Selon les révélations du Canard enchaîné (édition du 11 juin 2025), France Travail a organisé, en mai dernier, un séminaire de grande ampleur pour une centaine de ses cadres. L’événement, piloté par la Direction de l’accompagnement des demandeurs d’emploi (Dade), s’est tenu dans un hôtel quatre étoiles situé à Marne-la-Vallée. Un cadre décrit comme « raffiné, arboré, propice à la détente »… et à l’acquisition de la fameuse « culture start-up » que souhaite insuffler Thibaut Guilluy, le directeur général de l’établissement public.
Des prestations de standing, révélées par Le Canard enchaîné
Toujours selon Le Canard enchaîné, les participants ont bénéficié de conditions de confort inhabituelles dans la fonction publique : piscine intérieure, hammam, espace bien-être, jardin paysager, 20 pistes de bowling et 13 tables de billard figuraient parmi les équipements à disposition. Un environnement bien loin des files d’attente ou des rendez-vous serrés vécus quotidiennement par les demandeurs d’emploi.
L’objectif, affiché par la direction, était de « stimuler l’intelligence collective » et de faire entrer les cadres dans une dynamique managériale moderne, inspirée des méthodes des start-up. Mais pour beaucoup, ce type d’événement pose question, tant sur le fond que sur la forme.
Un contexte social peu propice à ce type d’escapade
À l’heure où des centaines d’allocataires voient leur RSA suspendu pour des absences à des stages ou des retards administratifs, les informations publiées par Le Canard enchaîné suscitent de nombreuses réactions. Nombre d’agents de terrain, eux-mêmes soumis à une forte pression de résultats, dénoncent un double discours : rigueur et exigence pour les usagers, mais souplesse et privilèges pour les cadres supérieurs.
D’autant que France Travail n’a pas souhaité communiquer le montant exact de ce séminaire. Or, comme le rappelle encore Le Canard enchaîné, un précédent événement de ce type — organisé au Stade de France pour 1 100 personnes — avait coûté la bagatelle de 300 000 euros.
Un écart de perception qui s’installe
L’affaire révélée par Le Canard enchaîné tombe à un moment sensible. France Travail est engagé dans une réforme structurelle, visant à renforcer l’accompagnement des demandeurs d’emploi et à mieux articuler les efforts entre agences, régions et autres acteurs publics. Dans ce contexte, l’image d’un séminaire dans un cadre de villégiature ne passe pas inaperçue.
Si personne ne conteste la nécessité de renforcer la cohésion interne, le choix du lieu, des prestations et du moment laisse perplexe. Plusieurs participants auraient même déclaré, selon l’hebdomadaire satirique, que ce millésime 2025 surpassait celui de l’année précédente, organisé pourtant sur une île près de Nogent-sur-Marne.
Une séquence à clarifier ?
Ce séminaire ne manquera sans doute pas d’alimenter les débats sur l’exemplarité des institutions publiques, sur l’usage des deniers collectifs, et sur la place de l’innovation managériale dans les services publics. À moins que, comme souvent, l’onde de choc retombe… jusqu’au prochain numéro du Canard enchaîné.



Une goutte d’eau à côté des élus , des ministres et sénateurs !
Je pense que ce séminaire festif et d’agrément donnera aux cadres de France travail l’envie d’accompagner réellement les demandeurs d’emplois ! Enfin il faut y croire !!!!
Vraiment lamentable, ceci avec nos cotisations et avec un déficit abyssal de France travail. Ces cadres devraient être à la place des demandeurs d’emploi, mais au niveaux le plus pas.