décalage entre les bénéfices du groupe et la précarité des salariés : “18 000 salariés… j’aimerais savoir combien sont au SMIC ?” Une manière de poser la question sociale sous-jacente à la rentabilité de GBH : la richesse du groupe bénéficie-t-elle réellement au territoire ?
Une conclusion martelée comme un slogan
Tout au long de son intervention, le député Maillot martèle une formule choc, comme un refrain :
“Quand le peuple galère, le groupe prospère.”
Une punchline qui résume son indignation face à une situation qu’il juge inacceptable, voire coloniale dans ses mécanismes économiques contemporains.



Quand je lis les 5 1ers commentaires, je me dis que l’esclavage est encore ancré dans les esprits de certains. Je te montre la lune et tu regarde le doigt.
Perso je préfère bosser chez gbh que chez le chinois ou zarabes de coin.
quand le peuple galère, les élus s’enrichissent…. monsieur mayo ne va jamais dans les magasins de ce groupe. il fait ses courses chez le chinois du coin, et il mange les légumes produits par les agriculteurs de la Réunion. c’est pour ça qu’il ne voit pas le nombre de sans dents qui sont dans les grandes surfaces avec des caddies remplies ….. faut sort un peu et pas qu’à Paris monsieur le député inculte
L’arbre et le roseau.
Pourquoi tous ces politiques ne créent pas des entreprises concurrentes, des coopératives d achats …
Et ils pourraient bien rémunérer les salariés…
Cher Frédéric Maillot, il y a 3 marges :
La marge normale
La marge arrière, pourcentage redistribué par le fabricant ou grossiste
La marge avant, organisé par l’acheteur lui-même afin de faire baisser la marge normale
Bon travail à toi